Le ministre de l’Education annonce la construction prochaine d’un complexe universitaire moderne d’une capacité de 10 000 étudiants
Par MAAS
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04 mai 2009
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Source: ADI
Le nombre d'élèves inscrits pour la première fois en première année de l'enseignement primaire est passé en dix ans de 39 000 à 52 000, alors que ceux du collège sont passés pour la même période de 10 700 à 30 600. S’agissant des élèves de la Seconde à la Terminale, ils sont passés de 1 500 à 10 600 entre 1999 à 2008.
Concernant le nombre d’étudiants, le ministre a indiqué qu’il a là aussi connu un important accroissement : "On comptait au pôle universitaire, pour l’année universitaire 2001/2002, un effectif de 496 étudiants, cinq enseignants et un budget de 187 millions de nos francs", a-t-il précisé.
"L’Université de Djibouti a accueilli 2710 étudiants pour un budget estimé à un milliard 35 millions de nos francs avec 128 professeurs", a ajouté le ministre de l’Education nationale.
Le ministre a saisi cette opportunité pour annoncer également la construction dès la fin de cette année d’un complexe universitaire pouvant accueillir 10 000 étudiants et dont les travaux de construction s’achèveront en 2012. "Trois milliards de nos francs seront consentis pour sa réalisation", a-t-il indiqué.
Nous vous proposons de lire ci-dessous l’intervention intégrale du ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur :
"C’est avec un réel plaisir que je me prête à l’exercice initié par le Président de la République qui consiste à rendre compte devant le peuple que vous représentez et à enregistrer vos critiques constructives et vos suggestions. Elles nous serviront à mieux poursuivre nos efforts pour une meilleure valorisation de nos ressources humaines.
Suite à la tenue des Etats Généraux de l’Education en décembre 1999, sous le Patronage du Président de la République, le Gouvernement Djiboutien s’est engagé dans une politique ambitieuse tant sur le plan quantitatif que structurelle et institutionnelle, dont :
- L’instauration d’un enseignement de neuf années garanti pour chaque enfant djiboutien de 6-16 ans, la suppression du concours d’entrée en sixième et la création des collèges ruraux en dehors des chefs lieux ;
- L’ouverture de l’enseignement secondaire et la création de lycées dans tous les chefs lieux des régions du pays ;
- La création d’un enseignement supérieur djiboutien avec l’ouverture du Pôle universitaire de Djibouti transformé en 2006 en Université de Djibouti de plein exercice ;
- La réforme des contenus et des méthodes pédagogiques à tous les niveaux d’enseignement ;
- Le renforcement de l’Enseignement de l’Arabe et la mise en place d’un Baccalauréat en langue arabe.
Dix ans après les Etats généraux tous ceux qui ont suivi l’évolution de notre système éducatif devront reconnaître les résultats de cette nouvelle politique éducative caractérisés par une augmentation très significative des effectifs scolarisés à tous les niveaux d’études et par une mobilisation sans précédent de ressources publiques, tant d’origine nationale qu’extérieure.
Le document en votre possession présente les évolutions et les réalisations majeures de notre système éducatif. Je rappellerai seulement quelques unes au cours de cette intervention.
- Le pays comptait 19 000 élèves au primaire en 1999, ils sont plus de 52 000 cette année.
- Le collège comptait 11 000 élèves en 1999, ils sont plus de 30 000 cette année.
- L’enseignement secondaire est passé de 1 500 élèves à plus de 10 000 élèves aujourd’hui.
- L’enseignement supérieur à Djibouti a vu ses effectifs explorer de 400 étudiants en 1999 à plus de 2 700 aujourd’hui.
Cet effort colossal a nécessité la construction ou la réhabilitation de 587 salles de classe dans le primaire, de 293 dans le moyen général et technique et de 112 dans l’enseignement secondaire et technique.
Les travaux pour la construction d’un complexe universitaire moderne d’une capacité de 10 000 étudiants et d’un coût de plus de 3 milliards de FD, vont démarrer avant la fin de la présente année civile.
Cet effort a aussi nécessité le recrutement et la formation de plus en plus d’enseignants et de cadres pédagogiques.
L’effectif du corps enseignant a ainsi presque doublé de 1999 à 2008 en passant de 1 743 à plus de 3 300 aujourd’hui, et la catégorie d’instituteurs suppléants si souvent blâmés dans les années 90 est supprimée.
Cet effort a également nécessité l’élaboration et l’impression de nouveaux manuels scolaires, dans l’enseignement fondamental, mieux adaptés au contexte djiboutien dans le but de doter chaque élève d’un manuel scolaire de qualité dans chaque matière.
Enfin, pour réduire les disparités, le réseau d’établissements scolaires a été étendu à l’ensemble du pays pour le rapprocher des zones d’habitation et des services sociaux tels que des cantines et des dortoirs ont été fournies aux enfants les écoles rurales et à ceux qui sont obligés de poursuivre leurs études dans les chefs lieux des régions.
Cette politique d’éducation inclusive que nous menons en étroite collaboration avec les parents d’élèves a permis non seulement de résorber le déficit de scolarisation des filles, mais aussi celui de l’accueil des enfants des zones rurales les plus reculées.
Ces réalisations ont un coût :
- Plus de 20 Milliard de FD ont été investis avec l’aide de nos partenaires techniques et financiers sous forme de dons et de prêts à taux réduits au cours de deux plans d’Action de l’Education (2001-2005 et 2006-2008).
- Parallèlement, les dépenses courantes de fonctionnement du secteur éducatif sont passées de 4,5 Milliards en 1999 à 10,3 Milliards en 2008 portant la part du secteur de 14% des dépenses courantes de l’Etat en 1999 à 25,7% en 2008.
Au vu de ces chiffres, il ne fait aucun doute que des efforts budgétaires très substantiels ont été faits pour augmenter le financement public des services éducatifs à Djibouti au cours des dix dernières années.
Nous pouvons donc conclure à l’existence de progrès considérables, qui ont complètement transformé notre système éducatif aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif.
Ces progrès ont été réalisés grâce au soutien sans faille de M. Ismaïl Omar Guelleh qui a fait de l’Education en particulier et de la valorisation de nos ressources humaines en général, la première priorité de l’action gouvernementale tout au long de ces dix dernières années.
Malgré tous ces efforts, nous ne sommes pas encore à une scolarisation fondamentale pour tous mais cet objectif est à notre portée, il n’apparaît plus aussi chimérique qu’en 1999 et devrai être atteint d’ici à 2015 terme fixé pour les objectifs du Millénaire.
Ceci dit, cette situation, bien que très satisfaisante, n’est pas sans amener des interrogations pour l’avenir.
Trois domaines d’interrogations peuvent être légitimement ouverts :
- Le premier est lié au fait que la poursuite des dynamiques en cours devrait conduire à une augmentation très considération des effectifs dans la partie haute du système : au rythme actuel de la progression des effectifs de l’enseignement secondaire il faudrait accueillir plus de 20 000 élèves d’ici 2015 et donc doubler pratiquement le nombre actuel des lycées.
Comment rendre financièrement soutenable une telle a augmentation ?
Il en sera de même pour l’Enseignement Supérieur où l’augmentation des effectifs du lycée génèrera nécessairement une augmentation des bacheliers.
Mécaniquement, les effectifs des lycéens de terminale des lycées publics passeront de 2159 en 2008 à plus de 7300 en 2015 (si nous maintenons le taux de passage du collège au lycée à 70%).
En rajoutant les élèves venant de l’enseignement privé essentiellement de langue arabe, la pression sur l’Université de Djibouti sera donc multipliée par 4 d’ici 2015.
Le second aspect de ces interrogations concerne, justement, l’adéquation formation emploi : les cohortes de jeunes de plus en plus nombreuses qui sortent de notre système éducatif avec ou sans diplômes pourront-elles s’insérer dans le marché de l’emploi ?
Le troisième aspect des interrogations concerne la dimension de la qualité des services offerts. Ce sera notre première priorité dans le nouveau plan 2009-2012 que nous sommes entrain d’élaborer.
Nous espérons enfin que les contributions des participants à ce séminaire nous aiderons à apporter des suggestions intéressantes pour trouver des solutions satisfaisantes à ces interrogations".
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