"Nous sommes optimistes sur l’issue de l’accord de sortie de crise", déclare le chef de l’Etat sur les indes de VOA
Par OOM
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07 janvier 2015
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Source: ADI
Dans une interview exclusive accordée lundi dernier au service somali de la Voix de l’Amérique, le président Ismaïl Omar Guelleh a fait part de son optimisme sur la suite de l’accord-cadre signé avec l’opposition le 30 décembre 2014.
"Je me réjouis que la majorité et l’opposition se soient enfin entendues et j’appuie cet accord censé propulser le pays dans une ère de détente où le débat politique se fera désormais chez nous, à l’instar des pays civilisés comme aux Etats-Unis d’Amérique et en Europe, selon les règles démocratiques", a affirmé le chef de l’Etat djiboutien.
"Il s’agit d’un accord censé créer les conditions nécessaires à la réalisation d’un véritable cadre du débat contradictoire des idées politiques", a-t-il ajouté.
Le président Guelleh a également expliqué que "cet accord ouvre la voie au fait que l’opposition soit désormais associée aux débats relevant de grands sujets d’intérêt national".
"Il sonne l’amorce d’une nouvelle ère de détente et de dépassement des rancœurs du passé et fixe la méthodologie et l’approche qui seront déployées en vue de mettre en œuvre les réformes indispensables à l’expression et à la pratique d’une véritable démocratie", a déclaré le président de la République.
"Ces réformes seront débattues au sein du Parlement et à l’extérieur de celui-ci par les deux camps en commissions paritaires, chargées de soumettre à terme une version consensuelle des réformes susceptibles d’ancrer davantage notre pays dans la démocratie", a précisé le chef de l’Exécutif djiboutien.
"Dans le délai de 30 jours consécutif à la signature de l’accord, ces commissions soumettront, pour ratification au Parlement, la version consensuelle de ces réformes", a-t-il indiqué en substance.
"Je suis confiant sur l’issue positive de ce processus", a poursuivi le président Guelleh, soulignant ensuite que "les deux parties n’ont que très peu de divergences sur la majorité des sujets".
"Les points d’achoppement entre les deux parties sont essentiellement le statut de l’opposition et la composition de la commission électorale indépendante", a dit le président de la République.
"Si les deux camps conviennent ensemble de la nécessité et du principe d’accord préalable sur ces deux réformes, ils divergent dans la perception qu’ils se font respectivement de ces notions", a-t-il clarifié au micro de VOA.
"C’est justement tout le travail dévolu aux commissions paritaires que de parvenir à une proposition consensuelle qui soit de nature à concilier les deux parties", a relevé le président Guelleh, précisant par ailleurs que "les autres réformes démocratiques prévues par l’accord portent, entre autres, sur la liberté de presse et d’opinion".
"Bien que notre partie soit convaincue que
ces notions relèvent de réalités déjà en vigueur dans notre pays, nous acceptons de prendre note d’éventuels additifs que l’opposition souhaiterait adjoindre à ces notions", a complété le chef de l’Etat.
Sur la question d’une éventuelle entrée des membres de l’opposition au gouvernement dans l’hypothèse où l’accord réalisé déboucherait définitivement sur un succès, le président de la République a tenu à préciser que "l’accord conclu ne prévoit pas la fusion entre la majorité et l’opposition".
"En politique, les règles du jeu établissent normalement le fait que la majorité conduit les affaires du pays et que l’opposition se pose en alternative", a rappelé le président Guelleh, convenant toutefois que "rien n’est définitivement irréversible et que, dans l’intérêt d’un pays, les différentes forces politiques peuvent décider de collaborer ensemble et participer au même gouvernement".
"Mais cela requiert une concertation préalable entre les différentes forces politiques", a-t-il aussitôt tempéré.
Réagissant à la critique selon laquelle Djibouti se targuerait d’une croissance continue depuis plusieurs années alors que des franges de son peuple vivraient dans la précarité, le président de la République a balayé d’un revers de main une telle critique, renvoyant le journaliste "aux données réelles en matière de lutte contre la pauvreté et qui démontrent que de plus en plus de Djiboutiens n’y sont plus confrontés".
"Aucun pays, y compris le plus riche et le plus développé, ne peut complètement mettre tous ses ressortissants à l’abri de la précarité et de la pauvreté", a argumenté le président de la République, affirmant que "l’essentiel est de soutenir dans la durée les efforts nécessaires à l’avènement d’un développement, source de création d’emplois".
"Pour attirer les investissements étrangers, on ne peut s’offrir le luxe de ne pas disposer d’une infrastructure performante. La lutte contre la précarité et la pauvreté passe donc essentiellement par la capacité d’un pays à drainer les investissements étrangers, sources de création d’emplois", a fait observer le président Guelleh.
Au cours de cette longue interview exclusive accordée à la section somali de la Voix de l’Amérique, le chef de l’Etat a également été interrogé sur la Somalie et les évolutions les plus significatives intervenues ces derniers temps dans ce pays frère et voisin.
A ce propos, le président de la République s’est tout d’abord dit "réjoui de l’impact sans cesse décroissant de la force de frappe et de l’influence des Shebab au sein de la société somalienne", soulignant toutefois que "les efforts consentis pour les combattre doivent s’intensifier".
"Ce mouvement terroriste est aujourd’hui au crépuscule de sa force. Il est loin d’égaler la capacité de nuisance de certains groupuscules extrémistes évoluant dans d’autres parties du monde comme au Pakistan et produisant presque tous les jours un lourd bilan de victimes", a signalé le chef de l’Etat djiboutien.
"Tant mieux donc que les Shebab soient dans une courbe descendante. Ces gens avaient longtemps empêché les peuples de la sous-région de mener une vie normale", a poursuivi le président de la République, reconnaissant néanmoins "une différence d’approche avec la communauté internationale au sujet des voies et moyens les plus efficaces pour venir définitivement à bout des Shebab".
"Je suis d’avis que les résultats seraient nettement plus efficients si, à la place de prendre en charge le coût exorbitant lié à l’entretien des soldats de l’AMISOM déployés en Somalie, on formait et équipait une véritable armée nationale somalienne", a-t-il martelé avec insistance au micro de VOA.
"Je reste personnellement convaincu qu’avec le quart du budget alloué à l’AMISOM, une véritable armée somalienne viendrait à bout des Shebab", a plaidé le président Guelleh, se félicitant tout de même "qu’on revienne ces temps-ci au bien-fondé de cette approche relayée par la concession de plus grands moyens aux soldats somaliens".
"Preuve que le renforcement des capacités des soldats somaliens est source efficiente de résultats dans le combat contre les Shebab, l’armée somalienne précède les forces de l’AMISOM sur les théâtres d’opérations depuis que les moyens qui lui sont consentis ont été revus à la hausse", a fait remarquer le chef de l’Etat.
Quant à la récidive du conflit entre les principaux dirigeants somaliens, le président de la République a estimé que "la Constitution adoptée ne définissait peut-être pas suffisamment assez les prérogatives dévolues à chacun des deux plus hauts responsables de l’exécutif et que cette situation créait donc un affrontement systématique".
"L’exercice d’un pouvoir bicéphale est une source de controverse permanente et d’instabilité gouvernementale qui sont préjudiciables aux efforts de reconstruction de la Somalie", a indiqué le président de la République, mettant en exergue "la nécessité de procéder, une bonne fois pour toutes, à une exploration nouvelle de la Constitution aux fins de déceler les éventuels conflits de prérogatives dont elle serait porteuse".
"Il faut d’autant plus remédier à cette situation de quiproquo à la tête de la Somalie que cette tare est contre-productive à l’image de ce pays frère sur la scène internationale", a prévenu le président Guelleh.
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