Le Chef de l’Etat djiboutien appelle le Groupe ACP à s’adapter à la nouvelle configuration mondiale, en engageant une réflexion sur l’éventualité de tisser des relations avec des entités régionales et internationales

Par YHB | 14 décembre 2012
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 Le Chef de l’Etat djiboutien appelle le Groupe ACP à s’adapter à la nouvelle configuration mondiale, en engageant une réflexion sur l’éventualité de tisser des relations avec des entités régionales et internationales

Source: ADI

Le Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, qui a participé hier jeudi 13 décembre à Malabo (Guinée Equatoriale), au 7ème Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement du Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), a profité de cette opportunité pour y prononcer un discours. Le Chef de l’Etat, reconnaissant d’emblée que ce 7ème Sommet se tient « dans un contexte international extrêmement difficile où la crise financière mondiale domine l’actualité », a déclaré que les répercussions et les conséquences de cette crise ont eu indéniablement « un impact dévastateur sur nos économies et notre développement ». L’ADI reproduit intégralement l’allocution du Président de la République. « Louange à Dieu que la paix et la bénédiction soient sur le Prophète, sa Famille et ses Compagnons, Excellence M. le Président de la République de Guinée Equatoriale, Excellences Messieurs les Présidents et Chefs de gouvernements, M. le Secrétaire Général, Mesdames et Messieurs,   Je voudrais d’emblée exprimer mes plus vifs remerciements, au nom de ma Délégation et en mon nom  propre, au  Peuple frère Equato-Guinéen, à son gouvernement et au Président OBIANG pour leur accueil chaleureux, leur hospitalité et l’excellente organisation de ce Sommet.   Je tiens, également, à féliciter ceux qui sont à l’origine de cette initiative et louer les efforts de toutes et tous ceux qui ont contribué à sa réalisation.   Ce 7ème Sommet qui nous réunit aujourd’hui, a lieu dans un contexte international extrêmement difficile où la crise financière mondiale domine l’actualité. Ses répercussions et ses conséquences ont un impact dévastateur sur nos économies et notre développement. Je voudrais saisir cette opportunité qui m’est offerte pour vous présenter la situation économique et sociale en République de Djibouti. La croissance annuelle du PIB réel est ainsi passée d’une moyenne annuelle de 3.5% en 2010 pour atteindre 4.4% en 2011 et enfin 4.9% en 2012. Toutefois, cette croissance ne suffit pas à inverser durablement le phénomène de la pauvreté. La résurgence de tensions inflationnistes, avec un prix des hydrocarbures désormais élevé et des hausses des prix des denrées alimentaires, sape les efforts réalisés suscitant ainsi des manifestations et des révoltes qui mettent en danger les fondements de notre cohésion sociale. A ces maux que je viens d’évoquer, il convient d’ajouter l’impact sur l’Afrique des changements climatiques et les risques que ce phénomène destructeur pourrait nous causer. D’ores et déjà, nous savons quelles incertitudes ces changements climatiques font peser sur les récoltes à venir. D’ores et déjà, nous savons avec certitude que ce sont les pays en voie de développement et, plus précisément les PMA, sont les plus vulnérables face aux changements climatiques et les plus susceptibles d’être affectés par les catastrophes naturelles que suscitent ces changements climatiques (inondations, sécheresses, tempêtes). Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,     Avec nos partenaires Européens, de nouveaux faits sont apparus, notamment avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne qui ne mentionne et n’accorde aucune place au partenariat entre le Groupe ACP et l’Union Européenne.   Cette situation inédite doit nous amener à engager une profonde réflexion sur l’avenir de notre partenariat avec l’Union Européenne et le futur de notre Groupe.   Nous devons nous adapter à cette réalité et proposer des solutions innovantes pour préserver l’identité de notre Groupe, donc nous permettre de jeter les bases sur les perspectives futures de notre Groupe.   Je profite de cette occasion pour saluer l’excellent travail du groupe de travail sur les perspectives d’avenir du Comité des Ambassadeurs, dirigé par  l’Ambassadeur de Guyana dont le rapport d’étape a été présenté à nos Ministres. Les premiers résultats sont encourageants et nous les exhortons à poursuivre leur mandat.     Notre Groupe doit aussi engager une réforme structurelle et juridique. En effet, nous devons réviser l’Accord de Georgetown en accordant un statut d’organisation internationale à notre Groupe, élargir le mandat de nos instances notamment celle du Comité des Ambassadeurs, renforcer l’identité et la visibilité du Groupe ACP ainsi que le statut du Secrétaire Général. Je saisis cette opportunité pour saluer l’engagement sans faille et l’action du Secrétaire Général, Dr Mohamed Ibn Chambas qui, depuis son arrivée à la tête du Secrétariat ACP, a su insuffler une nouvelle dynamique à cette Organisation.   Je me réjouis aussi que le Groupe des Etats ACP ait placé la question Somalienne comme point permanent dans son agenda. Je salue les nouvelles évolutions intervenues avec notamment l’élection d’un nouveau parlement, l’investiture d’un nouveau Chef d’Etat et exhorte la Communauté Internationale à soutenir le processus de paix, à appuyer les nouvelles Autorités Somaliennes pour la consolidation des acquis et la stabilisation politique.     Monsieur le Président, Mesdames et messieurs,   Notre Groupe doit s’adapter à la nouvelle configuration mondiale engageant une réflexion sur l’éventualité de tisser des relations avec des entités régionales, internationales et avec les pays  émergents tels que la Chine, le Brésil et l’Inde. Les conclusions de ce Sommet doivent permettre à nos représentants d’avoir une orientation claire sur notre vision et de notre place sur la scène internationale tout en préservant l’esprit de cohésion et notre solidarité.   Monsieur le Président, Mesdames et messieurs,   Concernant les Accords de Partenariat Economiques engagés avec nos partenaires Européens, nous constatons l’enlisement des négociations, même si certaines de nos entités régionales ou Etats membres ont signé des Accords intérimaires ou complets. Sur ce point, je déplore l’éclatement de notre Groupe en groupements régionaux qui eux-mêmes se sont scindés en sous-groupes.   Nous devons garder à l’esprit que l’Accord de partenariat Economique doit être un instrument de développement pour nos pays. Pour aboutir à un accord juste, je me joins à l’appel lancé par bon nombre d’entre vous pour l’organisation d’une rencontre à haut niveau ACP-UE qui nous permettra d’aplanir nos différents et de régler les questions litigieuses. Cela nous permettra de faire avancer les négociations et de donner une nouvelle impulsion afin de parvenir à un accord répondant à nos attentes. Je vous remercie".   FIN DE DISCOURS

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