La Douane djiboutienne, souveraine de son destin numérique
Source: ADI
DJIBOUTI, 17 décembre 2024 (ADI) - C’est un virage à 180 degrés qu’a pris la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects (DGDDI) lorsque, en 2010, elle a choisi d’ériger son propre Data Center. Un choix audacieux, marque d’une rupture nette avec les solutions clé en main imposées par des prestataires étrangers. Fini l\'exil des données sous des cieux lointains, finies les solutions coûteuses et souvent imprévisibles. Place à une ère nouvelle où chaque octet, chaque transaction et chaque donnée cruciale sont désormais entre les mains de l’administration douanière elle-même. Cette décision n\'est pas le fruit d\'un simple caprice, mais d\'une véritable prise de conscience. Elle trouve ses racines dans une expérience amère : celle de Mirsal. Ce système de gestion douanière, conçu et piloté par DP World, avait pourtant promis des merveilles. Mais, à force de dépendre d’automatismes dictés de l’extérieur, ses limites se sont rapidement révélées. Un coût exorbitant, une autonomie illusoire, et, au bout du compte, un constat implacable : comment prétendre maîtriser son destin quand les clés du système échappent à tout contrôle ?
Pour Gouled Ahmed Youssouf, directeur général de la DGDDI, la réponse s’est imposée avec une évidence farouche. Il fallait reprendre la main, quel qu’en soit le prix. « Investir dans un Data Center, ce n’était pas seulement opter pour une infrastructure. C’était une déclaration de souveraineté numérique », confie-t-il avec une fierté à peine voilée.
Le Data Center de la DGDDI est aujourd’hui une forteresse high-tech. Derrières ses murs renforcés, les technologies de surveillance les plus avancées veillent jour et nuit. Détecteurs de fumée, capteurs de température et d’humidité, supervision proactive des réseaux, alertes en temps réel par SMS et e-mails… Rien n’est laissé au hasard dans cet environnement où chaque seconde d’interruption pourrait menacer l’ensemble du dispositif douanier.
Dans cette quête d’autonomie technologique, la mise en place du Data Center n’a constitué que la première pierre d’un édifice plus ambitieux. Le véritable tournant est survenu en 2012, avec l’adoption de SydoniaWorld, un système pensé pour métamorphoser cette infrastructure en un levier stratégique et pleinement opérationnel. Conçu pour fluidifier et optimiser les procédures de dédouanement – à l’import, à l’export et en transit – SydoniaWorld a introduit un véritable changement de paradigme, alliant pragmatisme et vision d’avenir, pour hisser la gestion douanière au niveau des standards mondiaux les plus exigeants.
En offrant une visibilité totale à chaque étape des transactions, le système a considérablement réduit les délais, renforcé la transparence et garanti une traçabilité irréprochable des opérations. Cette avancée décisive a non seulement optimisé l’efficacité des processus, mais a aussi permis à la DGDDI de consolider sa position de leader sur la scène régionale.
Cependant, le véritable pari de la DGDDI ne résidait pas uniquement dans les équipements ou les logiciels. L’enjeu humain était tout aussi capital. « Comment revendiquer ces progrès sans des hommes et des femmes capables d’en exploiter le potentiel ? », interroge Gouled Ahmed Youssouf. Dans un contexte où l’innovation évolue à une vitesse vertigineuse, l’administration douanière a investi avec la même ardeur dans ses équipes. « Investir dans les compétences, c’est préparer l’avenir avec la même détermination que celle qui pousse à acquérir des équipements de pointe », confie Gouled Ahmed Youssouf. À ses yeux, former, c’est anticiper, s’adapter et innover face aux défis qu’imposent les mutations technologiques.
Ces efforts constants trouvent leur écho dans les récents progrès réalisés. L’intégration de Firewalls de pointe, véritables remparts contre les intrusions extérieures, est devenue un pilier de la cybersécurité de la DGDDI. Ces dispositifs, à la fois protecteurs et flexibles, permettent désormais un accès sécurisé au portail douanier depuis n’importe quel point du globe, tout en neutralisant les risques de fuite. « Chaque donnée protégée est une pierre ajoutée à l’édifice de notre indépendance », résume le directeur général avec beaucoup de lucidité.
À la croisée de l’innovation et de la vigilance, la DGDDI poursuit donc sa route, pleinement consciente que chaque avancée, si modeste soit-elle, s’inscrit dans un projet global de résilience. Un chemin ambitieux, mais nécessaire, pour rester à l’avant-garde des enjeux douaniers de demain.
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