21/01/2023
L’exigence des résultats au cœur de la stratégie numérique de la DGDDI


La numérisation des services des douanes, c’est avant tout un long cheminement dont le point de départ se situe en 2006 et dont il ne serait pas aisé de restituer toutes les étapes.

Les mutations consécutives à l’adoption du système de gestion Mirsal, puis à celui de SydoniaWorld qui vient d’entrer lui-même dans une nouvelle phase, ont permis de transformer totalement les procédures classiques de douanes.

Du domaine du « papier » - avec tous les archaïsmes et les lenteurs que cela supposait- à l’utilisation des technologies de pointe auxquelles la révolution numérique a ouvert la voie, un vaste mouvement de « migration » a été entrepris par la Direction Générale des Douanes et des Droits Indirects (DGDDI).

Les résultats aujourd’hui dépassent de loin les pronostics les plus optimistes. Réduction du délai et des coûts de dédouanement, mise en place des web services, paiement en ligne, déploiement en ligne de la déclaration en douane, des bons de sortie et des feuilles de route (T1) pour l’ensemble des régimes douaniers, mise œuvre des applications mobiles et renforcement des capacités opérationnelles sont autant d’avancées significatives dont la finalité est de réunir bientôt toutes les conditions nécessaires à la création et à l’exploitation de ce qui deviendra le guichet unique.

L’analyse des données actuellement disponibles débouche sur un constat plutôt encourageant : les progrès accomplis grâce à l’usage des technologies numériques particulièrement sophistiquées ont permis de mieux sécuriser les recettes de l’Etat qui ont enregistré ainsi une augmentation de 100% entre 2012 et 2021, de réduire de manière significative les délais de dédouanement et de faciliter le mouvement des marchandises.

Toujours selon les données fournies par la DGDDI, il s'avère que les indicateurs de performance mis en place dans le souci d'évaluer l'action de l'administration douanière témoignent d'une efficacité sans précédent permettant d'accroître la qualité des services aux usagers.

Quelques chiffres illustrent ce qui est devenu désormais une réalité : 80% de déclarations de transit concernant les marchandises à destination du grand voisin éthiopien sont dédouanées en seulement moins de quatre heures, rapporte une publication sur le site Internet de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

A partir de l'année 2021, plus de 90% des déclarations hors transit sont traités dans un délai de trois jours.

Etant donné que l'approche globale qui sous-tend la transformation des activités douanières par le numérique tablait sur une durée de six jours, cela signifie que la performance a été portée à hauteur de 200%, d’après un rapport de l’ANSIE adressé à la Banque mondiale sur l’état d’avancement du projet PAMAP. « L'objectif cible de 2021 en termes de nombre de déclarations enregistrées à distance par les opérateurs économiques de la place est de 10% pour un résultat atteint de 48%, soit une performance de 480% », indique la même source. Celui-ci prend soin de préciser que les données qui y sont mentionnées rendent compte de l'évolution des services douaniers jusqu'en 2021.

Les données relatives à l'année 2022 devraient être renseignées avant la fin de ce mois de janvier.

Coté opérateurs, les facilités apportées via le système SYDONIAWorld sont considérables. Et pas seulement en termes de temps. Les transitaires, pour ne s’en tenir qu’à cet exemple, ont la possibilité de procéder à l’enregistrement de leurs déclarations à distance à tout moment (24h/24h, 7j/7), d’obtenir le T1 après paiement en ligne des frais administratifs.


En arrivant à la frontière Djibouti-Ethiopie, la constatation de sortie et de passage des marchandises dans les différentes barrières douanières se fait au moyen d’un lecteur du code barre du T1. Autant dire aussi que le travail du douanier se résume à ces opérations de constatation qui s’effectuent en un rien de temps.

En définitive, les innovations induites par l’introduction de SYDONIAWorld n’en finissent pas de faire rêver.

La dernière en date a trait au lancement par la DGDDI d’un module d’un genre nouveau : fondé sur l’utilisation du SMS, il permet de tenir informés les opérateurs en temps réel sur les différentes étapes de dédouanement des marchandises. Cela permet non seulement d’assurer une certaine fluidité du commerce transfrontalier, mais de mieux garantir la transparence dans toute la chaîne logistique.

C’est d’ailleurs dans ce sens que la DGDDI s’est dotée dès 2010 d’un DATA Center National avec le concours des ingénieurs de la douane djiboutienne dont le savoir-faire est ce qui rend possible aujourd’hui la gestion en interne et en autonome de la totalité des données relatives aux opérations douanières. Equipée de matériels sophistiqués permettant l’utilisation de technologies de pointe, cette structure capitalise à elle seuls tous les espoirs d’une administration douanière résolument tournée vers l’avenir.

Isman O.

Source :ADI