Parution de "Somali lama maleeyo", le second ouvrage du Djiboutien Elmi Moussa Ahmed

Par AGI | 25 novembre 2012
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Parution de "Somali lama maleeyo", le second ouvrage du Djiboutien Elmi Moussa Ahmed

Source: RTD

Le petit livre d'environ quatre-vingt pages et qui a pour titre "Soomali lama maleey" que l’on pourrait traduire par "il est difficile de cerner le peuple somali" nourrit une vaste ambition. Celle de faire comprendre le fonctionnement et les centres de pouvoir dans la société traditionnelle somalie. L’auteur, qui a déjà à son actif trois autres ouvrages dont "Maangarasho" édité récemment, est Djiboutien et répond au nom d’Elmi Moussa Ahmed. Il a effectué son parcours scolaire en Somalie avant de devenir professeur de langues. Il a enseigné le Somali et l’Anglais dans les cycles moyens et secondaires mais aussi dans des classes destinées aux personnes à besoins spéciaux (handicapés). Amoureux de sa langue maternelle, Elmi Moussa, malgré le fait qu’il n’ait point d’emploi fixe, a cependant la foi chevillée au corps. On le voit, on le sent : l’écriture, pour Elmi, est une véritable passion, au delà des aléas de la vie. Dans ce livre à la fois court et dense, l’auteur expose d’abord les caractéristiques qui fondent l’originalité de la société somalie qui, selon lui, peut être définie par plusieurs traits distinctifs : l’attachement à la religion musulmane, aux traditions, la prééminence comme centre de pouvoir décisionnel de celui qui est à la tête d'un ("Iney’te"), une fierté prononcée et un même front ou un regard commun face aux autres peuples de la région. Les différents traits caractérisant cette société nomade somalie sont à chaque fois illustrés par le recours à un corpus composé de proverbes, sentences, maximes ou encore par de courts extraits de poésie. Dans cet essai à visée essentiellement pédagogique, appuyé par quelques croquis et photos, deux points retiennent surtout l’attention. D’abord, la notion de "iney’te" dont la portée véritable est assez large. Elle va du chef de famille en passant par le chef de clan ou de tribu. Cet "iney’te" est souverain en matière décisionnelle et dans un groupe (famille, clan, tribu) c’est lui qui tranche en dernier lieu et qui dispose en quelque sorte d’un droit de veto. Le deuxième point, c’est cette fierté inhérente au pasteur somali et son regard face aux étrangers. Ainsi, selon l’auteur, le somali nomade a la conviction profonde qu’il est libre et se voit pourvu d’une supériorité (sans doute supposée) par rapport aux autres. "Je demande aux lecteurs somalophones ou afarophones d’encourager les auteurs qui écrivent dans chacune de ces deux langues locales en achetant leurs œuvres car c’est à travers ces ouvrages que l'on peut préserver nos cultures souvent orales", a fait savoir Elmi Moussa Ahmed.

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