"Nos produits ont le mérite de servir de trait d’union entre passé et présent, de faire cohabiter en harmonie tradition et modernité", déclare la styliste somalienne Isir Ismail de passage à Djibouti

Par IOH | 08 décembre 2012
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"Nos produits ont le mérite de servir de trait d’union entre passé et présent, de faire cohabiter en harmonie tradition et modernité", déclare la styliste somalienne Isir Ismail de passage à Djibouti

Source: ADI

Pionnière à sa manière, d’un enthousiasme particulièrement contagieux, la jeune styliste Isir Ismail fait partie de cette catégorie de la diaspora somalienne qui a réussi à donner un sens à ses rêves et à assumer autrement son destin. Fraîchement diplômée en marketing, elle fonde au début de l’année 2011 à Dubai, avec le concours de sa mère, la marque "Diira Moda " qui s’impose très vite dans l’univers de la mode. L’une de ses collections, "Malab Collection" offre une variété de gammes spécialement conçues pour le besoin de la gent féminine de la région. On l’aura compris : à la base de ces créations d’un nouveau genre est le fameux "diira" (boubou) dont nos femmes ne sont pas peu fières de porter sur leur corps. De passage à Djibouti le temps d’un défilé de mode organisé en partenariat avec la société DMC Médias et l’Institut Français Arthur Rimbaud (IFAR), Isir a bien voulu répondre à nos questions. L’ADI : Qu’est-ce qui fait, selon vous, la spécificité du style "Diira Moda" ? Isir Ismail : Je tiens à vous remercier tout d’abord de m’avoir permis de m’exprimer et d’expliquer ici ce qui motive la création de "Diira Moda", et surtout sa volonté de proposer aux femmes issues de cette partie du monde une nouvelle manière de s’habiller sans renier pour autant renier leur origine ou leur héritage traditionnel. Leur permettre d’être en phase avec leur temps tout en préservant ce qui fait leur identité, voilà le principal défi que nous avons voulu relever en mettant sur pied la société "Diira Moda". Compte tenu du succès grandissant de notre marque, l’on peut dire aujourd’hui que nous avons plutôt réussi. Et même plus tôt que nous l’espérions. Il faut souligner que nos produits ont le mérite de servir de trait d’union entre passé et présent, de faire cohabiter en harmonie tradition et modernité. D’où l’intérêt manifeste qu’ils ont aussitôt suscité, en particulier dans la diaspora somalienne. A quel objectif entendez-vous parvenir en organisant demain soir un défilé de mode dans les locaux de l’IFAR ? Le but visé est très simple. Il s’agit en effet de montrer un bref aperçu de notre marque de fabrique, ce que vous venez d’appeler le style "Diira Moda". Ceci dit, je ne peux m’empêcher de saluer le travail remarquable accompli en amont par la société djiboutienne DMC Médias dont le concours aura été précieux dans le cadre de la tenue de ce défilé de mode. Je dois remercier également tous les partenaires qui ont contribué à l’organisation de cette manifestation. Je suis enfin dans l’obligation d’applaudir le courage des jeunes filles dont la candidature à ce défilé a été retenue. En tant que femme et en tant que Somalienne, je me sens particulièrement solidaire de leur initiative qui reflète leur désir de transcender leurs conditions et de braver le carcan de la tradition. Etes-vous déjà venue à Djibouti ? Oui, une fois. C’était en 2006. Avez-vous constaté des changements depuis cette date. Si oui, lesquels ? J’en ai remarqué beaucoup. Le décor n’est le plus même. Je suis forcée de croire que Djibouti-ville n’a pas cessé non seulement de s’agrandir, mais de s’embellir considérablement. De somptueuses habitations ont surgi de terre partout, y compris à Balbala. C’est peu dire qu’il y a de bonnes raisons d’espérer. Et de garder la foi dans l’avenir de votre beau pays.

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