Lutte contre les mutilations génitales féminines : une mini révolution

Par MOF | 26 juin 2009
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Lutte contre les mutilations génitales féminines : une mini révolution

Source: LA NATION

A l'instar du reste du monde, la République de Djibouti dédie l'année 2009 au renforcement de la lutte contre toutes formes de violences à l'égard des femmes. Le projet de loi, adopté dimanche dernier par les parlementaires de l'Assemblée nationale lors de la séance plénière de dimanche dernier au palais du peuple, s'inscrit dans cette optique. La nouveauté de ce texte, défendu par la parlementaire Degmo Mohamed Issack et la ministre Nimo Boulhan Houssein, est qu'il donne des moyens d'actions aux associations locales qui peuvent désormais se constituer parties civiles face aux fauteurs de mutilations génitales féminines. Un tel recours constitue un prolongement logique des efforts antérieurs de la lutte contre ces pratiques ancestrales que des djiboutiennes courageuses mènent depuis plus de trois décennies avec l'appui total du gouvernement. Ce pas franchi vient aussi combler un vide juridique. Car les fillettes victimes d'excision et d'infibulation sont dans l'impossibilité de faire valoir le respect de leur intégrité physique en tant qu'êtres humains. Il s'agit là d'un secret de polichinelle qui explique assez l'incapacité des autorités judiciaires à assurer la tutelle des droits de ces mineures jusqu'à présent. D'autant plus que les mutilations génitales féminines se perpétuent dans un contexte familial où la plupart des personnes impliquées ne sont guère conscientes du caractère pénal de ces pratiques obscures et lourdes de conséquences sanitaires pour les petites innocentes sous leur tutelle légale. Point d'amalgame : la promulgation de la loi anti MGF ne signifie pas la porte ouverte aux délations et aux règlements de comptes en tous genres. Son auteur, Degmo Mohamed Issack, table sur les aspects préventif et dissuasif du texte. Préventif d'abord car l'esprit de cette loi privilégie l'éducation et la sensibilisation des masses sur l'obligation morale et juridique de respecter les nouvelles dispositions légales en vigueur contre l'excision et l'infibulation à Djibouti. Des associations aussi qui poursuivent réellement des actions de proximité sur le terrain en faveur de l'abandon des mutilations génitales féminines. Dissuasif ensuite parce que les associations, qui jouissent d'une certaine crédibilité dans ce domaine et peuvent justifier d'une existence légale d'au moins trois années, ont la possibilité de porter des cas avérés de violences sexuelles, notamment des MGF, devant la justice. Mieux, le texte donne toute latitude aux victimes de se passer de l'accord de leurs tuteurs légaux au cas où ils seraient les auteurs des faits incriminés. Ce sont là deux solutions extrêmes face à un problème qui ne l'est pas moins. Bref, elles représentent les prémices d'une mini révolution dans nos mœurs censée déboucher sur la mise en application de l'article 333 du code pénal djiboutien qui définit les mutilations génitales féminines comme des violations des droits humains des filles et des femmes.

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