La 6ème Journée du Séminaire de réflexion sur l’action gouvernementale consacrée à la décentralisation, la gouvernance, la défense et la sécurité
Par AAS
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07 mai 2009
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Source: ADI
Le séminaire de réflexion sur l’action gouvernementale dont les travaux se déroulent au Palais du Peuple, est entré ce jeudi dans sa sixième journée. L’avant-dernière journée de ce séminaire était consacrée à la décentralisation, la gouvernance, la défense ainsi que la sécurité.
Dans cette optique, trois ministres ainsi que le médiateur de la République, M. Abdoulkader Doualeh Waïss, ont présenté les réalisations et les perspectives d’avenir de leurs départements.
Les trois ministres concernés étaient M. Yacin Elmi Bouh de l’Intérieur et de la Décentralisation, M. Ougoureh Ahmed Kiflé de la Défense, et M. Mohamed Barkad Abdillahi de la Justice, des Affaires pénitentiaires, chargé des Droits de l’Homme.
C’est le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, M. Yacin Elmi Bouh qui a ouvert les travaux avec une communication consistante ayant entrainé des débats fructueux et instructifs.
Le ministre a d’emblée souligné que les activités de son ministère « sont nombreuses et couvrent un large éventail d’actions aux natures parfois contradictoires allant de la répression à l’assistance aux victimes ». Néanmoins, pour une plus grande cohérence de son discours, le responsable politique a subdivisé en trois parties les missions de son ministère. A savoir, « la promotion du pluralisme politique et des libertés publiques », « la protection de la société » et « l’assistance aux victimes et aux personnes vulnérables ».
Sur le premier point, le ministre a indiqué que « le pluralisme politique est un concept libéral » qui requiert la libre concurrence à l’accession au pouvoir. Et l’effort constant de la part des pouvoirs publics est d’éviter toute concentration de l’organisation des listes électorales entre les mains des organes de l’Etat. Ainsi évite t-on que tout ne relève pas de la seule compétence de l’Etat.
Le ministre a souligné qu’«il en résulte que ce pouvoir ne puisse s’acquérir que par la voie de la transparence électorale et que l’exercice soit confié aux organes inhérents à l’Etat qui doit le partager aussi avec des collectivités locales. » Dans cette optique, une remise à neuf du corps électoral a été entreprise. Et le listing électoral a été remis en phase avec les réalités du terrain.
En ce qui concerne, le chapitre de la Décentralisation, le ministre est revenu sur la période d’expérimentation qui a été aménagée par le Président de la République afin de permettre au peuple djiboutien de s’imprégner de cette nouvelle façon de s’administrer. Le ministre a poursuivi son allocution en énumérant les acquis et réalisations obtenus dans le cadre de la décentralisation.
A propos de la deuxième mission de son ministère, la protection de la société, il a souligné que ces « mission de la sécurité intérieure habituellement (sont) confiées à la Police Nationale et à la Gendarmerie Nationale mais comprend aussi au sens de la présente partie des activités plus large comme l’octroi de la nationalité et la sécurité routière. »
Après avoir présenté les performances enregistrées dans « la sécurité civile », « la sécurité routière » et sur le plan de la « nationalité ». Enfin en dernier lieu, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a exposé les préoccupations qui ont prévalu dans la mise en place du Secrétariat exécutif de la gestion des catastrophes. Ainsi que les prérogatives et missions de cet organisme. Et a affirmé que « désormais la gestion des catastrophes s’appuiera sur des procédures prévoyant des mesures de prévention, d’alerte, de préparation, de secours, de rétablissement.»
Le ministre a évoqué le rôle et les résultats réalisés par l’Office National d’Assistance aux Réfugiés et Sinistrés (Onars) dans le cadre de ses missions.
Enfin, le responsable politique a présenté les activités et les réalisations acquises dans le cadre de la Protection civile. Et cela, grâce aux investissements inlassables des forces de la Direction Nationale de la Protection Civile. Celle-ci a vu le jour en 2004. Dans les perspectives concernant cette institution, le ministre a fait cas de « la construction d’une caserne destinée aux sapeurs-pompiers » grâce à «une initiative du Président de la République, M. Ismail Omar Guelleh qui veut par ce geste participer aux renforcements des capacités de la Direction de la Protection Civile. »
Cette structure ayant pour finalité « d’augmenter les capacités opérationnelles de cette direction ». Et la prévision dans un futur proche de la mise en place de Centres de Secours dans les différentes régions.
A l’issue de cette large communication-présentation (des activités) d’un ministère imposant, s’en est suivie une discussion féconde. Les questions, interpellations, conseils, demandes d’éclaircissements ont porté sur des sujets aussi divers tels que :
- régularisation de la situation des agents d’entretien de l’espace public notamment pour qu’ils bénéficient de la protection sociale,
- la gestion de la problématique de l’émigration clandestine et son corollaire la délinquance et l’insécurité qui en résulte,
- la résorption du problème des ordures et déchets divers,
- le contrôle de l’agitation juvénile dans certains quartiers populaires,
- la répartition délictueuse et imparfaite de parcelles de terrain par certains responsables,
- la sécurité routière et une plus grande rigueur dans la délivrance des permis de conduire.
Sur l’ensemble de ces points, le ministre et ses collaborateurs ont apporté les réponses adéquates.
La Défense Nationale
Suivant son collègue de l’Intérieur et de la Décentralisation dans l’ordre de présentation des exposés, le Ministre De La Defense Nationale, M. Ougoureh Ahmed Kiflé s’est soumis à l’exercice de la communication orale.
«Dès mon entrée en fonction, le Chef de l’Etat m’avait assigné toutes les directives particulières qui se rapportaient à ma nouvelle fonction et sans plus tarder, j’avais procédé d’abord à un état de lieu complet du Ministère et de ses institutions» a déclaré d’emblée le ministre de la Défense Nationale. Il a poursuivi que les constats étaient globalement désastreux. Au delà , des manques de moyens, de motivation, il a relevé que les éléments des forces militaires « étaient éparpillés dans plusieurs positions surtout dans le deux districts du Nord et confrontés en permanence à une situation d’insécurité imposée par la dissidence de l’ex-rébellion qui se réclamait à l’époque de l’ancien Premier Ministre Feu Ahmed Dini ».
C’est avec l’aide et sous l’instigation du Chef de l’Etat qu’une stratégie et un plan d’action a été élaborée et mise en application. Ce « qui a pu nous permettre de dissiper par la suite et en quelques années toutes ces difficultés une à une ».
Présentant l’ensemble des institutions de Défense et de Sécurité rattaché directement à son ministère, le responsable politique a fait cas « des Forces Armées, de la Garde Républicaine, qui a remplacé l’ancien Escadron Présidentiel ainsi que de la Gendarmerie Nationale, le Organismes (…)-tels que- la Caisse Militaire de Retraite (CMR), l’Académie Militaire Interarmes d’Arta (AMIA) et l’Office National des Anciens Combattants (ONAC). »
Poursuivant son allocution, le ministre après avoir énuméré les grandes réalisations et les succès enregistrés, a donné les perspectives d’avenir avec comme points essentiels:
-La restructuration et réorganisation du Ministère
-La décentralisation du budget de fonctionnement au niveau des Corps, formations et services et la mise en place d’un système de contrôle et de suivi permanent (projet en instance),
-L’amélioration des infrastructures sanitaires au profit des personnels des institutions et de leurs familles, par la construction d’un Hôpital décent et des infirmeries au niveau des garnisons du centre et de l’intérieur,
-Le renforcement de l’effectif de la Garde Républicaine et de la Gendarmerie Nationale, avec la création pour cette dernière des nouvelles unités telles que le GIGN et les Gardes Côtes…etc.
-Un projet de réforme et de restructuration au niveau de la Caisse Militaire de Retraite (CMR) ainsi que la rénovation complète d’un vieux bâtiment qui l’abrite.
Les principales questions posées au ministre de la Défense Nationale ont porté sur la réforme de la Caisse Militaire de Retraites et l’amélioration de la prise en charge sanitaire des gens de l’uniforme et des retraités.
A l’exposé du ministre de la Défense Nationale a été suivi de la communication du ministre de la Justice, des Affaires pénitentiaires et chargé des Droits de l’Homme, M. Mohamed Barkad Abdillahi.
Justice
Dans son intervention devant les participants du séminaire de réflexion sur l’action gouvernementale, le Ministre de la Justice, Gardes des Sceaux Mohamed Barkat Abdillahi a indiqué Que d’importants efforts ont été entrepris ces dernières années pour améliorer le fonctionnement de la justice par l’augmentation notamment des moyens budgétaires, le recrutement soutenu de magistrats, greffiers et du personnel pénitentiaire.
Cet effort a concerné également la rénovation de nombreux bâtiments du département de la justice afin de les rendre plus fonctionnels.
Le Ministre a souligné que le gouvernement a élevé la Justice au rang des priorités au même titre que l’Education et la Santé
De multiples réformes issues des Etats généraux de la Justice tenus en novembre 2000 ont été menées pour améliorer le fonctionnement de l’institution et renforcer l’Etat de Droit.
A titre d’exemple, le Ministère de la Justice a été restructuré avec la création de nombreuses directions dont on a mieux défini les missions et rôle de chacune d’elles
Les indemnités des magistrats ont été revues à la hausse afin de renforcer leur indépendance et de favoriser leur prise de responsabilité tout au long de leur carrière.
Le Conseil Supérieur de la Magistrature a été réformé et n’est plus un « organe corporatiste » selon les termes employés par le ministre.
Il ne représente plus le seul corps judiciaire, formé de magistrats et d’avocats. Il a été élargi à « l’ensemble de la Nation », ce qui lui « assure un fonctionnement transparent et peut ainsi rendre une réelle et indépendante justice » a-t-il ajouté.
Le ministre a également cité l’adoption du Code de la Famille qui s’inscrit selon lui, dans le cadre de « la modernisation du droit en République de Djibouti ».
Le Code vise à unifier les droits en vigueur, il sauvegarde et défend la mère et l’enfant
Autre acquis pour le département de la Justice, la mise en place de la Chambre des Comptes et de Discipline budgétaire qui vise à promouvoir la transparence dans la gestion des deniers de l’Etat.
Cette Institution lutte contre les malversations financières et la corruption.
Le ministre s’est en outre réjoui de la création de la Commission nationale des droits de l’Homme et du Comité Interministériel chargé d’élaborer et présenter aux institutions onusiennes l’état d’avancement des Droits humains en République de Djibouti.
Pour le ministre de la Justice Mohamed Barkat Abdillahi , la tenue de ce séminaire reflète la volonté du Président de la République « d’instaurer un débat démocratique, largement participatif et interactif » avec la population dans toutes ses composantes.
Cette initiative « s’inscrit dans le processus de consolidation de la bonne gouvernance » a-t-il estimé.
De nombreuses questions ont été posées au ministre de la Justice notamment par les internautes.
Certaines ont porté sur la désignation d’office d’avocats pour les justiciables n’ayant pas de moyens de faire entendre leur cause. D’autres ont évoqué l’existence de harcèlement moral et psychologique à l’encontre des femmes travaillant dans l’administration et s’interrogent sur la solution à y apporter.
Médiateur de la République
Le Médiateur de la République Abdoulkader Doualeh WaÃs a tardivement pris la parole jeudi 7 Mai au sixième jour du séminaire de réflexion sur l’action gouvernementale présentant essentiellement la mission de l’Institution.
Le médiateur vise à régler de manière consensuelle les différents qui peuvent apparaître entre administrés et les différents organismes de l’Etat qu’il s’agisse de l’Administration centrale, des établissements publics ou de tout organe investi d’une mission de service public.
La médiature a été créée en 1999 avec l’arrivée au pouvoir du Président IsmaÃl Omar Guelleh, elle a pour mission de « promouvoir les droits des administrés ».
« C’est un lieu d’écoute, de contact, d’information et d’orientation » a déclaré M. Abdoulkader Doualeh WaÃs.
Ce dernier a annoncé que cinq bureaux de la Médiature seront ouverts dans les régions de l’intérieur à Obock, Tadjourah, Dikhil, Ali-Sabieh et Arta.
La Médiature qui célèbre également le dixième anniversaire de sa création constitue un « outil au service du renforcement de la Démocratie » a souligné M.Abdoulkader Doualeh.
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