Le Syndicat du personnel de la presse et de l’audiovisuel (SPAD) forme ses jeunes journalistes au processus électoral
Par KI
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10 février 2017
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Source: ADI
Couvrir avec équité, objectivité et rigueur professionnelle les processus électoraux et promouvoir la démocratie font partie des missions du journaliste.
A plus forte raison, le Syndicat du personnel de la presse et de l’audiovisuel (SPAD) est déterminé à accompagner ses jeunes journalistes en leur offrant les outils et les connaissances nécessaires pour s’acquitter convenablement de leurs tâches.
C’est dans ce cadre que s’inscrit l’atelier de formation que vient d’organiser le SPAD à l’hôtel Rayane à Djibouti, portant sur la décentralisation et les élections locales.
"Le mode de scrutin, attributions et fonctionnement des collectivités territoriales", c’est l’intitulé de la formation animée par Abodoulkader Hassan Mouhoumed, docteur en droit public et avocat au barreau de Djibouti spécialisé dans le processus de décentralisation à Djibouti.
Le président du SPAD, M. Kenedid Ibrahim Houssein, qui a ouvert les travaux de l’atelier de formation, a d’abord mis l’accent sur l’intérêt de sensibiliser et battre le rappel sur une couverture médiatique juste, équitable et rigoureuse du processus électoral.
A ce titre, a-t-il ajouté, "le SPAD s’est fixé comme objectif de former et d’apporter les compétences nécessaires à leur métier aux jeunes journalistes qui lui sont affiliés. Car, la formation de base est largement lacunaire et constitue de fait un sérieux handicap. C’est pourquoi, le SPAD travaille toujours à combler ce déficit majeur en complétant la formation continue de ses journalistes".
Le président du SPAD, M. Kenedid Ibrahim Houssein, a également annoncé que de telles formations seraient largement rééditées à l’avenir.
Dans une présentation technique, le docteur Abdoulkader Hassan a longuement rappelé et mis en lumière le processus de décentralisation à Djibouti qui a été inscrit dans l’agenda politique des gouvernements successifs depuis l’indépendance.
"Mais le processus de décentralisation a réellement pris son envol dès le début des années 2000 avec l’arrivée aux affaires du président Guelleh", a-t-il reconnu.
Depuis lors, le processus a connu des avancées fulgurantes avec les premières élections locales de 2006, puis les secondes élections organisées en 2012 et ces troisièmes échéances qui arrivent dans un peu plus de deux semaines.
Le docteur Abdoulkader Hassan a ensuite décortiqué le processus avec ses acquis mais aussi ses forces et ses faiblesses, ainsi que les pesanteurs qui l’ont entravé.
A titre d’exemple, il a cité le manque de fiscalité locale qui empêche les conseils communaux et régionaux de disposer d’autonomie financière afin de mettre en œuvre leurs programmes et agir avec les coudées franches. Il a noté également les incohérences au niveau des textes qui nécessite des réajustements et des corrections à l’avenir.
Les élections organisées lors des communales et régionales sont très démocratiques selon les spécialistes de la question qui a écrit aussi un livre sur la décentralisation à Djibouti.
Aussi, a-t-il souligné "la réticence de l’Etat central à respecter l’agenda de mise en œuvre du processus de décentralisation qui se perçoit à travers les lenteurs et les délais importants entre le vote des lois et leur application concrète par des décrets lorsque les autorités agissent notamment par le biais de textes normatifs".
C’est ainsi que certains décrets d’application de la loi 2002 ont été publiés cinq ans plus tard. L’avocat a tout de même reconnu que certaines compétences ont été transférées aux élus locaux comme le service d’Etat civil, la gestion des marchés, le tribunal coutumier.
Il s’est tout de même offusqué que les responsables locaux manquent d’accompagnement technique et d’indépendance financière et de budget suffisant pour s’acquitter au mieux de leur mission.
Le docteur Abdoulkader Hassan a ensuite longuement expliqué les systèmes de Corum et la proportionnelle dans les répartitions des sièges à l’issue des suffrages exprimés dans les urnes.
Après ce remarquable exposé, les jeunes journalistes ont assouvi leur curiosité avec des questions touchant à tous les aspects de la décentralisation et des élections locales à Djibouti.
Il a été mis en exergue que celle-ci a renforcé la démocratie participative. Cependant, force est de constater un déficit de compétence de la part des élus locaux dont certains manquent des capacités et des savoir-faire techniques pour assurer certaines missions qui relèvent de leurs champs de compétences.
A un peu plus des deux grosses semaines avant la tenue des élections locales du 24 février 2017, le moment était opportun pour préparer les jeunes journalistes aux défis des élections locales qui vont faire battre le cœur du pays durant ces deux semaines où la campagne va faire beaucoup de bruit.
Ces élections locales sont le socle de la démocratie participative et donne à la société civile de reprendre en main son destin en participant pleinement à la gouvernance de sa destinée politique et socio-économique.
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