Intégralité du discours du Premier ministre relatif à la politique générale du gouvernement pour l’année 2017
Par NF
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02 mars 2017
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Source: ADI
Le Premier ministre djiboutien, M. Abdoulkader Kamil Mohamed, a prononcé hier, au cours de la première session parlementaire ordinaire, le traditionnel discours de politique générale du gouvernement pour l’année 2017.
M. Abdoulkader Kamil Mohamed a évoqué à cette occasion les réformes entreprises pour améliorer la gouvernance, renforcer le système judiciaire et concrétiser la décentralisation.
Il a également mis l’accent sur les enjeux liés au vaste programme "Djibouti 2035" dont l’élaboration découle d’une vision à long terme et dont la réalisation implique des progrès considérables dans de nombreux domaines dont l’éducation, l’accès à l’eau, l’énergie, le logement, les infrastructures, la lutte contre le chômage, pour ne citer que ceux-là.
M. Abdoulkader Kamil Mohamed a en outre souligné la nécessité d’améliorer encore davantage le climat des affaires pour soutenir la croissance économique et atteindre les résultats escomptés dans le cadre de la mise en œuvre des stratégies visant à combattre la précarité et l’exclusion.
L’ADI vous propose de lire ci-après l’intégralité du discours du Premier ministre relatif à la politique générale du gouvernement pour l’année 2017 :
Monsieur le président de l'Assemblée Nationale,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les députés,
Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales,
Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,
Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie de votre accueil et je suis très heureux de vous rencontre à nouveau pour ce rendez-vous annuel de présentation de la politique gouvernementale.
Depuis l’année dernière, des événements importants ont marqué la vie politique nationale. Le plus marquant a été celui de l’élection du président de la république avec l’éclatant succès reconnu de tous.
Au cours de la campagne électorale qui l’a précédée, on a pu constater l’adhésion de la population et les liens étroits qu’elle avait avec le président Ismail Omar Guelleh.
Ces derniers jours, a eu lieu l’élection des conseillers communaux et régionaux. Elle permettra de rapprocher les Djiboutiens de la gestion administrative de leurs régions et de la capitale.
Elle constitue donc aussi une étape importante dans la vie politique des Djiboutiens. Cette élection a encore confirmé la maturité politique de la population.
On a vu aussi, comme dans les vieux pays démocratiques, des hommes et des femmes politiques quittaient leur parti, pour s’engager dans la vie politique d’une autre manière, qu’ils estimaient plus constructive. Toutes les consultations du peuple sont importantes et tous les enseignements doivent en être tirés.
Enfin, l’année prochaine, les électeurs seront à nouveau appelés à déposer leurs bulletins de votre pour renouveler cette noble Assemblée. Nous aurons l’occasion d’en parler.
En me basant sur cet agenda, j’ai souhaité cadré la présentation de la politique gouvernementale sur le peuple Djiboutien. En effet, il se trouve au cœur de la politique gouvernementale. Et il sera ainsi au centre de nos débats.
Tous les objectifs gouvernementaux peuvent être répartis en deux grandes catégories : ceux destinés au moyen et long terme d’une part et ceux du court terme d’autre part, bien que très souvent certaines sont fortement imbriqués les uns avec les autres.
Le chef du gouvernement a toujours œuvré pour une vision à long terme du pays. Aujourd’hui on parle de l’horizon 2035 dans les instances internationales. Mais bien avant, il avait un projet pour la nation djiboutienne. Celui de faire de Djibouti une grande zone économique et financière pour toute la région. Celui de faire de Djibouti un lieu, ou tous les investisseurs de tous les pays, sans aucune restriction partisane, pourraient y venir, et ou les opérateurs nationaux et étrangers créeraient des emplois pour tous les Djiboutiens et Djiboutiennes.
Au début de la présentation de son projet d’avenir pour Djibouti, nombreux étaient les incrédules. Djibouti, pour eux resterait un petit port dans la région, dépendant de l’aide économique extérieure.
Mais par sa volonté, par sa conviction et par la confiance, qu’il inspirait dans sa façon de diriger les pays, en y associant tous les acteurs économiques et tous les Djiboutiens qui voulaient le développer, tout le monde a pu finalement voir son projet commencer à se réaliser.
Au vu de ce qui déjà fait, il est facile d’imaginer maintenant ce que sera l’évolution de Djibouti. Un pays qui ne sera plus en voie de développement mais qui entrera dans la catégorie des petits pays émergents. C’était le rêve caché des Djiboutiens. Cela va devenir leur réalité.
Pour mettre en œuvre cette vision à long terme, il a fallu d’abord créer un nouveau port en eau profonde à Doraleh. Aujourd’hui, il faut y faire une grande extension portuaire. Elle est en cours pour répondre à la demande croissante de notre arrière pays, constitué de tous les membres de la COMESA et de la Ligue Arabe.
Il a fallu aussi créer une nouvelle zone franche sur la route de Venise, et aujourd’hui en créer une autre, beaucoup plus grande, à Doraleh, à proximité des ports à conteneurs, vraquier et pétrolier.
Ce renforcement de l’activité portuaire ne s’est pas arrêté à Doraleh. Dans la région de la Douda, un nouveau port permettra l’exportation du bétail et valorisera la filière animale.
Il ne s’est pas arrêté non plus à Djibouti et ses environs. Le port de Tadjourah est pratiquement achevé et deviendra à son tour un port international, avec comme arrière pays la zone des phosphates de Mekele.
Au fond du Goubet, un port minéralier permettra la mise en valeur des ressources minérales de la région du Lac Assal.
Mesdames et Messieurs,
Je vous laisse conjecturer ce que sera le développement économique de tout le nord du pays, eu égard à ce qui a déjà été fait à Djibouti.
Enfin pour relier la nouvelle zone portuaire de Doraleh à son proche hinterland, il fallait renouveler la voie de chemin de fer du corridor sud vers Addis-Abeba. Projet colossal, que les organismes de développement internationaux discutaient d’années en années, d’études en études, et que la coopération chinoise a permis de réaliser en peu de temps.
Il entrera en exploitation dès à présent. La population de Djibouti augmente et le développement du pays ne peut pas attendre. Il doit s’accélérer pour pouvoir fournir des emplois à la jeunesse.
Ce projet ferroviaire a défini une nouvelle gare de voyageurs à Nagad, libérant de ce fait, des espaces au centre-ville pour la rénovation et la modernisation de la capitale, comme seront libérées dans les années futures la petite zone portuaire et la zone franche attenante.
Là encore, il est possible d’imaginer la transformation urbaine de la capitale, ou apparaissent déjà des immeubles élevés. Plusieurs autres tours sont déjà prévues sur financement du secteur privé.
Donc la nouvelle voie ferrée qui se prolongera jusqu'à Doraleh reliera cette année toutes les plates formes portuaires, facilitant ainsi que les échanges entre les nouveaux ports et l’Ethiopie.
D’autre part, pour pouvoir répondre à cette croissance de la population, le gouvernement a du également prévoir pour le moyen et le long terme, un approvisionnement en eau potable. La nappe d’alimentation côtière s’épuise en effet peu à peu, et ne peut plus faire face aux besoins croissants de cette ressource. Un projet de dessalement de l’eau de mer, financé par un don européen, devrait enfin être réalisé prochainement.
Mais les besoins eu eau potable seront très importants à l’avenir. Il fallait donc envisager une autre source d’approvisionnement. Le gouvernement, en collaboration avec ceux d’Ethiopie et de la Chine, a fait réaliser une grande conduite d’alimentation en eau potable entre les nappes phréatique éthiopiennes et Djibouti.
Nous savions que les conduites de distribution de l’eau à Djibouti étaient vétustes et souvent endommagées. Le gouvernement a donc fait également réalisé par l’ONEAD le renouvellement des conduites urbaines, pour éviter les pertes dans les réseaux de cette ressource précieuse pour notre pays.
Dans ce domaine essentiel pour la population, l’avenir est également assuré.
Ce qui est fait pour l’eau est également réalisé pour l’électricité. Ainsi la connexion entre le réseau éthiopien et le réseau djiboutien n’est pas la seule manière retenue par le gouvernement, pour répondre aux besoins futurs en électricité.
Le gouvernement avec l’EDD étudie et envisage de nouvelles sources d’approvisionnement plus économique que le thermique. Il s’agit maintenant d’exploiter les énergies renouvelables a partir des ressources nationales, le soleil, le vent ou les marées.
Des projets ont déjà été réalisés dans l’extérieur du pays comme l’électrification à As Eyla avec le solaire. D’autres sont étudiés en vue de leur réalisation dans les plaines ventilées comme celles de la région du Lac Assal et du Ghoubet.
En plus, dans ce secteur, l’exploitation géothermique va ces jours-ci débuter, ce qui devrait permettre d’assurer l’autosuffisance nationale avec de l’énergie renouvelable propre. Un premier atelier de forage à déjà été acquis à cet effet, et a permis de réaliser un premier forage d’enthalpie, pour déterminer l’énergie interne et la pression. Le second est en cours d’acquisition. On a donc commencé la phase initiale de production. Une forte réduction du coût de l’énergie pour la population comme pour les investisseurs sera alors envisageable.
Parallèlement, la connexion électrique du réseau actuel avec les villes de Tadjourah et d’Obock est en cours de réalisation. La modernisation de nos infrastructures économique touchera ainsi toutes les régions.
Pour le réseau routier, cette stratégie est également appliquée. Les axes entre Djibouti et Galafi, et entre Djibouti et Dire-Dawa seront entièrement renforcés et élargis pour améliorer le trafic actuel, faire face au trafic futur et accroître la sécurité. Une route côtière bitumée entre Obock et Ras Syan sera construite et permettra de desservir un nouveau projet touristique, qui sera financé par le secteur privé.
Enfin la route entre le port de Tadjourah et Balho, qui se poursuivra en Ethiopie jusqu’à Mekele sera terminée dès l’année prochaine. Elle procédera la construction du corridor nord ferré, entre Tadjourah et cette région minière éthiopienne, en passant par la région de Dikhil.
Ces lourds investissements économiques sont destinés à servir de base économique au développement du pays pour les investisseurs pendant de très nombreuses années.
Aussi, Mesdames et Messieurs,
De manière concomitante, il fallait préparer le capital humain à s’intégrer dans ce développement rapide. L’éducation et la formation professionnelle ont été placées au centre des priorités nationales depuis longtemps dans ce but. De nombreux investissement ont été exécutés dans l’enseignement primaire, secondaire, technique et supérieur dans tout le pays. L’école pour tous et pour toutes est le premier objectif gouvernemental. Il est un des facteurs qui renforce l’unité et la cohésion sociale.
Il s’agit d’aujourd’hui d’améliorer la qualité de cet enseignement et de cette formation professionnelle pour que les Djiboutiens puissent être compétitifs sur le plan international. C’est aujourd’hui engagé. Après la réalisation d’écoles, de collèges et de lycées, à Djibouti, Balbala et dans toutes régions, une université moderne ouvre ses portes et une école d’ingénieurs est en cours de construction. Ce pole universitaire permettra d’introduire de nouvelles filières. Il améliorera les conditions d’études et la qualité de la formation supérieure pour tous les étudiants.
Pour valoriser ce capital humain, et toujours dans cette vision à moyen terme, il fallait aussi améliorer la santé des hommes et des femmes. Construire de grands hôpitaux à Djibouti et dans les grands centres régionaux est aussi devenu une priorité. Relever et moderniser le niveau des soins et des services d’urgence et de premier secours est l’approche actuelle du Ministère de la Santé.
Dans la même perspective, un hôpital pour les salariés sera prochainement réalisé par la CNSS en collaboration avec ce Ministère. Ce secteur sera au niveau requis par le développement international du pays.
Mesdames et Messieurs,
Pour conforter la stabilité sociale, le mieux vivre de la population doit aussi accompagner ce fort développement économique. Il faut offrir des logements décents pour les travailleurs actuels et futurs. C’est l’objectif de la fondation IOG. Elle servira de catalyseur et d’effet multiplicateur dans ce domaine. De nombreux programmes de construction de milliers de logements de moyen standing ou sociaux sont lancés.
La viabilisation de terrains urbains à Djibouti-ville et à Tadjourah va permettre aussi de répondre aux attentes des investisseurs nationaux et internationaux, qui y opéreront dans les nouvelles activités économiques du pays. Cette offre de terrains viabilisés et la construction de programmes immobiliers par les secteurs à la fois privé et public, doivent également permettre de limiter les spéculations foncières. Celles-ci sont un frein pour le développement, lorsque la hausse des loyers pénalise trop les ménages.
Mesdames et Messieurs,
Vous comprenez que dans cette vision du développement à moyen et long terme, il était aussi impératif que le gouvernement œuvre rapidement pour moderniser l’Administration et le secteur public.
L’amélioration du climat des affaires est devenue une nouvelle priorité gouvernementale. La réflexion, qui est en cours sur la réforme fiscale, fait partie de cette volonté. La mise en œuvre d’une gestion budgétaire plus transparente également. Le suivi de la trésorerie de l’Etat offrira la garantie d’une gestion budgétaire saine, ou les équilibres financiers doivent être respectés pour ne pas compromettre l’avenir.
L’amélioration de notre système judiciaire également va être engagée, pour que la justice soit rendue plus rapidement et avec la plus grande transparence. Cela va être le cas également pour les auteurs de crimes contre la nation Djiboutienne, contre qui les actions en cours seront poursuivies de façon conforme à la loi, même si de très nombreux Djiboutiens ont souffert dans leurs chair de ces actions criminelle.
Ces poursuites pénales seront comparable à celles, par exemple, engagées en Belgique contre des Djiboutiens qui s’entretuent, pour obtenir la suprématie à l’intérieur d’un mouvement d’opposition. Le gouvernement suivra cette affaire de près pour pouvoir y apporter les réponses adéquates.
Dans le domaine de l’immatriculation des nouvelles sociétés, la mise en œuvre du guichet unique sera un outil important au service des entreprises. Elle simplifiera la création d’entreprises et donc favorisera celle d’emplois.
La décentralisation et la déconcentration seront renforcées. Et la reforme de l’Administration sera accélérée. La forte croissance qui est projetée nécessite une administration forte, efficace et transparente. Nos administrateurs sont des femmes et des hommes de qualité. Il fallait que les procédures et les règles administratives leur permettent plus d’efficacité.
Mesdames et Messieurs,
La politique extérieure est également un facteur de confiance important pour le développement à long terme. Les bonnes relations que nous entretenons avec tous les pays seront consolidées, indépendamment de toute considération géopolitique. Notre principe est de respecter les peuples et les choix politiques qu’ils font. Le gouvernement veut soutenir la paix et la coopération, dans tous les domaines, avec les Etats qui le souhaitent.
Nous voulons que la paix puisse s’établir dans toutes les parties du monde. La guerre ne favorise pas le développement économique des peuples qui la subissent, mais accroit leurs misères et leurs souffrances. Elle suscite les problèmes migratoires qui engendrent à leur tour l’instabilité et le terrorisme.
Ces souhaits de pais est valable en toute première priorité aussi bien pour notre région que pour le Moyen-Orient. C’est dans ces cas que notre diplomatie est la plus active, même si nous soutenons tous les efforts de paix dans le monde.
De même, la sécurité nationale et la lutte contre toutes formes de terrorisme font également partie de la politique gouvernementale. C’est un travail intense et quotidien. L’attention de tous les services et de toutes les forces de sécurité ne se relâche pas. Les efforts dans ce domaine sont permanents et coordonnés à très haut niveau. Il en va de la consolidation de notre stabilité actuelle et future, facteur primordial pour les investisseurs étrangers.
Notre armée, qui est présente en Somalie pour participer au rétablissement de la paix, contribue activement à combattre les terroristes qui continuent à s’infiltrer à partir de l’Erythrée. Mais je pense que, comme cela se fait dans de nombreux endroits en Afrique ou au Moyen-Orient, il faut éradiquer les terroristes dans les pays où ils s’organisent.
Mesdames et Messieurs,
Le partenariat "public-privé" est également un outil que le gouvernement veut utiliser pour le développement à long terme. S’il est convenu que les nouveaux emplois seront fournis à l’avenir presqu’exclusivement par le secteur privé, il faut aussi admettre que le secteur privé doit s’impliquer d’avantage dans la mise en œuvre de nouvelles mesures pour favoriser le développement.
Le partenariat entre la Poste de Djibouti et une société privée pour le système d’adressage, ou encore entre l’Etat et des grands promoteurs chinois dans le domaine des transports ou de l’extension urbaine en sont des exemples.
L’insertion des jeunes diplômés dans le monde du travail par l’intermédiaire de stages d’entreprises en est un autre. Il faut de cette manière rapprocher le monde du travail du potentiel humain représenté par les jeunes diplômés, afin que les uns et les autres puissent être plus efficaces et plus productifs. C’est l’intérêt de toutes les parties.
Mesdames et Messieurs,
Cette politique gouvernementale a pour objectif de donner à notre pays toutes les meilleures conditions pour que nos jeunes enfants puissent vivre encore mieux que nous ne le faisons aujourd’hui. Cette politique va permettre aux générations futures de récolter, encore plus que nous, le fruit des investissements et des efforts qui ont été faits.
Nous devons construire et lutter pour obtenir notre indépendance économique. C’est cela le projet d’avenir du gouvernement.
Déjà se profile à l’horizon cette perspective d’un nouveau Djibouti, avec la création d’une grande zone financière, commerciale et maintenant industrielle à Djibouti, avec comme premier débouché toute l’Afrique de l’Est. Nos atouts, économie libérale, stabilité de la monnaie, stabilité politique et sociale seront alors valorisés par tous les investissements que nous avons engagés.
Mais nous devons maintenant préparer la jeunesse Djiboutienne à répondre à la nouvelle demande d’emplois qui se profile à l’horizon. La qualification, qui sera exigée par ce nouveau développement, exige que soit recensées les nouvelles offres potentielles d’emplois, qui vont apparaître dans ces futures zones franches. L’ANEFIP en coordination avec tous les départements ministériels s’y emploie déjà.
Mais à coté de tut cela, mesdames et Messieurs les députés, le gouvernement a aussi en charge la nécessité de régler les préoccupations ressenties par le peuple dans sa vie de tous les jours.
C’est ce que j’annonçais au début de mon discours comme faisant partie des objectifs a court terme du gouvernement. Le chef du gouvernement a un contrat moral avec le peuple Djiboutien. Nous avons constaté que tous ses engagements pour créer les conditions d’un avenir stable et meilleur sont respectés.
Il en est de même de ses promesses pour améliorer dès à présent la qualité de la vie du peuple djiboutien dans sa totalité. Les membres du gouvernement ont, plus particulièrement, sur cet objectif précis, une obligation de réussite.
Ainsi plusieurs objectifs ont d’ores et déjà été définis. Premièrement, à l’attention des plus pauvres, des plus défavorisés et des plus fragiles.
Sur le plan de l’éducation, le gouvernement œuvre pour que tous les petits enfants, filles ou garçons, soient scolarisés. Pour les familles qui vivent dans les endroits les plus reculés, des salles de classe sont construites. Mais cela n’est parfois pas suffisant, car les familles sont trop pauvres et ne pensent pas à amener leurs enfants à l’école. Alors le gouvernement a prévu un programme d’aide financière aux familles avec en contrepartie l’inscription scolaire des jeunes enfants.
Il en est de même pour la santé, où après la création de centres de santé en brousse, le suivi des bébés et les programmes de vaccination sont, dans certains cas de détresse familiale, également liés à une aide matérielle. Le Président de la République ne veut qu’aucun Djiboutien ne soit abandonné à son sort.
Pour l’emploi, et pour ceux qui, dans l’arrière pays, ne peuvent pas bénéficier de travail crée par la croissance économique, faute de formation ou d’éducation, le gouvernement a mis en place un programme de microcrédits. Ceci doit leur permettre de pouvoir travailler dans le secteur de l’élevage, de la pêche, de l’agriculture, du petit commerce ou de l’artisanat.
Des barrages et des forages sont également faits pour améliorer les productions des petits éleveurs ou agriculteurs. Les aménagements de bassins versants dans les régions de Dikhil, d’Obock et de l’oued Ambouli contribuent à cet objectif d’appui aux éleveurs nomades.
Tous ces projets sont mis en œuvre par les Ministères de la Solidarité, de la Femme, de la Santé, de l’Education nationale, de l’Agriculture qui sont sur le terrain auprès des conseils de régions et des préfets.
L’éducation des mères n’est pas négligée , car c’est par elle que passe la mise en œuvre de toutes les reformes de société : inscription scolaire des enfants non scolarisés, suivi de la santé des bébés, égalité entre les filles et les garçons, arrêt des mutilations génitales, gestion des crédits de la micro-finance, développement des petits commerces, code de la famille, elles sont au cœur de toutes ces actions. L’égalité entre les hommes et les femmes renforce la capacité d’un pays à faire face à une régression sociale, qui serait définitivement préjudiciable au développement. Le Ministère de la Femme et l’UNFD sont des moyens très forts pour faire avancer cette égalité dans le but de conforter notre société.
Pour les handicapés, des mesures d’accompagnement scolaire spécifiques ou des aménagements urbains sont faits pour faciliter leur déplacement et leur insertion dans la société.
Par ailleurs, comme chaque année, la fondation Diwan Azzakat, organisme d’Etat charitable, soutient près de 10 000 personnes touchées par une grande pauvreté. L’UNFD intervient également pour améliorer le sort de nombreuses catégories de personnes défavorisées, aussi bien à Balbala qu’à l’intérieur du pays.
Tout ce qui est donné à ces personnes vulnérables, quelle qu’en soit la valeur, est immense pour chacune de ces petites familles sans ressources. De ce fait, elles se sentent aussi intégrer à l’évolution du pays. Cette aide financière, sous forme de dons, de l’Etat ou de la communauté nationale, sert à renforcer la cohésion de la Nation Djiboutienne.
Après les actions en faveur des plus pauvres, le gouvernement a défini un deuxième objectif destiné à tous les citoyens.
Le gouvernement s’engage immédiatement pour que la vie quotidienne de tous soit améliorée. Un des premiers axes retenus pour cela est l’amélioration de la relation de chaque citoyen avec les services publics, ce que nous avons dénommé "relation entre administrés et administration".
Toutes les administrations et les entreprises du secteur public sont chargées d’établir et de mettre en œuvre une charte du citoyen. En collaboration avec le Ministère de la reforme de l’Administration, tous les départements ministériels soutiennent ce projet sous ma coordination.
Le travail n’est achevé partout, mais la volonté existe et ce projet sera mené à bien. Il servira de catalyseur à la reforme globale de l’administration et à la valorisation des taches administratives. Des effets se font déjà sentir, comme par exemple, dans les services de passeports et des visas de la police nationale, où une nette amélioration a été constatée. L’application des nouveaux horaires va dans ce sens également. Comme pour toutes les mesures de reforme administrative, un suivi et une évaluation en fin d’année seront faits.
Un autre axe décidé par le gouvernement concerne l’amélioration du système des transports urbains et interurbains. Un diagnostic a déjà été fait permettant de définir tous les éléments qui favoriseront cette amélioration. L’objectif est de réduire les dépenses, les temps de transport et la fatigue des usagers, car la ville s’étend énormément. Des circuits de bus et des horaires de passage sont étudiés avec le secteur privé.
Des aménagements de places et de certaines rues vont être réalisés pour fluidifier la circulation. Le gouvernement a choisi de faire réaliser ces travaux en pavés. Ceci permet à la fois la lutte contre le chômage par l’utilisation d’une haute intensité de main d’œuvre, et la valorisation des productions nationales, avec la taille de la pierre. Des personnes peu qualifiées ont pu ainsi obtenir des emplois.
Quelques désagréments dans la circulation sont certes causés par ces travaux et le renouvellement a non seulement pour objectif de disposer d’un réseau d’alimentation pour des dizaines d’années, mais également pour supprimer les pertes, donc à terme de réduire les couts pour les consommateurs. Mais une fois ces travaux réalisés, la voirie urbaine sera restaurée et la circulation fluidifiée.
Le troisième axe retenu par le gouvernement a pour but d’obtenir que toute la population soit mieux logée. Le droit à un logement décent fait partie de l’engagement présidentiel. Cet engagement concerne aussi bien le programme gouvernemental à long terme que celui à court terme.
Nous avons vu que des lotissements nouveaux et des logements par milliers seront construits pour la couche de la population qui dispose de moyens et petits revenus. Pour eux, des programmes d’acquisition spécifiques de logement sur un financement à long terme, sont même prévus. C’est le cas aujourd’hui pour les enseignants.
Demain d’autres catégories en bénéficieront. Des milliers de logements seront également construits pour les populations à faible revenu. Tout ceci est visible le long des axes routiers qui desservent Doraleh, le PK12, Balbala.
Mais pour satisfaire les couches les plus pauvres de la population et leur permettre aussi de se loger décemment, le gouvernement a prévu d’autres programmes, ceux de l’auto-construction. Des lotissements sont créés à cet effet pour mettre à la disposition de ces couches sociales défavorisées des parcelles de terrains viabilisées, où elles pourront construire elles mêmes leurs habitations. Certains programmes incluent même les fournitures de matériaux. Le Fonds de l’habitat est chargé de la mise en œuvre de ceux-ci. On constate que la commune de Balbala est ses extensions se transforment aussi rapidement que le centre-ville.
En outre, pour tous ces programmes de lotissements et d’extension de communes, il est demandé au Ministère de l’Urbanisme et du Logement de réserver des terrains pour les bâtiments administratifs, afin de déconcentrer les services centraux. Rapprocher l’administration des administrés se fait sur le plan institutionnel bien sûr, mais également sur le plan matériel par la déconcentration des administrations. Comme dans les régions de l’intérieur, des services administratifs de proximité seront créés à la périphérie de Djibouti.
La décentralisation sera aussi renforcée. Pour cela, les équipements des services régionaux seront accélérés. Déjà sont en cours de construction des bâtiments administratifs dans toutes les régions et des installations de services publics, comme ceux de lutte contre les incendies. Les installations pour la jeunesse et les sports se poursuivent également dans tous les chefs lieux de région.
La sécurité bien évidemment est très également importante pour les personnes fragiles, défavorisées, les femmes seules, les enfants et les handicapés. Toutes ces familles pauvres qui ne peuvent pas assurer leur protection par leurs propres moyens. Les services de police et de la gendarmerie interviennent dans ce but dans tous les quartiers et tous les centres de l’intérieur. Toute la population doit pouvoir vivre en paix, où qu’elle se trouve, et quels que soient s’s revenus. Ceci contribue aussi à rapprocher les forces de sécurité de la population.
Mesdames et Messieurs les députés,
Vous pouvez constater que le gouvernement, de façon solidaire et coordonnée, conforte les acquis passés, gère les problèmes actuels de la population, et prépare un avenir meilleur pour les générations futures.
Le gouvernement dans son entier viendra vous rendre compte des détails de ce programme et des compléments qui vous seraient nécessaires. Je serai moi-même parmi eux. Mon engagement est sans aucune réserve.
Vous disposez alors de tous les chiffres disponibles, par exemple, sur le nombre exact de logements, et de lotissements, sur leur emplacement, et les couches de la population visées. Vous aurez toutes les informations sur le nombre de classes d’écoles en brousse et dans les communes de Djibouti. Vous obtiendrez tous les renseignements sur les activités détaillées de chaque département ministériel. Tout ce que j’ai volontairement exclu de mon discours, pour qu’on perçoive facilement la cohérence avec laquelle le Président de la République construit un pays moderne, pacifique, juste et prospère.
Dans un de mes précédents discours, j’ai dit que la politique du Président de la République pouvait se résumer ainsi : d’une part, mettre en œuvre sa vision à long terme qui transformera le pays, et répondre, à très court terme et de façon pratique, aux problèmes, aux inquiétudes et aux attentes que chaque Djiboutienne et chaque Djiboutien peuvent attendre rencontrer dans leur vie quotidienne. Je vous ai montré aujourd’hui comment le gouvernement exécute les directives présidentielles à cette double fin.
Mesdames et Messieurs les députés,
Nous avons vu que la population adhère totalement au programme du Président de la République. Ceci est incontestable et reconnu par tous. Mais c’est avec votre soutien que les objectifs en seront atteints plus rapidement. Il est nécessaire pour y parvenir que l’Union pour la Majorité Présidentielle témoigne d’une volonté de rassemblement et d’une unité encore plus forte. Les ambitions personnelles, quoique légitimes, doivent s’effacer devant les enjeux définis par le Président de la République.
Consolidez et soutenez la réussite de son programme. Continuez à travailler pour le peuple. Soyez les meilleurs sur le terrain pour expliquer et convaincre les électeurs. Agissez différemment de ceux qui, pour parvenir au pouvoir, n’envisagent que la violence, l’incitation à la haine et les insultes. Toutes les attaques personnelles sont secondaires eu égard à la tâche que nous remplissons pour construire l’avenir. J’en suis victime tout autant que chacun de vous, mais je resterai impassible pour ne me consacrer qu’à l’exécution de la tâche qui m’a été confiée.
Renforçons notre solidarité, mais bien sûr acceptons tous eux qui veulent rejoindre le soutien au soutien au Président de la République. Comme dans le domaine économique, la concurrence est bénéfique à toute la communauté nationale. Pas de situation de monopole, pas d’exclusion. Les jeunes et les femmes apportent des éléments de renouveau qui complètent l’expérience et la sagesse.
C’est comme cela que notre pays a été transformé. C’est comme cela que nous réussirons à fournir du travail à notre jeunesse, même si la marche est encore longue pour vaincre le chômage. Je ne veux tromper personne, comme le font ceux qui annoncent de fausses promesses, lancent des paroles en l’air sans programme chiffré.
Mais moi je peux vous assurer que l’avenir de notre économie est aujourd’hui encore plus prometteur qu’hier. Je me base pour cela sur le simple fait que tout le monde peut en avoir la preuve, en constatant les réalisations déjà achevées ou en cours. Même si le Djibouti d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui du début des années 2000, nous devons tous redoubler d’efforts et continuer à contribuer à la réussite de notre développement.
Votre rôle d’information, d’écoute et d’explication auprès de la population, que vous avez su démontrer au cours de la campagne présidentielle, doit être permanent et non pas ponctuel, lors des campagnes électorales. Le peuple a besoin de communiquer et de sentir qu’il est entendu tous les jours. C’est notre devoir d’y répondre. Allons-y tout de suite.
Je sais que nous pouvons gagner ce grand combat pour protéger de façon durable la Nation. Vous en êtes capables. Engageons-nous sans réserve pour la république de Djibouti.
Je vous remercie de votre attention.
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