Aliko Dangote, l'industriel qui veut faire produire l'Afrique par elle-même
Pour Aliko Dangote, 69 ans, c'est une étape de plus dans une ambition qu'il poursuit depuis quarante ans : faire produire à l'Afrique ce qu'elle consomme.
Né le 10 avril 1957 à Kano, dans le nord du Nigeria, dans une famille de négociants haoussas, il est l'arrière-petit-fils d'Alhaji Sanusi Dantata, l'un des plus grands commerçants d'Afrique de l'Ouest. Diplômé en gestion de l'université Al-Azhar du Caire, il se lance en 1977 à Lagos, grâce à un prêt de son oncle, dans le négoce de riz, de sucre et de ciment. Il fonde en 1981 le groupe qui porte son nom.
Le négociant devient industriel. Il cesse d'importer pour produire sur place : ciment, sucre, farine, sel. Dangote Cement s'impose comme le premier cimentier du continent, présent dans une dizaine de pays. Cette intégration verticale, de la matière première au produit fini, fait de lui, année après année, l'une des plus grosses fortunes d'Afrique.
Son pari le plus audacieux est la raffinerie de Lagos, d'une capacité de 650 000 barils par jour, parmi les plus grandes au monde. Elle doit mettre fin à un paradoxe : le Nigeria, premier producteur de brut du continent, importait l'essentiel de ses carburants. Des unités d'engrais et de pétrochimie complètent l'ensemble. Le chantier, chiffré en milliards de dollars, a essuyé des années de scepticisme avant d'entrer en service.
Djibouti s'inscrit dans cette logique. Son port, débouché maritime de l'Éthiopie, offre au groupe une porte d'entrée vers la Corne de l'Afrique.
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