Discours du PM à l’occasion la cérémonie officielle de lancement du 1er forum franco-djiboutien des affaires
Par MAAS
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14 mars 2009
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Source: ADI
Dans un important discours qu’il a prononcé à l’occasion de l’ouverture officielle, au Djibouti palace Kimpinski, du 1er forum franco-djiboutien des affaires, le Premier ministre Dileita Mohamed Dileita a évoqué tout d’abord les grandes perspectives de l’économie djiboutienne, les conditions propices à l'investissement, ainsi que la stabilité politique et sociale dont jouit le pays.
Le Premier ministre n’a pas manqué de souligner également le caractère très spécifique de ce forum des affaires qui, sans aucun doute, témoigne de l’excellence des liens d’amitié et de coopération qu’entretiennent les deux pays.
"Si notre Président de la République est si désireux de voir des entreprises françaises intervenir à Djibouti, c’est parce qu’il est très attaché aux liens privilégiés qui unissent nos deux pays", a-t-il dit par ailleurs à l’endroit des membres de l’organisation patronale française.
"Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est que vous puissiez continuer à prolonger les liens entre nos deux pays", a ajouté le PM.
Lire ci-après le texte intégral du discours prononcé par le Premier ministre, M. Dileita Mohamed Dileita :
"Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Sénateur, Président du Groupe "Amitié France Corne de l’Afrique",
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Représentants du corps diplomatique, du corps consulaire et des organisations internationales,
Monsieur le Président du Conseil d’administration de l’Agence Française de Développement,
Monsieur le Président du Comité Afrique au MEDEF,
Monsieur le Président de la Chambre de Commerce de Djibouti,
Très Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
A mon tour, j’ai le plaisir de souhaiter la bienvenue à Djibouti à ceux qui y viennent pour la première fois, ou qui y reviennent nous voir. Je salue également et remercie tous ceux qui participent à ce forum des affaires. Les personnalités, qui m’ont précédé à cette tribune, vous ont déjà parfaitement esquissé les avantages géopolitiques, commerciaux, économiques et financiers de mon pays.
Vous savez aussi que les présentations, qui vous ont été faites, seront par la suite commentées, dans leurs détails, par les responsables qui sont en charge des différents secteurs qui vous intéressent.
Les organisateurs djiboutiens et tous les protagonistes français qui les ont soutenu, ici et en France, ont également rappelé les origines de l’organisation de cette réunion à Djibouti, et donc l’importance qu’elle revêt pour l’amitié entre la France et Djibouti au plus haut niveau de l’Etat.
Aussi, pour ma part, j’interviendrai sur ce que j’imagine être très important pour un investisseur. Je fais ici référence à l’aspect qui concerne la stabilité politique d’un pays, surtout dans le tiers monde.
Sur le plan extérieur, notre politique de paix avec tous les pays, est renforcée par les liens d’amitié et de coopération militaire, que nous entretenons plus particulièrement avec la France, et tout récemment avec les Etats-Unis.
Ceux-ci se concrétisent par la présence historique de l’armée française, et celle plus récente de l’armée américaine, dans notre pays. Djibouti est aujourd’hui devenu le point de référence du monde libéral dans la région et sert de point d’appui à la restauration de la sécurité internationale dans de nombreux domaines.
Sur le plan intérieur, cette stabilité repose sur deux piliers essentiels. Le premier a pour objectif le respect de l’équilibre entre toutes les composantes de la population, issues des différentes régions du pays.
Toutes ces composantes sont ainsi représentées au gouvernement et à l’Assemblée nationale, mais également au sein du premier parti du pays, dont nous venons de fêter le trentième anniversaire et qui vient de démontrer toute sa vigueur. Les autres plus importants Partis Politiques, nés du multipartisme il y a une quinzaine d’années, sont venus rejoindre le Parti d’où est issu notre Président.
Ils sont également représentés à l’Assemblée nationale et constituent une union forte pour la majorité présidentielle. De ce fait, aujourd’hui, une coalition de cinq Partis politiques soutient la politique du gouvernement.
Ainsi, de l’inconvénient causé par un petit pays avec une faible population, nous en avons fait un avantage : celui de pouvoir être attentif à toute la population, quel que soit son origine et sans aucune exclusion ; celui de s’assurer de la participation de tous à la vie politique, sociale et économique du pays. C’est, pour moi, le vrai gage d’une démocratie politique, car en Afrique l’alternance politique se conjugue trop souvent avec des luttes ethniques.
Le second pilier de cette stabilité intérieur consiste à réduire l’écart, dans la vie économique et sociale, qui peut se créer pour la population, lors d’un développement économique rapide d’un pays. Ecart, qui est causé par l’existence d’une économie à deux vitesses.
C’est pour lutter contre ce risque, que le gouvernement a le souci constant de dégager des ressources financières, afin d’aider les populations en marge de notre développement économique.
Un ministre chargé de la Solidarité Nationale a été spécialement nommé à cet effet. Mais c’est aussi à cet effort de maintien de la stabilité intérieure, que participe notre Ministre des Finances. Il veille à ce que, de façon équitable, les profits des uns puissent permettre de servir à financer les écoles et les services de santé, dans les endroits les plus reculés et les plus pauvres du territoire.
C’est à cet effort de maintien de la stabilité intérieure que participe également le Ministre de la Justice, en restant vigilant sur la formation des juges, sur l’accès aux services de justice par les plus pauvres, sur la promotion et le respect des droits de l’homme.
C’est cette paix sociale qui est le véritable garant de vos investissements à long terme. Vous connaissez parfaitement à quel point les tensions sociales peuvent modifier des taux de rentabilité. Cette approche a déjà été abordée par des investissements étrangers à Djibouti avec le succès que vous connaissez.
Mesdames et Messieurs,
J’aimerai maintenant aborder un autre aspect qui caractérise la vie djiboutienne, celui de la réactivité politique, comme le diraient certains. Je préfère dire « celui de l’écoute et du dialogue qui existent entre la société civile et le gouvernement ».
Notre Président de la République tient beaucoup à connaître la manière, dont sont perçus par la population les mesures gouvernementales et le fonctionnement administratif.
L’expression de cette perception, qu’elle soit directement faite par des personnalités, par le parlement ou par l’intermédiaire d’institutions de la société civile, est toujours très attentivement écoutée.
Certes vous, investisseurs, vous avez avec le ministère chargé de l’Investissement, l’Agence nationale de la Promotion de l’Investissement, et de la Chambre Internationale de Commerce et d’industrie, de parfaits avocats pour défendre vos intérêts. Mais vous devez savoir également que tout le gouvernement est disposé à recevoir vos remarques sur les problèmes que vous pouvez rencontrer.
Là encore, nous utilisons le fait que nous ne sommes pas très nombreux, pour en retirer un avantage : la proximité entre le pouvoir et les administrés. Si vous pensez que certaines contraintes pourraient gêner une de vos initiatives à Djibouti, n’hésitez pas à en parler à tous les interlocuteurs que aurez l’occasion de contacter.
C’est par une discussion franche et amicale que nous pourrons dissiper les malentendus, lever certaines contraintes que vous rencontrez, et nous comprendre mutuellement. Nous vous exposerons également les motivations des dispositions que nous prenons.
Je saisis cette occasion pour préciser à titre d’exemple, que le ministère des Finances a mis en place une taxe sur la valeur ajoutée. Certes, nous avons une parfaite connaissance de la difficulté que représente une nouvelle mesure fiscale pour les entreprises, et nous le faisons très progressivement. Mais le but en est de supprimer à terme les droits de douane entre les pays du COMESA.
Certains peuvent douter de l’intérêt de cette nouvelle réglementation pour Djibouti, qui n’a pas de production industrielle. Mais notre objectif est d’apporter une réponse à une contrainte forte qui gêne notre développement, celle liée à l’étroitesse de notre marché intérieur. Ceci va en effet permettre à des investisseurs comme vous, de viser un marché de près de 400 fois plus grand que le nôtre, tout en profitant de nos autres atouts.
Pour terminer, Mesdames et Messieurs,
Je tenais à souligner le caractère très spécifique de ce forum des affaires qui, sans cela, pourrait apparaître semblable à d’autres. Je veux faire référence aux liens qui unissent un grand pays, la France, et un tout petit pays africain, la République de Djibouti, différent des autres pays voisins, par la taille, la langue, l’histoire et l’économie.
Si notre Président de la République est si désireux de voir des entreprises françaises intervenir à Djibouti, c’est parce qu’il est très attaché aux liens privilégiés qui unissent nos deux pays. Certes des français ont, dans le passé, implanté des entreprises à Djibouti, mais ils sont déjà considérés comme des djiboutiens.
Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est que vous puissiez continuer à prolonger les liens entre nos deux pays. L’amitié peut permettre d’apporter des aménagements et des dérogations à des contraintes administratives et financières jugées trop rigides ; mais l’amitié impose en contrepartie un soutien, sans lequel le désappointement pourrait s’installer.
Certes, la nouvelle situation financière internationale incite plutôt au repli sur soi. Mais il est important que vous fassiez savoir autour de vous, ce que vous avez vu ici, l’évolution économique et financière du pays certes, mais aussi des hommes et des femmes qui estiment la France.
Dans une zone arabophone et anglophone, des deux côtés de la mer rouge, chaque djiboutien, par le partage de la langue, d’une part en commun d’histoire et de culture, représente un ambassadeur potentiel de la France.
Aussi je compte sur vous tous, pour que vous soyez, à votre tour, nos ambassadeurs en France, auprès de la presse spécialisée, auprès de patrons de petites et moyennes entreprises, qui n’ont pas eu l’occasion de se déplacer.
Votre action est essentielle pour que l’amitié qui existe entre le Président Nicolas Sarkozy et le Président Ismail Omar Guelleh puisse se renforcer. Cette démarche, au-delà de la rentabilité que peuvent offrir une activité ou un investissement à Djibouti, est importante pour notre amitié, mais aussi pour le rayonnement de la France dans le monde : tous les djiboutiens y croient. Je sais que vous ne les décevrez pas.
Monsieur le Sénateur Duvernois, et vous tous Messieurs, qui m’entourez à cette tribune, votre présence à Djibouti témoigne bien de l’identité de vue que nous avons de l’amitié entre la France et Djibouti. Unissons nos efforts pour que nos objectifs puissent se concrétiser avec l’installation de nouveaux opérateurs français à Djibouti.
Monsieur le ministre chargé des investissements, auquel est rattaché l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements, Monsieur le Président de la Chambre de Commerce de Djibouti et tout son personnel, Messieurs les Ambassadeurs de France à Djibouti, et de Djibouti en France, Mesdames et Messieurs les organisateurs de ce forum, je vous remercie pour tout le travail que vous avez accompli et je souhaite un plein succès à ce forum franco-djiboutien des affaires".
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