"Les Chinois n’ont aucun problème à cohabiter avec les Occidentaux à Djibouti", déclare le chef de l’Etat dans une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique

Par IOH | 27 mars 2017
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"Les Chinois n’ont aucun problème à cohabiter avec les Occidentaux à Djibouti", déclare le chef de l’Etat dans une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique

Source: ADI

"Les Chinois n’ont aucun problème à cohabiter avec les Occidentaux à Djibouti". C’est en substance ce qu’a déclaré le chef de l’Etat, M. Ismaïl Omar Guelleh, dans une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique. A ce sujet, le président Guelleh a tenu à préciser que "la base chinoise en construction à Doraleh, qui jouxte le nouveau quai et la nouvelle zone franche, n’abritera pas plus de quatre cents hommes." La République de Djibouti, qui a accepté d’accueillir sur son sol des troupes issues de différents pays, ne peut contourner l’impératif de concilier les intérêts des uns et des autres. C’est pourquoi "il faut sans cesse rassurer, palabrer et démontrer aux uns et aux autres que leurs hantises n’ont pas lieu d’être." "Les Français sont ici depuis l’indépendance ; les Américains, eux, sont venus plus tard à cause de la présence d’Al-Qaïda en Somalie et au Yémen et parce que Djibouti a été le seul pays africain à accepter l’une de leurs bases sur son sol", a-t-il rappelé, avant d’ajouter que "les Japonais ont souhaité s’installer pour protéger leurs navires de la piraterie maritime qui sévit dans le golfe d’Aden [tandis que ] les Chinois, eux, veulent sécuriser à partir de ce hub stratégique de la « nouvelle route de la soie » leurs investissements massifs et leurs ressortissants dans toute la région, de l’Ouganda à l’Arabie saoudite en passant par l’Éthiopie." Pour le président Ismaïl Omar Guelleh, "les Chinois sont par ailleurs les seuls à investir chez nous dans tous les domaines : chemin de fer, ports, banques, parcs industriels, etc." "Les Français et les Européens sont largement aux abonnés absents. Quant aux Américains, qui ont manifesté leur intérêt pour le projet de pipeline Djibouti-Addis, leur objectif est de gagner beau - coup, vite et seuls : c’est compréhensible, mais plus compliqué que prévu pour eux. La réalité est que personne d’autre que les Chinois n’offre un partenariat à long terme à Djibouti ", a-t-il estimé. Sur la question de la dette, il a rejeté l’idée selon laquelle celle-ci entraînerait systématiquement une dépendance vis-à-vis de la Chine. "C’est le procès habituel que nous font nos partenaires occidentaux. D’abord, Djibouti n’est et ne sera la colonie de personne. Ensuite, aucun pays ne s’est développé sans s’endetter. Enfin, ce qui nous importe, c’est de ne pas alourdir notre dette publique, laquelle doit être remboursée par le Trésor. Ce dernier n’est impliqué que sur la dette arabe – Fades, fonds saoudiens et koweïtiens –, laquelle concerne la construction d’écoles, de routes et d’hôpitaux." "La dette chinoise a été contractée par des entités paraétatiques djiboutiennes qui la remboursent sans passer par le Trésor public, tout en payant leurs impôts et taxes à l’État", a indiqué le chef de l’Etat. "Quant au chemin de fer Djibouti-Addis, il sera géré, selon lui, pendant six ans par une société chinoise, laquelle remboursera elle-même l’emprunt contracté. " "J’ai lu quelque part que nous allions devoir consacrer 12 % de nos recettes l’an prochain à payer notre dette. C’est tout simplement faux", a-t-il martelé. Nous reviendrons sur les autres sujets évoqués dans cette interview qu’a accordée à Jeune Afrique le président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh.
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