Et si l’on interdisait le khat ? (Editorial d’ABS, La Nation)

Par ABS | 17 septembre 2017
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Et si l’on interdisait le khat ? (Editorial d’ABS, La Nation)

Source: La Nation

Au lendemain de l’accession de notre pays à l’indépendance, le président Gouled a décrété la fin du commerce du khat à Djibouti. Ce fut l’âge d’or de la contrebande de la plante verte qui était vendue à prix d’or. On le sait, la prohibition magnifie la chose prohibée et finit par provoquer l’effet inverse. Hier, samedi 16 septembre 2017, le khat n’a pas pu nous être livré en raison des tragiques événements qui ont eu lieu ces jours-ci à Aouadaï, la capitale mondiale de la plante verte. Ce fut donc une journée sans khat à Djibouti. Jamais, de mémoire de Djiboutois les rues de la capitale n’avaient été aussi animées et les terrasses des restaurants aussi bondées. On a vu plus de joggeurs que d’habitude le long des routes, plus de baigneurs que naguère sur les plages, bref ce fut une journée colorée, joyeuse, agréable. La plante verte, dont les feuilles fraiches sont mâchées pendant des heures par presque tout le monde’, hommes, femmes, adolescents, vieillards et par toutes les couches sociales, cause, dit-on, de graves problèmes de santé. Le diabète, l’hypertension artérielle et d’autres pathologies lui doivent beaucoup, dit-on. Mais Rien n’y fait. Sa consommation n’a jamais baissé dans notre pays malgré toutes les informations dont disposent les gens aujourd’hui sur les conséquences de cette addiction. Hier, par la force des choses, les Djiboutiens n’ont pas mâchouillé la plante et ont fait ce qu’ils n’ont pas l’occasion de faire les autres jours en raison de toutes les heures consacrées au khat. Et personne n’en est mort. Le soir venu, les nombreuses techniciennes de surface qui balayent nos rues ont eu moins de sacs-plastique à ramasser que d’habitude. Oui, en plus de ses conséquences fâcheuses sur la santé des gens, le khat dégrade notre environnement urbain avec ces dizaines de milliers de sacs en plastique qui volent au gré des vents, bouchent les canalisations, s’accrochent aux lampadaires, s’entassent dans les recoins. Hier, ce fut une journée agréable. Et s’il en était ainsi tous les jours ? Il s’agit là d’un rêve que nous devrions faire plus souvent. Pour être plus performants.
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