La coopération entre Djibouti et l'UE au beau fixe

Par MOF | 03 janvier 2008
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La coopération entre Djibouti et l'UE au beau fixe

Source: LA NATION

La coopération entre Djibouti et l'Union Européenne se porte bien. Elle s'inspire des principes directeurs de l'accord de Cotonou, adopté le 23 juin 2000, qui a redéfini les partenariats ACP-UE. Le récent sommet de Lisbonne a généré des débats autour des accords de partenariat économiques. La délégation djiboutienne, forte de plusieurs personnes et conduite par le Président Ismail Omar Guelleh, a saisi l'opportunité pour exprimer de sérieuses réserves vis-à-vis de la libération brutale et ses effets pervers sur les économies africaines. Notons au passage que de nombreux experts et observateurs avisés partagent les réticences nationales à ce propos. Rappelons aussi que Djibouti et l'Union Européenne ont signé un document de stratégie de coopération en marge du sommet. Lequel couvre la période 2008-2013 et fixe les grandes orientations du 10ème FED qui vont dans la continuité des choix de développement du 9ème FED, d'où l'intérêt de dresser un état des lieux et des perspectives de la coopération djibouto-européenne. Bilan du 9ème FED. L'emploi de l'expression parait prématuré aux yeux des experts des principaux collaborateurs du grand argentier du pays, M. Ali Farah Assoweh. Les mêmes sources crédibles confirment l'engagement de l'ensemble des ressources allouées dans le cadre du 9ème FED avant la date butoir du 31décembre 2007. Trois secteurs (assainissement et transports, concentrent les fonds mobilisés, de l'ordre de 43,10 millions Euros. L'accès du plus grand nombre à l'eau potable est une priorité du gouvernement. Ceci explique le soutient réitéré de la commission européenne à cet effet. Ce partenaire au développement a déjà débloqué des montants conséquents, l'un de 4,6 millions Euros et l'autre 10,5 millions Euros, sur les 6ème et 7ème FED. Les deux enveloppes ont servi aux exécutions des projets de développement urbain qui ont profité aux riverains des quartiers 1, 2, 3, 5, 6. Les usagers du quartier 4 ne sont point oubliés. L'assainissement de ce quartier populaire figure parmi les préoccupations des autorités nationales. Les financements nécessaires, évalués à 10,8 millions Euros, sont déjà acquis. Idem pour les 17,7 millions d'euros destinés au programme d'assainissement liquide et solide de Djibouti-ville. D'autres urgences mobilisent les énergies et les fonds. C'est le cas du réaménagement intégré des berges de l'Ambouli. Sa mise en œuvre vise plusieurs objectifs. Citons, entre autres, la protection des populations contre les crues de l'oued par le biais d'une baisse des débits et le stockage des ressources en eau. Passons. Le secteur des transports est loin d'être le parent pauvre de la coopération djibouto-européenne. La rénovation des rocades urbaines et la réhabilitation de la RN1 (route nationale 1), financés à hauteur de 32 millions d'euros par le 8ème FED, confortent l'argument. Nul doute que l'offre des conditions optimales de circulation et de sécurité sur le réseau routier ou le corridor djibouto-éthiopien influe positivement sur la compétitivité de l'économie djiboutienne. Perspectives du 10ème FED. Il est clair que la stratégie de coopération, optée par les deux parties, privilégie une certaine continuité des efforts consentis dans le passé. Plusieurs instruments financés sont censés les faciliter. Les secteurs de l'eau, l'assainissement et l'énergie vont absorber 85% des ressources du 10ème FED, soit 34,4 millions Euros. La poursuite de la restauration de l'ONEAD, la mise en place du plan stratégique d'assainissement et l'aménagement de l'oued d'Ambouli demeurent des chantiers prioritaires. Idem pour la composante énergie qui doit se traduire par l'accès des populations à la fée électricité sans pour autant causer des dégâts sur l'environnement. Le pari et gagnable grâce au recours des sources d'énergie renouvelable qui devrait rendre moindre le coût de production. C'est tout le sens des réformes de l'EDD que le bailleur de fonds européen entend appuyer. Le renforcement du processus de la décentralisation, l'appui aux acteurs de la société civile et le développement des programmes régionaux s'attirent aussi ses faveurs. Trois projets d'envergure qui se voient créditer du reliquat de 15% de la première enveloppe du 10ème FED, soit l'équivalent de 6,10 millions d'euros. La nouvelle année 2008 n'est qu'à ses débuts. Elle devrait apporter son lot de changements. L'union douanière des pays membres du COMESA, prévue de longue date, va remodeler la façon d'être et d'agir de près de 400 millions de consommateurs régionaux. L'imminence de l'échéance fait que Djibouti va bénéficier d'une assistance technique et financière dans les domaines de réglementation la gestion et la sécurité de la navigation aérienne. Les considérations sécuritaires prennent sur tout le reste face aux risques inhérents aux flux migratoires. De la prise en compte de tels facteurs découle l'offre européenne d'un appui institutionnel et logistique au ministère de l'Intérieur et celui des Affaires Etrangères. La République de Djibouti est, en outre, bénéficiaire de l'octroi d'une seconde enveloppe sur le 10ème FED. Elle est peu significative avec son plafond de 600.000 Euros. La dotation doit couvrir les dépenses imprévues en cas de catastrophes naturelles et d'aide d'urgences aux réfugiés. Bref, les négociateurs djiboutiens et leurs interlocuteurs européens n'ont pas manqué, en marge du sommet de Lisbonne, d'envisager le déblocage de ces financements au titre de l'appui budgétaire selon des sources fiables. Ce qui allégerait l'exécution du programme indicatif national et rendrait l'aide plus efficace à l'horizon 2008-2013. La précision en dit long sur l'approche djiboutienne en matière de coopération qui privilégie un développement partagé.

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