Ismaïl Omar Guelleh à Jeune Afrique : "DP World n'a jamais cherché à développer réellement le port de Doraleh qui fonctionnait à 40% de ses capacités"

Par IOH | 15 avril 2018
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Ismaïl Omar Guelleh à Jeune Afrique : "DP World n'a jamais cherché à développer réellement le port de Doraleh qui fonctionnait à 40% de ses capacités"

Source: ADI

Dans une interview parue aujourd'hui dans les colonnes de l'hebdomadaire Jeune Afrique, le chef de l'Etat, M. Ismaïl Omar Guelleh, a expliqué les raisons qui ont conduit à la rupture du contrat de gestion du DTC (Doraleh Terminal Container) conclu entre notre pays et l'opérateur émirati DP World. "Cela faisait six ans que nous tentions en vain de renégocier treize articles de ce contrat léonin, conclu – et mal conclu à l’époque, de par notre faute – avec DP World. Nous avons perdu beaucoup de temps et d’argent dans cette affaire. Il fallait y mettre un terme. Nous avons donc adopté une loi, en novembre 2017, qui autorise l’État à renégocier tous les contrats stratégiques, et celui-ci en fait partie, puisque cette installation est le premier employeur de Djibouti", a indiqué le président Guelleh. "Mon ministre des Transports s’est ensuite rendu à Dubaï, chez DP World, pour discuter. Réponse sèche de l’opérateur : « Vous voulez rompre ? Faites-le. Nous allons vendre nos actions et tous nos actifs à Djibouti: hôtels, villas, quai pétrolier, etc. » Le ministre a bien sûr rétorqué que l’État djiboutien se portait acquéreur des actions – l’une des aberrations de ce contrat étant que, bien que majoritaire à 66 %, l’État est minoritaire au sein du conseil d’administration de Doraleh Container Terminal (DCT). Refus des Émiratis : « Nous les vendrons à qui nous choisirons.» Inenvisageable à mes yeux, car il y va de notre souveraineté", a-t-il déclaré en substance. "Nous avons donc fait jouer, a-t-il ajouté, notre droit de préemption et nationalisé DCT. Les procédures normales d’indemnisation seront mises en oeuvre." "DPWorld, selon M. Ismaïl Omar Guelleh, n’a jamais cherché réellement à développer Doraleh – qui fonctionnait à 40 % de ses capacités – afin de favoriser l’émergence du port de Dubaï, Jebel Ali". "Il s’agissait, a-t-il estimé, de restreindre la concurrence en la contrôlant et de nous limiter au seul marché local et à l’Éthiopie, quitte à décourager les gros armateurs étrangers de venir fréquenter notre port. Ils font la même chose à Aden, à Berbera et ailleurs." "C’est du malthusianisme économique à leur seul profit. Nous ne l’acceptons pas", a insisté le président de la République. Interrogé sur la procédure que vient d'engager DP World devant la Cour internationale d’arbitrage de Londres, le chef de l'Etat a fait savoir qu'"ils profitent du fait que le contrat qui nous liait a été placé sous le régime du droit britannique, lequel n’en reconnaît pas l’aspect léonin. Ce fut l’une de nos erreurs. Mais ils peuvent aller où ils veulent, nous ne nous laisserons pas intimider." "Nous avons, a-t-il poursuivi, tout fait pour trouver une solution à l’amiable : en 2016 et 2017, j’ai écrit au Premier ministre et au ministre émirati des Affaires étrangères, CheikhMohamed Ibn Rached et Abdallah Ibn Zayed, ainsi qu’au prince héritier Mohamed Ibn Zayed, pour attirer leur attention sur cette situation. Aucun ne m'a répondu." "Aujourd'hui, DP World menace d'attaquer en justice toutes les entreprises désireuses d'investir sur le territoire de la République, que ce soit à Doraleh ou ailleurs", a affirmé le président Guelleh. "Ce qui, a-t-il dit, démontre bien à quel point ce contrat était attentatoire à notre souveraineté." "C'est du chantage. Nous n'y céderons point", a-t-il martelé.

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