L'exigence démocratique s'exprime aujourd’hui de façon massive à l'échelle de notre continent africain. Aussi, le camp que la République de Djibouti avait choisi dès le départ était bien le camp de l'histoire » déclare le Chef de l’Etat à l
Par hersi
|
04 décembre 2003
1,550 vues
Source: ADI
Le Président de la République M. Ismaïl Omar Guelleh a prononcé ce matin une importante allocution au Palais présidentiel à l’occasion de la célébration de la fête nationale, en présence du Premier Ministre M. Dileita Mohamed Dileita, du Président de l’Assemblée Nationale M. Saïd Ibrahim Badoul, des membres du Gouvernement, des représentants diplomatiques, des délégations étrangères invitées, et de représentants de la société civile.
Nous reproduisons in extenso l’allocution prononcée par le Chef de l’Etat:
« C'est toujours avec un réel plaisir que je me retrouve parmi vous en cette occasion solennelle. Et mon plaisir est d'autant plus grand aujourd'hui que cette journée de fête Nationale coïncide avec la commémoration des 25 ans d'indépendance de notre pays.
Au-delà de toute convention, il me parait d'excellent augure d'évoquer le devoir qui nous incombe à tous de défendre l'homme partout et sans cesse et cette journée particulière pour le peuple djiboutien m'offre l'occasion idéale pour faire le point de la marche pacifique et responsable et notre peuple vers la démocratie et la reconstruction de notre patrie.
Mais comment se risquer, dans les limites d'une allocution, à brosser le tableau fidèle et exhaustif de la vie de notre communauté nationale, en perpétuelle mutation, sans en trahir le dynamisme, la complexité, la fluidité.
Je voudrais me référer ici à notre témoignage pour dire et redire, l'essentiel de ce qui a été entrepris par le peuple djiboutien depuis que la paix est revenue en République de Djibouti.
Aussi nous pourrons, ensemble, en évaluer les succès et parfois les retards dans la mise en place des réformes entreprises, avec le sérieux, la modestie et la tolérance qui demeure les marques distinctives de notre génie national.
A tous les observateurs attentifs de la scène politique régionale, et internationale, la marche de notre pays vers la paix, la stabilité et la démocratie, relève pour certains du miracle mais pour le peuple djiboutien, cela traduit de son profond attachement, son identification à sa tradition de terre de rencontre et d'échange, son identification aux Droits de l'Homme et l'approfondissement de la démocratie, et la préoccupation constante du gouvernement pour l'indépendance de la justice et la consolidation de l’Etat de Droit.
Vous me permettrez donc de saisir l'heureuse occasion de l'anniversaire de ses 25 ans d'indépendance, le peuple djiboutien pour lui rendre un vibrant hommage pour sa qualité de combattant infatigable pour l'instauration d'un ordre de droit et de paix, de liberté et de dignité pour tous les peuples, de protection du faible devant le fort et pour ouvrir, fait sienne le 1er article du code d' « HAMMOURABI », l'un des tout premiers codes écrit de l'histoire de l’humanité, il y a de cela 3800 ans. Et ce combat commence à porter ses fruits. S'il n’est pas encore devenu réalité pour tous, les Droits de l'Homme constitue désormais une aspiration universelle par delà les différences d’histoire, de culture, et de religion.
Si les Droits de l'homme et la démocratie restent éléments moteurs de tout développement véritable et la condition première de tout progrès social, sayons pour autant lucide. Nombreuses sont les régions du monde qui demeurent des terres des mille tragédies.
Le peuple djiboutien s'est depuis 1999, encore plus modélisé avec panache et courage, dans des conditions économiques et financières difficiles afin de reconstruire au plus vite l’état de la nation.
Dés lors chacun de nos concitoyens a manifesté la preuve qu'il ne vivait pas la démocratie comme une simple absence de contrainte, mais aussi comme la participation, de tous au projet commun de renaissance national.
Notre peuple le sait bien qui a appris à ses dépens pendant toute la décennie 90, qu'il n'y a pas de liberté véritable sans une rigoureuse affirmation et ne pratique collective de la responsabilité.
A l'instar de la nation djiboutienne qui a procédé à un examen de conscience collectif, j'invite la communauté Internationale a en faire autant afin de permettre la promotion de la paix, par l'accentuation du développement, des Droits de l'Homme et la diplomatie préventive.
En examinant l'extension de la paix dans le monde grâce au développement, nous constatons que la mise en oeuvre du droit au développement, officiellement proclamé à l'occasion de la conférence mondiale de Vienne sur les Droits de l'Homme en 1993, souffre d'une situation d'échec.
A ce propos, la forte poussé de la compétition économique n'est pas sans conséquence sur la réalisation effective des Droits de l'Homme.
En effet, quelle portée peut-on accorder au combat pour les droits civils et politique lorsque les droits économiques, sociaux et culturels ne connaissant que de rare et modeste avancées, quand ils ne subissent pas de graves régressions.
La crise économique que nous connaissons prive des millions d'hommes et de femmes de leurs droits fondamentaux. Elle génère, au niveau mondial, une baisse globale de l'espérance de vie, un accroissement de la mortalité infantile et maternelle, un taux de chômage élevé, une insécurité croissante de la protection sociale assortie d'une baisse constante des revenues des populations actives.
Or les Droits de l'Homme sont indissociables. Ils doivent universellement bénéficier à tous comme l'Assemblée générale de l’O.N.U. l'a proclamé, le 10 Décembre 1948, ils sont un idéal commun à atteindre par toutes les Nations.
Les plus hautes autorités de la République de Djibouti, comme l'ensemble du peuple Djiboutien en sont convaincu.
Nous sommes également convaincus que le respect des droits de l'Homme est le meilleur gage de la paix et le la stabilité dans le monde.
Aussi à ce propos, si l'on doit condamner toute atteinte à la vie humaine, la communauté internationale ne pourra pas continuer à ne pas entendre à ce cri de détresse et assourdissant du peuple palestinien. On ne peut et on ne doit continuellement demander au même peuple, en l'occurrence, au peuple palestinien de constater l'ensemble de ses droits fondamentaux bafoués.
Tout être humain ne peut pas être insensible au désespoir qui pousse ces armées de jeunes gens à se transformer en bombes humaines.
La communauté internationale ne peut pas non plus accepter que la Palestine demeure la seule nation qui reste en marge de la vie du concert des nations.
Par ailleurs, si nous considérons le cas du peuple irakien, la communauté des nations peut difficilement accepter qu'on lui impose un choix de société qu’il n'a pas choisit.
L'exigence démocratique s'exprime aujourd’hui de façon massive à l'échelle de notre continent africain. Aussi, le camp que la République de Djibouti avait choisi dès le départ était bien le camp de l'histoire.
La démocratie est une condition nécessaire à l'épanouissement humaine.
Elle est une exigence morale universelle.Il n'y a pas une démocratie pour les riches, et une pour les pauvres. Il n'y a pas une démocratie pour les forts, une autre pour les faibles.
Il y a un socle de valeur sur lequel repose l'humanité. Tous les peuples doivent avoir la démocratie en partage.
C’est convaincu de ces valeurs que j'ai lancé en septembre 1999, à la tribune de l'organisation des Nations Unies, mon appel en faveur du peuple Somalien. Et à cette occasion, j'avais formulé un plan de paix. Ce plan de paix comprenait trois phases possibles.
La troisième phase consistait à neutraliser par tous les moyens possibles et nécessaires les seigneurs de guerre qui ont pris le peuple Somalien en otage. Je crois que le temps est venu pour la communauté internationale d'aider ce peuple martyrisé par cette poignée d'hommes sanguinaires, à se libérer.
Cette action renforcera certainement la justice internationale qui constitue pour la République de Djibouti une priorité. »
Tags
Articles connexes
Le ministre de la Défense préside la cérémonie de commémoration du 22e anniversaire de l’accession de la Gendarmerie nationale à son autonomie
il y a 5 ans
Le ministre de la Défense inspecte le bataillon Hill 8 à Maryama avant son départ pour la Somalie
il y a 5 ans
Insertion socioprofessionnelle des jeunes : l’ANEFIP implante des antennes dans tous les CDC
il y a 5 ans
Reprise des négociations au sujet du barrage sur le Nil
il y a 5 ans
Publicité