18/02/2024
Israël définitivement mis au ban de l’Union africaine


L’Union africaine dont le sommet vient de s'achever à Addis Abeba a retiré son statut d’observateur à Israël.


Cet épisode n'est pas sans en rappeler un autre. 


En février 2023, lors du précédent sommet de l’Union africaine (UA), une délégation israélienne avait été expulsée sans ménagement de l’Assemblée générale de l’UA alors que s’engageaient les discussions entre les chefs d’Etats du continent, à Addis-Abeba.


L’Afrique du Sud et l’Algérie, les deux pays à l’origine de la mise à l’écart des représentants israéliens, s’opposaient à la présence de l’Etat hébreu en tant que membre observateur au sein de l’organisation panafricaine. Mais la question n’avait pas été formellement tranchée.


Un an après cet incident diplomatique, la guerre dans la bande de Gaza a mis un terme à ce débat. 


« Le dossier concernant l’accréditation d’Israël est clos », confie un haut cadre de l’UA. 


L’organisation a suspendu son statut d’observateur. « Israël n’est pas invité au sommet », a précisé Ebba Kalondo, la porte-parole du président de la commission de l’UA, samedi 17 février. 


Après une décennie d’efforts diplomatiques et deux ans après son accréditation, Tel Aviv est donc définitivement mis au ban de l’institution.


A l’inverse, l’Union africaine a déroulé le tapis rouge au premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, qui a savouré, à la tribune de l’Assemblée générale, les longs applaudissements des chefs d’Etats d’un continent majoritairement acquis à sa cause. 


« Les Palestiniens défendent leur pays comme vous, en Afrique, avez défendu vos terres contre le colonialisme », a-t-il lancé devant le parterre de leaders africains.


Ces derniers n’ont pas retenu leurs coups au moment de condamner l’offensive israélienne, « la plus flagrante » violation du droit humanitaire international, selon les mots du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, qui accuse Israël de vouloir « exterminer » les habitants de Gaza.


Après lui, le président comorien Azali Assoumani a tenu à remercier l’Afrique du Sud d’avoir porté plainte auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) pour dénoncer « le génocide qu’Israël est en train de commettre sous nos yeux ».


En janvier, les juges de la CIJ ont donné raison à Pretoria, qui avait porté une requête, fin décembre 2023, accusant Israël de génocide contre les Palestiniens de Gaza. 


« C’est un des plus grands coups d’éclat de la diplomatie africaine », estime Liesl Louw-Vaudran, chercheuse au sein de l’International Crisis Group. Une victoire célébrée par les représentants de Prétoria à Addis-Abeba.

Source : Le Monde