COP25 : à 30 ans, elle est la voix de Djibouti pour le climat

Par AAD | 13 décembre 2019
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COP25 : à 30 ans, elle est la voix de Djibouti pour le climat

Source: ADI

Dans la liste des émetteurs de la planète, Djibouti arrive au 173e rang sur 195. Il n'y a pas assez de décimales après le zéro dans les statistiques officielles pour qu'on puisse savoir précisément quelle est la part de notre petit pays dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Chaque Djiboutien émet en moyenne 20 fois moins de GES qu'un Canadien. Pourtant, notre pays qui est aux premières loges des changements climatiques, subit les effets de plein fouet. C’est ce qu’affirme la négociatrice de la République de Djibouti, Aicha Ahmed, dans une interview accordée à un journaliste de Radio-Canada, en marge de la conférence des Nations unies sur le climat (COP25). Formée en biologie et en sciences de la Terre en France, Aicha Ahmed est titulaire d'une maîtrise en développement durable des pays du Sud. En 2017, l'ambassade des États-Unis à Djibouti lui a décerné le titre de « jeune leader africaine ». « La population de Djibouti est essentiellement nomade. Les gens marchent pendant des jours pour trouver des espaces de pâturage pour leur cheptel. Les points d'eau sont souvent asséchés, parce que les périodes de sécheresse sont de plus en plus longues et les saisons de pluie sont de plus en plus courtes », a-t-elle indiqué. « Tout le monde est affecté, mais ce sont surtout les femmes qui en subissent les conséquences. Ce sont les femmes qui font la corvée de l'eau. Elles sont souvent obligées de marcher des kilomètres pour être capables d'avoir un jerricane d'eau à rapporter chez elles…Pour leur famille, leur foyer, leur cheptel, leurs besoins quotidiens. C'est un effort considérable », a-t-elle affirmé. Aicha Ahmed a affirmé que les pêcheurs sont également victimes des changements climatiques. « À Djibouti, on pratique surtout la pêche traditionnelle, il n'y a pas vraiment de pêche industrielle. Les pêcheurs pêchent moins longtemps parce qu'il fait trop chaud, et le rendement est faible », a-t-elle dit. Selon elle, les mangroves aussi ne sont pas épargnées. « Ce ne sont plus des écosystèmes adéquats pour permettre aux différentes espèces aquatiques de se reproduire », a-t-elle enfin estimé.

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