"La nouvelle zone franche internationale de Djibouti constitue l’instrument principal de notre politique de diversification", déclare M. Ilyas Moussa Dawaleh
Par AAD
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26 juillet 2018
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Source: ADI
Interviewé mercredi pendant plus d’une heure dans sa maison d’Haramous par trois journalistes politiques connus pour leur pugnacité, le ministre de l’Economie et des Finances chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh, a répondu à toutes les questions sans en esquiver aucune, avec rigueur et maîtrise.
Ils ont évoqué le développement de nos infrastructures portuaires, ferroviaires et aéroportuaires, notre rôle de hub régional, la croissance de notre économie et la nouvelle donne régionale marquée par le rapprochement entre l’Ethiopie et l’Erythrée.
Interrogé tout d’abord sur les infrastructures aéroportuaires dont les travaux de construction n’ont toujours pas démarré, le ministre Ilyas Moussa Dawaleh a indiqué que la réalisation des aéroports fait partie intégrante d’un plan de développement des infrastructures de transport djiboutien.
"Les aéroports vont compléter les autres infrastructures de base pour permettre à notre pays de jouer son rôle de hub régional, continental voire international", a-t-il dit.
"Nous avons travaillé sur toute la partie design du projet et il se trouve que les conditions obtenues étaient des conditions non concessionnelles. Nous avons donc privilégié des financements concessionnels ou sous forme d’un partenariat public-privé. Les discussions avancent bien et nous espérons avoir des résultats concrets d’ici la fin de l’année", a-t-il annoncé.
A la question de savoir si nous sommes en phase avec nos ambitions depuis la mise en service de la nouvelle ligne ferroviaire, le ministre Ilyas Moussa Dawaleh a souligné l’impact très positif du nouveau chemin de fer sur la mobilité des personnes entre Djibouti et l’Ethiopie.
"Concernant le fret ferroviaire, deux trains de marchandise partent quotidiennement vers l’Ethiopie. Notre ambition est beaucoup plus que ça. Nous voulons accroitre la fréquence à 6 trains de marchandise par jour. Est-ce possible ? Bien sur que oui", a indiqué M. Dawaleh.
Le ministre de l’Economie et des Finances a expliqué que même si nous sommes aujourd’hui à deux trains de marchandise par jour, nous travaillons avec des moyens encore non complets.
"La connexion ferroviaire avec le terminal à conteneur de Djibouti est déjà faite mais l’installation des équipements de manutention n’est pas encore finalisée. Elle le sera, nous l’espérons, avant la fin de l’année. La connexion du chemin de fer au Doraleh Multipurpose Container (DMP) n’est pas encore complète, idem avec la société Horizon Terminal. De l’autre coté, en Ethiopie, tous les ports secs où les trains doivent déchargés les marchandises ne sont pas non plus finalisés. Les travaux de construction de tous ces équipements sont en cours et ils avancent très bien. Vous pouvez donc comprendre qu’une fois toutes ces infrastructures finalisées, nous serons en phase avec nos ambitions".
Au chapitre de l’énergie, M. Ilyas Moussa Dawaleh a été interrogé sur les avancés des travaux d’exploration géothermique sur le site de Fianleh. "Comme nous le savons tous, les travaux ont été lancés par le Président Ismail Omar Guelleh et nous espérons que d’ici la fin de l’année, c'est-à-dire en novembre prochain, nous arriverons à des résultats très positifs. Nous sommes vraiment confiants", a assuré le ministre de l’Economie et des Finances.
Le ministre Dawaleh a rappelé les autres projets géothermiques qui avaient d’ores et déjà commencé, notamment le projet de Galali Koma ou encore celui de Hanlé.
"Tous ces projets géothermiques doivent être développés et accélérés concomitamment pour arriver à des résultats concrets ; c'est-à-dire à des productions d’énergies géothermiques dans les deux ou trois années à venir. Nous faisons entièrement confiance aux capacités techniques de nos équipes et de nos partenaires pour réaliser le rêve de tout djiboutien : produire notre propre énergie très peu cher et très propre d’un point de vue environnemental".
A la question de savoir comment la plus grande zone franche internationale d’Afrique, inaugurée il y a quelques semaines à Djibouti, va-t-elle survivre à la concurrence vue la cherté de l’énergie, le ministre de l’Economie et des Finances a estimé que notre pays doit relever de nombreux défis pour être plus compétitif.
"Dans notre pays, a-t-il dit, la cherté de la vie n’est pas seulement due au coût de l’énergie. Un des défis de Djibouti reste la compétitivité de l’économie. Et cette compétitivité a plusieurs facteurs déterminants dont celui du coût de l’énergie. L’énergie, il est clair, représente le principal obstacle au développement de notre pays".
M. Ilyas Moussa Dawaleh a toutefois rappelé combien il nous faut relever tous les autres défis pour rendre notre pays plus compétitif.
"Nous sommes dans une compétition qui se joue sur la qualité de notre main d’œuvre, sur notre culture de travail, sur l’expertise djiboutienne. C’est vous dire que la compétition va être de plus en plus rude non pas pour la nouvelle zone franche mais pour notre économie en général", a-t-il noté.
"Cette zone franche, si nous considérons son investissement, va être l’élément « cardinal » pour que Djibouti puisse connaitre enfin sa transformation. Pour nous, la nouvelle zone franche internationale de Djibouti (DIFTZ), inaugurée récemment par le président Guelleh et ses homologues de la région, constitue l’instrument principal de notre politique de diversification. Cet instrument qu’est la DIFTZ doit nous permettre d’accélérer le développement de l’industrialisation de notre pays", a-t-il souligné.
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