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Paris 2024 : Les jeux olympiques face aux enjeux paritaires

Par Isman O. | 05 juin 2024
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Paris 2024 : Les jeux olympiques face aux enjeux paritaires

Source: ADI

DJIBOUTI, 05 juin 2024 (ADI) - Tout en s'attachant à perpétuer ce qu'il est convenu d'appeler l'esprit olympique, l'édition 2024 des jeux olympiques, qui débutera dans les semaines qui suivent dans la capitale française, se présente comme une rupture. C'est en effet la première fois que l'on verra autant de sportifs que de sportives réunis autour des trois valeurs de l'Olympisme : le respect, l'amitié et l'excellence. En clair, sur plus de 10500 sportifs qualifiés, la moitié sont de sexe féminin. C'est là un progrès qu'il convient de saluer quand on sait les inégalités profondes dont se sont accompagnés, avec une constante qui confine tout de même à la sidération, les jeux olympiques dits modernes depuis leur naissance en 1896.

 

Loin d'évacuer la question de la parité ou de faire oublier un tant soit peu les enjeux sous-jacents, cette avancée louable dont les JO peuvent se targuer d'en être les précurseurs interruge l'accès des femmes aux sphères décisionnelles au sein des instances sportives de nos pays respectifs.

A Djibouti, les politiques d'éducation pour tous et de promotion du statut de la femme ont quelque peu fait sauter le verrou que constituait le carcan de la tradition en brisant la chape de silence sur les inégalités fondées sur le genre.

Certes, tous les objectifs sont encore loin d'être atteints. Mais la situation n'est pas aussi morose qu'elle le fut au cours des premières décennies qui ont suivi l'accession à l'indépendance nationale où les disparités étaient si criantes que plus d'une jeune Djiboutienne éduquée s'en offusquerait aujourd'hui. Publiquement. Sans craindre les conséquences d'entrer ouvertement en rébellion contre les valeurs traditionnelles.

Mieux, Djibouti peut se targuer d'être l'un des rares pays du continent africain à avoir une femme à la tête du comité olympique national. 

La présidence du COD par Mme Aicha Ali Garad peut paraître toutefois l'arbre qui cache la forêt. Car toutes les autres instances sportives nationales sont dirigées par des hommes et peu d'entre elles comptent des femmes au sein de leurs comités directeurs respectifs.

C'est peu dire que le chemin qui reste à faire est long, très long. C'est peu dire aussi qu'au moment où les préparatifs pour les JO vont bon train, les enjeux liés à la question de la parité se rappelent à nous avec autant d'acuité.

Le sursaut attendu doit venir non seulement des décideurs politiques, des dirigeants de nos instances sportives, des journalistes que nous sommes, mais des femmes elles-mêmes avant tout.

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