Cinéma : Vers le clap de fin de la 2ème édition du festival du film de l'Union européenne (FFUE 2017)

Par NF | 20 mai 2017
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Cinéma : Vers le clap de fin de la 2ème édition du festival du film de l'Union européenne (FFUE 2017)

Source: ADI

La 2ème édition du festival du film de l'Union européenne (FFUE 2017) s’achèvera demain soir à l’Institut français de Djibouti avec la projection du film-documentaire "Italy in a day" de Gabriele Salvatores. Une fantastique expérience de cinéma collectif, "Italy in a day" relate, en 75 minutes, une journée dans la vie des Italiens. Dans ce film, le réalisateur de "Marrakech Express", nous livre une version italienne de "Life in a Day" de Ridley Scott. "Italy in a day" est le journal intime d’un pays. Le portrait sur le vif d’une Italie, à la fois actrice et spectatrice de son destin, un jour d’automne 2013. Au total, 14 films, dont 6 courts-métrages djiboutiens, étaient à l’affiche de cette seconde édition du festival du film de l'UE devenu désormais un rendez-vous annuel incontournable. Organisée par le service culturel de la délégation de l’Union européenne à Djibouti, l’édition de cette année a été lancée la semaine dernière avec "les héritiers" de Marie-Castille Mention-Schaar. Ce film, inspiré de faits réels, relate l’histoire d’une prof qui décide de faire passer un concours national d'Histoire à sa classe de seconde la plus faible du lycée Léon Blum de Créteil. Citoyenne engagée, Ariane Ascaride interprète magistralement le rôle de cette professeure qui, dotée d’une volonté à toute épreuve, réussira à persuader ces ados à ne plus douter de leurs capacités. Ce film est un merveilleux exemple de courage, de détermination et de réussite. Une admirable leçon de vie. "Les héritiers" charrie un torrent d'émotions au service d'un message résolument optimiste : "A cœur vaillant rien d'impossible". Parmi les films djiboutiens, tous des courts-métrages, deux d’entre eux ont su tirer leur épingle du jeu : "La bande du mabraze", d’Ismail Sougueh Guedi, et "Ali et les réseaux sociaux" de la jeune Malyoun Isman Guedi. Projeté dimanche dernier, le premier court-métrage intitulé "La bande du mabraze" dépeint la descente aux enfers d'un groupe d’amis accros au khat, une plante euphorisante consommée à Djibouti. L’idée de ce court-métrage de 11 minutes, est de nous sensibiliser aux conséquences destructrices de cette plante qui fait des ravages à Djibouti. Et qui n’épargne personne. Il s’agit également de faire de la prévention contre ce fléau qui consume à petit feu la société djiboutienne. Concernant le second court-métrage de Malyoun Isman Guedi, "Ali et les réseaux sociaux", il est axé sur l’histoire d’un père de famille qui ne vit que pour Facebook. Ayant un penchant presque obsessionnel pour les réseaux sociaux, Ali passe le plus clair de son temps à "tchater" sur Facebook. Grand volage devant l’éternel, il tire sur tout ce qui bouge ou plutôt sur toutes celles qu’il croise sur Facebook. Mais un jour, voilà qu’il est pris la main dans le sac par sa femme qui s’était fait passer pour une de ses conquêtes. Et subitement sa vie de famille vole en éclats. Trop tard donc pour recoller les morceaux ! Même si ces deux courts-métrages, réalisés dans le cadre de la formation du festival "Djibouti fait son cinéma", ne sont pas au top artistiquement parlant, ils ont au moins le mérite de véhiculer un message d’une importance cruciale. Du côté des films étrangers, trois d’entre eux se sont révélés particulièrement captivants. Et le public a décerné les palmes des meilleurs films à "Free to run" de Piere Morath (Suisse) qui est une superbe ode à la course à pied, et "Nice People" de Lars Beckung (Suède) qui retrace le périple d’un groupe de jeunes somaliens ayant fui la guerre dans leur pays. Ils se sont retrouvés en Suède et sont décidés à se rendre vaille que vaille en Sibérie. Incontestablement, le chemin sera semé d’embûches, mais savoir qu’ils parviendront un jour à entonner sur la glace leur hymne national, à défendre les couleurs de leur pays leur donne la force d’aller de l’avant. C’est une vraie histoire sur le racisme, la peur et la manière de les surmonter, parfois avec un sourire, parfois avec un coup de crosse. Le public a également apprécié le documentaire hautement poétique co-réalisé par Peter Middleton et James Spinney, "Notes on Blindness". C’est l’émouvante histoire d’un homme frappé de cécité complète, qui, stoïquement, va prendre à bras-le-corps son handicap pour "qu’il n’ait pas raison de lui", comme il le confie dans une page de son journal intime sonore. Ce film retrace l'histoire triste et vraie de John Hull, éminent professeur de théologie et écrivain, devenu aveugle en 1983 après plusieurs décennies de détérioration visuelle. Durant trois ans, il va confier à son magnétophone ses états d’âme mais aussi ses réflexions sur les bouleversements qu’engendre en lui ce monde de ténèbres, épargnant à ses proches sa colère, ses doutes et son découragement. Une œuvre cinématographique très originale, poétique et émouvante, "Notes on Blindness" nous aide à aborder la grande question de la compréhension mutuelle avec plus de lucidité – comme le dit Hull (qui s’est éteint en 2015, laissant derrière lui Marilyn et leurs cinq enfants) dans un de ses cours : "Comment les aveugles et les gens qui ne le sont pas peuvent-ils réellement se comprendre ? Comment les hommes peuvent-ils comprendre les femmes ? Comment les riches peuvent-ils comprendre les pauvres ? Comment les vieux peuvent-ils comprendre les jeunes ? Est-il possible de pénétrer l’esprit des autres ? C’est la grande question de laquelle dépend l’unité des êtres humains".

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