"Nous avons ouvert le secteur bancaire djiboutien, dominé jusque-là par les banques conventionnelles, à des banques islamiques", déclare le président Guelleh

Par IOH | 07 novembre 2012
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"Nous avons ouvert le secteur bancaire djiboutien, dominé jusque-là par les banques conventionnelles, à des banques islamiques", déclare le président Guelleh

Source: ADI

En procédant hier à l’hôtel Kempinski à l’inauguration de la première conférence africaine sur la finance islamique, le président de la République, M. Ismail Omar Guelleh, est revenu sur les principales réformes engagées par le gouvernement dans le but d’inspirer un certain dynamisme dans le secteur bancaire djiboutien. "Nous avons pu augmenter le taux de bancarisation de notre population en levant les obstacles moraux d’ordre confessionnel qui empêchaient certains de nos compatriotes à recourir aux services d’une banque traditionnelle", a déclaré en substance le chef de l’Etat, qui a énuméré au passage toutes les initiatives qui ont mises en œuvre en ce sens. L’ADI reproduit ci-dessous l’allocution du président Ismail Omar Guelleh prononcée hier devant les participants de la première conférence africaine sur la finance islamique. Mesdames et Messieurs, Au cours de ces dix dernières années, les gouvernements africains ont multiplié les initiatives pour faciliter la pénétration du système financier basé sur la Chari’a sur le plan local, tandis que sur le plan régional, cela demeure relativement circonscrit autours des pays membres de l’UEMOA. En effet, 1% seulement du volume de la finance islamique mondiale est capté par l’Afrique sur un total de près de 1400 milliards de dollars. C’est dire combien cela reste en deçà des objectifs souhaités. Et à l’heure où les occidentaux s’éveillent à cette nouvelle manne que représentent les capitaux islamiques, ce serait une grande injustice que commettrait la finance islamique en ne priorisant pas l’Afrique parmi les récipiendaires. Aussi, elle se doit d’être disponible pour l’Afrique tandis que cette dernière se doit de s’outiller en perspective et de mettre à jour son système. Mesdames et messieurs, Cette mise à jour, nous l’avons entreprise très tôt en ouvrant le secteur bancaire djiboutien, alors dominé par les banques conventionnelles, à des banques islamiques. Des ajustements fiscaux et réglementaires ont été effectués pour permettre à ces dernières d’opérer dans un cadre plus comparable avec les banques conventionnelles. Aujourd’hui, grâce à ces séries de mesures, nous avons pu augmenter le taux de bancarisation de notre population en levant les obstacles moraux d’ordre confessionnel qui empêchaient certains de nos compatriotes à recourir aux services d’une banque traditionnelle. Nous avons, par là, amélioré le niveau d’épargne nationale mais également contribué à abaisser le taux d’emprunts sur le marché de financement. On a, ainsi, pu soutenir le développement de la micro-finance grâce à l’action des banques islamiques Djiboutiennes qui ont permis le financement, à hauteur plusieurs dizaines de millions de dollars, de nombreux microprojets. Les retombées économiques et sociales sont énormes pour le pays et le potentiel de développement du secteur de la finance islamique à Djibouti l’est davantage. Parce que comme l’a si bien évoqué le Gouverneur de la Banque Centrale de Djibouti, Djibouti, c’est une porte d’entrée principale de l’Afrique de l’Est ; c’est l’accès privilégié à ce marché du COMESA fort de 450 millions de consommateurs ; c’est l’assurance qu’offre une stabilité politique et monétaire qui sous-tend à toute activité financière. Mesdames et Messieurs, Il est dit que l’un des premiers sens du mot charia est celui de "sillon", que celui-ci doit être droit et que l’homme qui le creuse doit être le premier bénéficiaire de la récolte qu’il portera. On est tous convaincu, qu’aussi loin que la finance islamique restera fidèle à ce principe de rectitude, les sillons qu’elle tracera dans nos économies porteront les germes de lendemains fructueux pour la grande Communauté des Hommes. Je voudrais ici remercier tous ceux qui ont répondu présents à notre invitation et qui durant ces deux jours apporteront leur précieuse contribution à ce débat autour de la finance islamique en Afrique et pour l’Afrique. Pour conclure, je voudrais adresser un hommage particulier à la Banque Islamique de Développement pour son l’action exemplaire à Djibouti et à travers tout le continent, et qui prête son assistance dans de nombreux domaines vitaux tels que la santé, l’éducation mais également l’investissement et la micro-finance, qui demeure la pierre angulaire de notre politique de développement et de réduction de la pauvreté."

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