Meurtre de la jeune lycéenne Mahado à Ali-Sabieh : "Les peines encourues sont la réclusion criminelle à perpétuité pour chacun des auteurs", déclare le procureur de la République
Par IOH
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01 octobre 2018
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Source: ADI
Dans un communiqué qu’il vient de nous faire parvenir, le procureur de la République, M. Id Ahmed Ibrahim, a indiqué que "tous les moyens possibles ont été mis en œuvre par la police nationale" dans le souci de retrouver rapidement les auteurs du meurtre de Mahado Daher Chireh, jeune lycéenne d’Ali-Sabieh sauvagement assassinée la semaine dernière dans le chef-lieu de la région assojog (sud du pays).
"Les suspects, à l’exception d’un d’entre eux, ont fini par avouer aux enquêteurs leur crime. Ils ont, par la suite, donné dans les détails, le déroulement des faits, jusqu’au lieu où ils ont « jeté » le corps sans vie de la victime", a-t-il ajouté.
"La première phase de l’enquête criminelle est achevée, maintenant c’est le juge d’instruction saisi qui va débuter et mener sereinement les investigations complémentaires comme c’est le cas depuis toujours et conformément à la loi", a fait savoir M. Id Ahmed Ibrahim.
Il a tenu à préciser dans la foulée que "les peines encourues sont la réclusion criminelle à perpétuité pour chacun des auteurs."
L’ADI reproduit ci-après le communiqué du procureur de la République en son intégralité.
Le 24 septembre 2018, vers 15 heures, dans la ville d’Ali-Sabieh, chef-lieu de la région du même nom, a été retrouvé le corps sans vie d’une jeune adolescente âgée de 17 ans. Celui de Melle Mahado Daher Chireh, aussi connue sous le prénom de « Hawa ».
Les premières constatations effectuées immédiatement sur place par l’antenne de police judiciaire de la Police Nationale, ont permis de déterminer, que la mort de la jeune lycéenne Mahado n’était pas liée à une mort naturelle. En clair, que la mort est due ou a été causée volontairement par l’usage d’une arme blanche ou d’une lame provoquant irrémédiablement et de facto la mort (médecin légiste).
Mon propos n’est pas de décrire ici les circonstances exactes des causes de la mort de Mahado Daher. Aussi, mon intervention dans les médias, aux côtés des officiers de la police judiciaire, qui ont mené les investigations, a deux objectifs essentiels.
Le premier objectif, c’est d’’informer, à travers les relais que sont les médias, les citoyens car, au-delà du profond émoi qu’à provoqué ce crime atroce, tant à la population de cette ville d’Ali-Sabieh que dans tout le pays par ailleurs, il faut pouvoir essayer d’apaiser cette douleur collective et ses réactions légitimes qu’elles suscitent.
Ainsi, tous les enquêteurs sur cette affaire n’ont pas perdu un instant, une seconde pour faire aboutir la vérité….
Il importe de souligner que l’Antenne Judiciaire d’Ali-Sabieh qui a une parfaite connaissance du terrain et de la population Aska, a été renforcée, appuyée par les enquêteurs chevronnés de la Brigade Criminelle et des Affaires Spéciales de la Police Nationale et des Agents de la Police Technique et Scientifique pour mener à bien la recherche de la manifestation de la vérité.
Toutes ces forces d’investigations ont été déployées très rapidement à Ali-Sabieh afin de retrouver le ou les responsables impliqués directement ou indirectement dans la commission de ce crime.
Tous les moyens possibles ont été mis en œuvre par la Police Nationale, qu’il s’agisse de l’utilisation des Nouvelles Technologies (détail que je ne peux dévoiler pour des raisons liées au secret de l’enquête), des techniques scientifiques utilisées dans les enquêtes (relevés des empreintes, des prélèvements et des analyses d’ADN sur différentes scènes, etc.)
Nous avons privilégié toutes les pistes, sans en écarter une seule, y compris celle de lier des membres proches de la victime (amis, famille, connaissances, personnes isolées, etc.) au drame.
S’en est suivie une série d’auditions de témoins, d’interrogatoires de suspects potentiels avec recoupement d’une masse d’informations non négligeables.
Et, de surcroît, la discrétion et l’efficacité ont été les référentiels, les seules options qui ont guidé les enquêteurs pour aboutir à une conclusion.
Je comprends parfaitement les interventions des uns et des autres dans les médias et à travers les réseaux sociaux pour exprimer leur souffrance, leur effroi, leur compassion, voire leur colère….face à l’absence de réponses sur l’enquête en cours.
Pour autant, c’est cette enquête menée minutieusement et qui a entendu un nombre important de personnes, témoins, proches ou non de la victime en procédant à des confrontations, qui a permis :
-D’identifier le véhicule à moteur, dans lequel la jeune Mahado Daher Chireh a été emmenée dans un premier temps par subterfuge, puis de force. Ce sont les expertises scientifiques qui ont clairement identifié ledit véhicule incriminé ;
-De repérer le lieu où la jeune victime a été détenue et où des sévices corporels lui ont été infligés ; là encore, c’est la Police Technique et Scientifique qui a pu le démontrer ; En effet, le lieu de la découverte de la victime est, à l’exacte opposé du lieu de sa détention. Le ou les responsables ayant cherché à brouiller les pistes …Bien qu’ils aient essayé d’effacer toutes traces ou indices pouvant les incriminer, la Police Technique a, par des procédés scientifiques, mis en lumière des traces d’ADN sur ce lieu…
Ces preuves directes et circonstancielles ont permis, enfin, l’interpellation de plusieurs individus âgés pour le plus jeune de 20 ans et pour le plus âgé de 40 ans.
Ces suspects principaux ont été confrontés sur leurs incohérences et surtout mis face aux indices scientifiques relevés qui ont prouvé leur implication directe dans la perpétration de ce crime.
Ainsi, les suspects, à l’exception d’un d’entre eux, ont fini par avouer aux enquêteurs leur crime. Ils ont par la suite, donné dans les détails, le déroulement des faits, jusqu’au lieu où ils ont « jeté » le corps sans vie de la victime Mahaho Daher Chireh après leur crime.
Il y a, bien évidemment, d’autres éléments de preuves qui incriminent avec certitude les auteurs de ce meurtre, et le degré d’atrocité commis par chacun de ces suspects dont l’instruction judiciaire disposera.
À l’issue de leur présentation devant moi où la plupart d’entre eux ont avoué leur crime, j’ai requis l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de ces principaux auteurs du meurtre pour être présentés devant un juge d’Instruction et répondre de leurs actes.
Nos réquisitions ont porté sur les chefs d’enlèvement, d’actes de barbarie et de torture suivis de viol commis par plusieurs personnes avec la circonstance aggravante que la victime était mineure, et, enfin, de meurtre avec l’usage d’une arme blanche.
Les peines encourues sont la réclusion criminelle à perpétuité pour chacun des auteurs.
La première phase de l’enquête criminelle est achevée, maintenant c’est le juge d’instruction saisi qui va débuter et mener sereinement les investigations complémentaires comme c’est le cas depuis toujours et conformément à la loi.
Il faudra être patients et indulgents et soyez certains que la Justice arrivera à son terme.
Avant de préciser le deuxième objectif de mon intervention d’aujourd’hui, je tenais avant tout à remercier et surtout saluer l’excellent travail tant de l’Antenne Judiciaire de la Ville d’Ali-Sabieh, que de la Brigade Criminelle et des Affaires Spéciales, qui n’ont pas ménagé leur effort. Cette synergie entre ces différentes Unités de la Police Nationale a permis la conclusion de cette affaire.
Je tiens à les citer nominativement : Antenne Judiciaire d’Ali Sabieh : Capitaine SAHAL Sougueh Igueh OUGUEH IGUEH, Lieutenant MOUSSA DOUKSIEH BILEH et Lieutenant IBRAHIM BOUH WAÏS.
Direction de la Sécurité Publique et Brigade Criminelle et des Affaires Spéciales : Colonel OMAR HOUSSEIN HASSAN, Commandant HARBI HOUSSEIN BOUH, Lieutenant GAMAL MOHAMED HOUSSEIN, Adjudant ABDOURAHMAN HARED OMAR et Sergent MOHAMED DJAMA RAYALEH.
Police Technique et Scientifique : Capitaine FARHAN ABDOURAHMAN ABDOULRAKIB, Sergent OMAR HASSAN WARMAHAYE, Sergent ALI SAÏD KAYSSALI et Caporal Chef ELEYEH HOUSSEIN OKIEH.
C’est la compétence et le professionnalisme des enquêteurs chevronnés de la Brigade Criminelle, je le dis sans détour, connus depuis fort longtemps par le pouvoir judiciaire avec lequel ils travaillent en étroite collaboration depuis toujours, qui ont permis la résolution de cette affaire.
Merci donc à vous tous.
Malheureusement, aucune société n’est à l’abri de ce genre d’acte criminel… Mais ce qui nous permet de « tenir », c’est que notre société peut compter sur les femmes et les hommes qui composent la force publique pour assurer leur protection et garantir leur sécurité. Par force publique, j’entends tous les corps de sécurité et de défense de la République.
Mon deuxième objectif, c’est de faire passer un message important :
L’opinion publique peut partager ou exprimer son émotion librement, compatir à la douleur de la famille et des proches de la défunte Mahado.
Mais, en aucun cas, cette même opinion publique ne peut faire circuler à travers les réseaux sociaux essentiellement, les clichés photographiques du corps sans vie de Mahado, tout en exprimant son chagrin à la fois.
Dans quelle société vivons-nous ? Nos valeurs ne permettent pas de porter atteinte à la mémoire de nos morts et de transgresser le devoir de respecter leur dignité. Cela va à l’encontre de tous les principes et de toutes les valeurs humaine.
Par respect également à l’égard des parents de Mahado, des proches, de la famille et des amis de la défunte, je vous exhorte à cesser ce genre de diffusion.
Pour ma part, nous rechercherons et trouverons les premiers responsables de la diffusion de ces photographies, qui seront arrêtés et traduits devant la Justice.
Ces diffusions sont inadmissibles pour notre société et, d’ailleurs, pour toute société.
Je remercie de votre aimable attention.
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