"Nos deux pays apportent un précieux concours à la sauvegarde de la paix et de la sécurité dans la région", déclare le président Guelleh dans une interview accordée au magazine éthiopien « Capital »

Par IOH | 22 mars 2017
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"Nos deux pays apportent un précieux concours à la sauvegarde de la paix et de la sécurité dans la région", déclare le président Guelleh dans une interview accordée au magazine éthiopien « Capital »

Source: ADI

"Nos deux pays apportent un précieux concours à la sauvegarde de la paix et de la sécurité dans la région". C’est en substance ce qu’a déclaré le président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, dans une interview accordée au magazine éthiopien « Capital ». Il importe de rappeler que le chef de l’Etat a effectué du 15 au 17 mars dernier une visite officielle de travail à Addis-Abeba où il a été reçu notamment par le Premier ministre de la République fédérale et démocratique d’Ethiopie, M. Hailé Mariam Desalegn. L’ADI reproduit ci-après l’interview qu’a accordée le président Ismaïl Omar Guelleh au magazine éthiopien « Capital ». Capital : Monsieur le Président, votre pays connait une croissance économique de 6,5% cette année. Les projections font état de 7% pour l’année prochaine. Et d’une croissance à deux chiffres à l’horizon 2009. Quel le secret de cette croissance ? M. Ismaïl Omar Guelleh : Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’évolution positive de notre économie. Tout découle d’un changement d’état d’esprit que nous avons insufflé à la tête du pays. Nous avons tout d’abord souhaité rompre avec le statut de nation assistée qui, vivait autrefois du bon vouloir de la communauté internationale. Le travail de réflexion engagé a débouché sur la nécessité de fructifier notre position géographique de 1er plan. Nous avons dès lors voulu arrimer notre pays à sa vocation naturelle de hub maritime, logistique et commercial. C’est pourquoi nous avons tôt fait d’acquérir une série de Ports de haute technologie. Ces transformations ont immédiatement suscité l’attrait d’investisseurs étrangers. Ces derniers font d’ailleurs l’objet d’un afflux massif sur Djibouti depuis que nous avions adopté de nombreuses mesures incitatives dont, le guichet unique, la concession de locaux à leurs profits au sein de la zone franche de Djibouti… Capital : Au vu des grands projets en cours, votre pays risque de manquer de main d’œuvre qualifiée. Est-ce que vous avez pris des mesures pour palier à cet état de chose ? M. Ismaïl Omar Guelleh : Nous avons tôt été conscients que les transformations économiques de notre pays conduiraient à l’émergence de nombre de métiers et de qualifications indisponibles chez nous. Pour palier donc au décalage imminent entre le besoin du marché et les compétences disponibles, nous avons procédé à un recadrage professionnel de notre système éducatif. Une politique de réhabilitation des métiers techniques a aussitôt été entérinée. Le ministère de l’enseignement a en ce sens changé d’appellation. Il est devenu le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle. Cette situation nouvelle a disposé à l’émergence de nombre d’instituts de formation pratique dont, le centre de formation des femmes de Balbala. Mieux, nous avons instauré, en vue d’une plus grande synergie entre les entreprises privées et le système éducatif djiboutien, des partenariats. C’est ainsi que tout récemment la China Civil Engineering, CCECC, très engagée à Djibouti, et le Lycée Industriel et Commercial de Djibouti (LIC) ont signé ensemble une convention de partenariat prévoyant l’embauche de 1000 étudiants dès obtention de leurs diplômes à la fin de l’année scolaire en cours. Capital : Djibouti et l’Ethiopie sont dans une relation d’interdépendance commerciale qui s’accroit de plus en plus. Comment voyez-vous l’avenir de cette relation ? M. Ismaïl Omar Guelleh : L’interdépendance entre Djibouti et l’Ethiopie est telle que les deux nations acceptent aujourd’hui de partager ensemble ce qu’il ya de plus essentiel à la vie, en l’occurrence l’eau et la nourriture. Je rappelle que notre pays possède de périmètres agricoles en Ethiopie. Et que nos deux nations poursuivent ensemble les efforts communs en vue de desservir l’eau potable d’Ethiopie à Djibouti. Les partenariats entre nos deux pays ont désormais investi tous les secteurs d’activités, y compris les plus stratégiques tels que les énergies, la logistique, les transports, les télécommunications…Je me réjouis que nos deux nations fassent aujourd’hui office de modèle réussi d’intégration économique pour toute la sous-région. A mon avis, cet élan va se poursuivre et se renforcer davantage dans l’avenir. De toute façon, les pays d’Afrique n’ont pas le choix. Avec la mondialisation, ils doivent mutualiser leurs efforts pour relever les nouveaux défis. L’intégration des économies est l’étape qui doit conduire au marché unique. Capital : Djibouti et l’Ethiopie interviennent au plan régional dans le cadre de lutte contre le terrorisme. Comment évaluez-vous le rôle des deux pays, notamment en Somalie ? M. Ismaïl Omar Guelleh : Je suis fier du rôle stabilisateur de nos deux nations. Nos deux pays apportent un précieux concours à la sauvegarde de la paix et de la sécurité dans la région. Ils sont tous deux engagés militairement en Somalie, dans le cadre de la Force d’Interposition africaine dans ce pays (AMISOM). Ils sont également membres de l’ISAF, la force intégrée de la région d’Afrique de l’Est qui, a vocation à intervenir sur les théâtres de conflit au sein de cet espace. La prévention des conflits et la mutualisation des efforts en vue de marginaliser l’instabilité politique est un impératif au sujet duquel nos nations doivent afficher une solidarité exemplaire. Car sans stabilité préalable, il n’y a point d’intégration économique et de développement possible. Capital : Il existe de nombreuses bases militaires à Djibouti. Quel est l’apport de ces bases dans la stabilité régionale ? M. Ismaïl Omar Guelleh : Il est vrai que notre pays abrite de nombreuses bases militaires appartenant à des Puissances étrangères. Ces dernières ont fait le choix de s’installer chez nous pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour sa proximité avec des zones de grand dangers, notamment la Somalie et le Yémen, pour la Communauté internationale. Ensuite pour sa proximité avec l’une des routes maritimes les plus fréquentées par le trafic maritime mondial. La sécurisation du Bab El Mendeb et la nécessité de combattre en amont les nébuleuses terroristes sont donc à l’origine de l’installation de ces bases étrangères à Djibouti. Mais notre pays ne fait pas qu’offrir des bases à ces Puissances amies. Il participe pleinement à leurs côtés aux efforts de lutte intégrée contre le terrorisme et la piraterie maritime dans le Golfe d’Aden. Le résultat de nos collaborations est pour le moins positif. Il est à l’origine de la décrue constatée en matière de lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime dans notre région. Capital :Qu’attendez-vous de votre prochaine visite officielle en Ethiopie ? M. Ismaïl Omar Guelleh : Je forme le vœu que ma visite officielle en Ethiopie soit source de plus grand épanouissement et de renforcement dans les relations, déjà exemplaires et privilégiées, entre nos deux pays et nos deux peuples. Je forme également le vœu qu’elle serve d’une nouvelle dynamique pour les nombreux projets d’intégration économique entre nos deux nations.
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