Disparition de notre confrère Mohamed Osman Farah : Le chagrin et les larmes

Par ABS | 18 décembre 2019
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Disparition de notre confrère Mohamed Osman Farah : Le chagrin et les larmes

Source: ADI

Avec l’hygiène de vie qui était la sienne et son peu de goût pour les excès, nombreux étaient ceux qui, à La Nation, étaient persuadés que Mohamed Osman Farah allait les enterrer tous. Et que, par conséquent, c’est à lui qu’incomberait la tâche d’écrire la nécrologie de ses amis et collègues de longue date comme par exemple l’auteur de ces lignes. Mais il en a été décidé autrement puisque Mof a été rappelé à Dieu ce mercredi après avoir passé 24 heures aux urgences de l’hôpital Peltier. Le choc ! A La Nation dont il était l’aimable boss tranquille, mais aussi dans toute la capitale où ce quinquagénaire souriant et bienveillant n’avait que des amis, l’émotion était à son comble lorsque sa dépouille a quitté la froide salle de réanimation de Peltier pour être convoyée jusqu’au domicile de ses parents où il s’était installé il y a deux ans à la suite du décès de sa femme. Evoquer la mémoire d’un ami disparu est un exercice délicat, surtout quand on est encore sous le choc d’une mort survenue sans crier gare. Mais l’Islam , notre religion, que Mof chérissait tant, nous apprend à ne jamais considérer la mort comme injuste même lorsqu’elle l’est. Selon les milieux hospitaliers, Mof aurait succombé à un AVC après avoir souffert pendant quelques jours de cette terrible fièvre appelée chikungunya. Ancien rédacteur en chef devenu directeur du journal en 2017, Mof était un chef bienveillant et courtois, avec un mot gentil pour chacun et une délicate attention pour ceux qui s’y attendaient le moins. Compétent et travailleur, Mohamed savait être patient avec les gens ; il savait les motiver, les encourager à persévérer, à avoir confiance en eux-mêmes. Tout le monde l’appréciait. Né le 19 Mai 1966 à Djibouti, ce fils de gendarme, aîné d’une fratrie de cinq garçons et deux filles, racontait qu’il avait acquis très tôt le sens des responsabilités puisque, à cette époque, dans les années 70, l’aîné des enfants était considéré, selon ses aptitudes naturelles bien sûr, un peu comme l’adjoint des parents. En dehors du cercle familial, ses amis d’enfance gardent de Mohamed le souvenir d’un garçon sans violence, qui aimait la lecture et le cinéma. Après des études primaires et secondaires à Djibouti et supérieures en France, Mohamed Osman Farah a d’abord travaillé au ministère de l’Intérieur mais son amour de la langue de Molière finira au début des années 2000 par l’amener un jour à pousser les portes de l’unique quotidien francophone du pays. C’est ainsi que Mof rejoint l’équipe de La Nation où sa belle plume, son souci de la syntaxe, et son humeur toujours égale contribueront à son ascension. Rédacteur en chef adjoint puis rédacteur en chef du journal, il sera nommé directeur en octobre 2017. En cette funeste matinée du mercredi 18 décembre, deux jeunes femmes membres de l’équipe de La Nation ont perdu connaissance en apprenant le décès de Mof et leurs collègues masculins pouvaient difficilement contenir leur émotion. Mohamed Osman Farah était père de quatre magnifiques enfants dont le benjamin, Moutadda, avait dix ans. Orphelins de mère depuis 2017, ils avaient à leurs côtés un père dévoué qui n’aurait voulu les quitter pour rien au monde. Mais la vie est ainsi faite et le destin des hommes peut parfois être cruel. Adieu cher Mof, tu vivras dans le cœur des tiens.

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