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Abdoulkader Dileita Mohamed nommé à la tête du Bureau pays de la Banque africaine de développement en Algérie

Par NF | 29 avril 2025
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Abdoulkader Dileita Mohamed nommé à la tête du Bureau pays de la Banque africaine de développement en Algérie

Source: ADI

DJIBOUTI, 29 avril 2025 (ADI) - Il est de ces hommes qu’on ne repère pas au bruit qu’ils font, mais à la trace qu’ils laissent. Un pas silencieux, une voix posée, le regard aussi clairvoyant que mesuré : Abdoulkader Dileita Mohamed, nouveau Chef de bureau pays de la Banque africaine de développement (BAD) en Algérie, incarne cette génération de technocrates africains formés dans les meilleures écoles, forgés dans la complexité des institutions, et devenus, par le mérite plus que par le verbe, des bâtisseurs d’avenir. Sa nomination, entrée en vigueur le 1ᵉʳ avril 2025, sonne moins comme une promotion que comme l’évidence d’un parcours construit à la force du raisonnement et de la loyauté aux principes. Né à Djibouti, juriste de formation et d’instinct, Abdoulkader Dileita Mohamed, 54 ans, a toujours su que les lois ne vivent que si elles épousent le réel. A Toulouse, où il décroche un DEA en droit international, puis à Montréal, où il s’initie au management stratégique à l’UQAM, il affine cette double compétence devenue sa marque de fabrique.

Avant de faire ses armes à la BAD, il avait débuté sa carrière professionnelle dans l’administration djiboutienne. D’abord conseiller technique, puis Secrétaire général d’un ministère clé, celui de la Culture, de la Communication, des Postes et des Télécommunications, il est ensuite appelé auprès du Premier ministre comme conseiller juridique. Là, dans l’ombre du pouvoir, il s’impose comme un homme de dossiers, de décisions complexes et de négociations sensibles, parfois secrètes, toujours décisives.

Ce sont les années d’envol, celles où Dileita participe à la structuration de sociétés publiques, à la mise en œuvre de vastes projets dans les secteurs portuaire, énergétique ou télécoms. A l’époque, les montants se chiffrent déjà en centaines de millions de dollars. L’homme, lui, garde les pieds sur terre. « Il avançait toujours avec cette obsession de garantir à la fois la sécurité juridique, la viabilité économique et la légitimité institutionnelle des projets », glisse un ancien collaborateur. Ce souci du détail et du cadre l’impose comme un interlocuteur précieux, notamment dans les négociations de partenariats public-privé. Sa discrétion fait le reste.

Quand il rejoint la BAD en 2006 comme consultant, certains y voient un tremplin. Lui y plante plutôt des racines. Le Département juridique, puis les Opérations, la Finance, l’Administration : il apprend tout. De 2016 à aujourd’hui, il gravit patiemment les échelons jusqu’à devenir Secrétaire exécutif du Tribunal administratif de la Banque, l’un des postes les plus sensibles du système. Là encore, il fait ce qu’il sait faire de mieux : résoudre les tensions, démêler les nœuds, faire parler la loi dans le langage du compromis.

En le nommant à Alger, le président de la BAD, le Dr Akinwumi Adesina, ne cache pas son ambition. « Expert juridique respecté, Abdoulkader apportera à ce poste une connaissance fine des opérations de la Banque et des outils qui les encadrent. Il renforcera le partenariat avec l’Etat algérien, le secteur privé et les autres acteurs du développement ». Un rôle de diplomate autant que de manager, dans un pays stratégique aux ambitions continentales affirmées.

Dileita, lui, accueille cette responsabilité avec l’humilité qui le caractérise. « Je me sens profondément honoré. Je m’attellerai à renforcer un dialogue structuré et à fort impact, aligné sur les priorités nationales et stratégiques de la Banque. » C’est dit sans emphase, mais avec cette intensité tranquille qui révèle les hommes de fond.

Son entourage évoque un homme fidèle, intransigeant avec la perfection, respectueux des règles mais jamais prisonnier du dogme. « Il ne parle jamais pour occuper l’espace, encore moins pour briller. Mais quand il prend la parole, les mots pèsent. Ce n’est pas un tribun, c’est un arbitre, un faiseur de paix entre les intérêts divergents », confie à l’ADI un de ses amis les plus proches.

Aujourd’hui, alors que le continent africain entame une nouvelle ère de consolidation économique, Abdoulkader Dileita s’avance, en toute modestie. De Djibouti à Alger, en passant par Abidjan, il ne cherche ni les faveurs ni les honneurs. Juste à faire, encore et toujours, ce que sa trajectoire lui a appris : donner une colonne vertébrale juridique et humaine aux ambitions africaines.

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