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Djibouti lance son "Compact AgriConnect" pour réduire sa dépendance alimentaire

Par Abdel | 14 septembre 2026
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Djibouti lance son "Compact AgriConnect" pour réduire sa dépendance alimentaire
DJIBOUTI, 14 sept 2026 (#ADI) — Le gouvernement djiboutien a lancé lundi le "Compact AgriConnect", un programme destiné à transformer le secteur agricole du pays, largement dépendant des importations alimentaires, en partenariat avec la Banque mondiale.

Présenté par le ministre de l'Agriculture, Radwan Abdillahi Bahdon, devant le Premier ministre, ce plan s'inscrit dans la Vision Djibouti 2035, feuille de route nationale de développement économique. "Nous devons dépasser la simple juxtaposition de projets pour adopter une logique de filières intégrées, connectant producteurs, financeurs et marchés", a-t-il déclaré.

Le ministre a appelé à "transformer nos contraintes climatiques et géographiques en atouts grâce à l'innovation", fixant au programme un objectif de résultats "mesurables en termes d'emplois, de rentabilité et de souveraineté alimentaire".

Djibouti, pays aride de plus d'un million d'habitants, tire l'essentiel de sa croissance de sa position stratégique sur les routes maritimes reliant la mer Rouge à l'océan Indien. Mais son agriculture reste marginale, freinée par la rareté de l'eau et l'étroitesse des terres arables.

Le programme entend rompre avec la "simple juxtaposition de projets" pour développer des "filières intégrées", connectant producteurs, financeurs et marchés. La gestion de la ressource hydrique, décrite par le ministre de l'Agriculture comme "condition sine qua non du développement agricole national", doit devenir "un levier de productivité" plutôt qu'une contrainte.

Le secteur privé est appelé à jouer un rôle central, avec un investissement public présenté comme "catalyseur". Le gouvernement, les partenaires techniques et financiers, les banques, les collectivités territoriales et les producteurs sont conviés à une "mobilisation globale", chacun selon un rôle défini : à l'Etat de "créer les conditions", aux partenaires d'"accompagner et financer", au privé d'"investir", aux producteurs de "produire et entreprendre".

Le ministre de l'Economie et des Finances, Ilyas Moussa Dawaleh, a quant à lui resitué l'initiative dans un contexte régional marqué par une accumulation de crises. Il a évoqué "deux crises géopolitiques régionales, à Ormuz et à Bab-el-Mandeb", une "crise humanitaire alimentée par les conflits persistants dans la Corne de l'Afrique" et une "crise climatique, aggravée par les effets d'El Niño".

"Djibouti ne peut rester spectateur", a-t-il averti, appelant le pays à "passer de la dépendance alimentaire à la résilience" et à devenir "un acteur à part entière des chaînes de valeur alimentaires régionales".

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