Dawit Isaac candidat finaliste au prix Sakharov 2009 : "Une victoire pour les prisonniers érythréens"

Par NF | 10 octobre 2009
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Dawit Isaac candidat finaliste au prix Sakharov 2009 : "Une victoire pour les prisonniers érythréens"

Source: ADI

L'organisation Reporters sans frontières a salué vendredi la décision du Parlement européen de retenir le journaliste suédo-érythréen Dawit Isaac, emprisonné depuis le 23 septembre 2001, parmi les trois candidats finalistes sélectionnés pour recevoir le Prix Andrei Sakharov 2009. Choisis parmi les dix nominés proposés par les députés européens, ils ont été officiellement annoncés lors d'une réunion, mardi dernier, de la commission des affaires étrangères (AFET), du développement (DEVE) et de la sous-commission droits de l'homme (DROI). Le prix Sakharov de cette année coïncide avec la commémoration du 20ème anniversaire du décès d'Andrei Sakharov. Il s'agit du gynécologue palestinien Izzeldin Abuelaish, de l'écrivain suédo-érythréen et prisonnier politique Dawit Isaak et de l'association Memorial qui défend les droits de l'homme en Russie. Selon la procédure, le lauréat du Prix André Sakharov sera élu le 22 octobre par les députés européens membres des commissions des droits de l'Homme et des Affaires étrangères. La cérémonie solennelle de remise du Prix aura lieu le 16 décembre lors de la session plénière du Parlement européen, à Strasbourg, en France. Après avoir été soigné, courant 2009, à l'hôpital de l'armée de l'air à Asmara, Dawit Isaac a été récemment transféré dans une prison de province, sur la route menant de la capitale à la cité portuaire de Massawa. Certaines sources affirment qu'il s'agit de la prison d'Embatkala, à Ghinda, à 35 kilomètres au nord-est d'Asmara, tandis que d'autres pensent qu'il serait détenu à Dongolo, plus proche de Massawa. Dans une résolution du 7 janvier 2009, le Parlement européen a exprimé "sa profonde préoccupation devant la poursuite de l'emprisonnement" de Dawit Isaac et a exigé sa libération immédiate. Mais les efforts de l'Union européenne pour obtenir des nouvelles de ce journaliste se sont jusqu'ici heurtés à une fin de non-recevoir de la part des autorités érythréennes. Dirigée depuis son indépendance par le très autoritaire Issaias Afeworki, l’Erythrée figure en dernière position du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Le pays a été coupé du monde après de grandes rafles, en septembre 2001, et au moins quatre journalistes sont morts en détention, au secret, dans l’indifférence et l’oubli, alors que la situation ne cesse de se détériorer. "Plus encore que la cruauté de leurs geôliers, les prisonniers d’opinion érythréens sont victimes de l’indifférence, du silence complaisant ou des efforts bien trop timides des "partenaires" d’Asmara. Les autorités érythréennes sont devenues la honte de l’Afrique", a déclaré Reporters sans frontières. "Huit ans après avoir orchestré un tournant tragique pour son pays, il est temps que le président Issaias Afeworki change de cap et consente à libérer les journalistes emprisonnés ou à les juger dans le respect des normes internationales. Nous comptons sur l’actuelle présidence suédoise de l’Union européenne pour obtenir du chef de l’Etat érythréen des concessions, sachant que l’un des journalistes emprisonnés a la double nationalité suédoise et érythréenne", a poursuivi l’organisation. Rappelons que le Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit, du nom du scientifique dissident soviétique Andrei Sakharov, a été créé en décembre 1988 par le Parlement européen en vue de rendre hommage aux personnes ou aux organisations qui consacrent leur vie à la défense des droits de l'homme et des libertés, en particulier du droit à la liberté d'expression.

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