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Yonis Ali Guedi : « Mission 300 est un tournant décisif pour l’accès à l’énergie en Afrique »

30 janvier 2025
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Yonis Ali Guedi : « Mission 300 est un tournant décisif pour l’accès à l’énergie en Afrique »

Source: ADI

DAR EL SALAM, 30 janvier 2025 (ADI) - Le Centre international de conférences Julius Nyerere de Dar es Salaam a accueilli les 27 et 28 janvier 2025 le Sommet des chefs d’État africains de l’énergie « Mission 300 ». Djibouti y était représenté au plus haut niveau par le président Ismaïl Omar Guelleh, accompagné d\'une forte délégation, dont le ministre de l’Énergie, chargé des Ressources naturelles, Yonis Ali Guedi. En marge de l’événement, ce dernier a accordé un entretien à l’ADI sur les enjeux de cette initiative visant à fournir une énergie propre et abordable à 300 millions d’Africains d’ici 2030.

ADI : Quelle est la finalité du sommet « Mission 300 » et quels en sont les enjeux ?

Yonis Ali Guedi (YAG) : Ce sommet répond à une urgence : près de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, soit 83 % du déficit mondial. À l’initiative du Groupe de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, « Mission 300 » vise à fournir une énergie propre, fiable et abordable à 300 millions de personnes d’ici 2030. L’objectif est double : étendre les réseaux électriques et déployer des solutions d’énergie décentralisée, comme les mini-réseaux et les systèmes solaires autonomes, notamment dans les zones rurales. Ce programme se distingue par son approche collaborative, associant gouvernements, institutions financières et secteur privé.

Quels sont les principaux défis de cette initiative ?

L’accès à l’énergie en Afrique est entravé par plusieurs facteurs : infrastructures insuffisantes, coûts élevés, manque de financements adaptés et difficultés de gouvernance. « Mission 300 » entend surmonter ces obstacles grâce à des modèles économiques innovants et un renforcement des cadres réglementaires pour attirer les investissements privés. L’enjeu est aussi climatique : remplacer le diesel et le kérosène par des énergies renouvelables est une nécessité.

Quels acteurs seront clés dans la mise en œuvre de cette initiative ?

Le succès de « Mission 300 » repose sur une mobilisation généralisée. La Banque mondiale et la BAD jouent un rôle central en fournissant assistance technique et financements. Les gouvernements africains doivent réformer leurs secteurs énergétiques et adopter des politiques incitatives. Le secteur privé sera déterminant dans le déploiement des infrastructures, notamment via des solutions hors réseau. Les communautés locales seront aussi impliquées pour s’assurer que les projets répondent à leurs besoins réels. Enfin, des organisations comme la Fondation Rockefeller, l’Alliance mondiale pour l’énergie (GEAPP) ou l’initiative « Sustainable Energy for All » contribueront à mobiliser des financements additionnels.

Quelles retombées pour les populations africaines ?

Les bénéfices seront multiples. L’électrification des zones isolées améliorera les conditions de vie, facilitera l’accès à l’éducation et aux soins, et favorisera le développement économique. Une énergie fiable encouragera l’essor industriel et la création d’emplois. Sur le plan environnemental, le recours aux énergies renouvelables contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à renforcer la résilience climatique du continent.

« Mission 300 » est plus qu’un projet, c’est une nécessité pour un développement durable et inclusif de l’Afrique.

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