‘’L'objectif de mon pays est de fournir de l'énergie à tous les Djiboutiens et de devenir en 2020 le premier pays d’Afrique utilisant entièrement une «énergie verte», déclare le Chef de l’Etat devant le Forum mondial sur l’énergie de Dub

Par YHB | 22 octobre 2012
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‘’L'objectif de mon pays est de fournir de l'énergie à tous les Djiboutiens et de devenir en 2020 le premier pays d’Afrique utilisant entièrement une «énergie verte», déclare le Chef de l’Etat devant le Forum mondial sur l’énergie de Dub

Source: ADI

Le Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, qui participe ce lundi aux côtés du Premier ministre des Emirats arabes unis (EAU), Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et d’un parterre de chefs d’Etat, au Forum mondial sur l’énergie qui se déroule cette année à Dubaï du 22 au 24 octobre, a eu aujourd’hui le privilège d’y prononcer une importante allocution. Le Chef de l’Etat a informé ses pairs et l’auguste assistance, que la République de Djibouti a pris d’ores-et-déjà les devants en ce qui concerne l’utilisation d’une énergie durable fondée uniquement sur l'utilisation de nos ressources énergétiques renouvelables. « Parce que la question est pressante pour nous, et alors que la communauté internationale a fixé un seuil d'énergie renouvelable de 20% d'ici à 2010, notre pays a pris les devants en faisant passer l’utilisation de l’énergie renouvelable à 65% en 2011 puis à 75% en 2012. Et nous prévoyons d'utiliser 85% d'énergies renouvelables d'ici 2015 », a déclaré M. Ismaïl Omar Guelleh. « Nous pensons, a-t-il ajouté que le fait d’entamer cette transition énergétique au cours de la décennie est non seulement possible, compte tenu de notre potentiel en énergie solaire, éolienne et en énergie géothermique ». « L'objectif de mon pays, a-t-il expliqué, est de fournir de l'énergie à tous les Djiboutiens et de devenir en 2020 le premier pays d’Afrique utilisant entièrement une «énergie verte». L’ADI reproduit en intégralité le discours du Chef de l’Etat. Mesdames et Messieurs, Aujourd'hui, je vais partager avec vous les défis qui sont les nôtres, mais aussi nos espoirs et nos attentes. Même s'il faut reconnaître que, jusqu'à récemment, l'énergie a été l'un des problèmes négligé dans le développement international, les pays en développement comme le mien et d'autres pays africains ont été confrontés à la question très tôt. Pour notre continent, c'est une question de survie. En effet, l'Afrique souffre d'un manque d'infrastructures et cette lacune demeure le plus grand obstacle à son développement, et cela ne changera point jusqu’à ce que cette lacune ne soit comblée. Pour ce faire, nous avons besoin d'investir 93 milliards chaque année dans les infrastructures sur tout le continent. Mesdames et Messieurs, A la date d'aujourd'hui, l'Afrique représente 15% de la population mondiale, mais seulement 3% du commerce mondial et 3% de la consommation mondiale d'électricité. Le principal obstacle à notre développement reste l'accès à une énergie abordable, d’ou les investissement très coûteux des projets gouvernementaux et des petites entreprises. Encore à ce jour, et malgré son important  potentiel énergétique, le continent noir reste dans l'obscurité. En moyenne, un Africain consomme 60 kilowatts par an quant un Américain en consomme 8000. L'ensemble du continent, qui a atteint un milliard de personnes récemment, a un niveau de consommation similaire à celui de l'Espagne, un pays de moins de 50 millions d'habitants. Qui plus est, les effets du changement climatique qui sont le corollaire d'un modèle de développement basé sur les énergies fossiles, et ses impacts qui plongent sévèrement nos peuples dans la pauvreté. À Djibouti, notre système énergétique était , jusqu'à il y’a un an principalement, basée sur les combustibles fossiles, alors que nos émissions de gaz à effet de serre par habitant est demeuré parmi les plus bas du monde parce que la moitié seulement de la population avait accès à l'énergie. Partout sur le continent nos populations continuent à porter le fardeau du réchauffement climatique et les sécheresses résultant de l’épuisement des ressources naturelles. Encore une fois changer notre modèle de croissance est une question de survie pour mon continent. Dans cette perspective, les énergies renouvelables, propres et inépuisables, extraits des sources d'énergie fossiles, permettent de sécuriser l'approvisionnement énergétique à long terme dans le monde et le changement climatique. Nous savons tous que l'énergie renouvelable est un vecteur de développement. Dans de nombreux pays en développement, il a été démontré que les énergies renouvelables peuvent contribuer directement à la réduction de la pauvreté en fournissant l'énergie nécessaire pour créer des entreprises et de l'emploi. La technologies des énergies renouvelables peut aussi faire une réelle différence dans la vie de nos populations les plus vulnérable, en leur fournissant l'énergie pour la cuisson, le chauffage et l'éclairage à des prix abordables. A Djibouti, l'accès à l'énergie est élevé dans les zones urbaines, les gens dépensent encore 20-30% de leur revenu moyen pour avoir accès à l'électricité et le coût de l'électricité est la principale contrainte au développement du secteur privé. Mesdames et Messieurs, Nous nous efforçons aujourd'hui de passer à une approche durable de l'énergie dans le futur, une énergie durable fondée uniquement sur l'utilisation de nos ressources énergétiques renouvelables. Ce changement a déjà été initié, l'année dernière, grâce à l'utilisation de l'électricité hydroélectrique de l'Ethiopie à travers la mise en service d'une ligne d'interconnexion électrique réalisé avec le soutien financier de la Banque africaine de développement. Parce que la question est pressante pour nous, et alors que la communauté internationale a fixé un seuil d'énergie renouvelable de 20% d'ici à 2010, notre pays a pris les devants en faisant passer l’utilisation de l’énergie renouvelable à 65% en 2011 puis à 75% en 2012. Et nous prévoyons d'utiliser 85% d'énergies renouvelables d'ici 2015. Nous pensons que le fait d’entamer  cette transition énergétique au cours de la décennie est non seulement possible, compte tenu de notre potentiel en énergie solaire, éolienne et en énergie géothermique, mais il est également essentiel pour le bien-être de notre population. Six mois après la mise en service de l'interconnexion, nous avons réduit le coût de l'électricité de 30% à 60% de nos abonnés. Il s'agit d'une première étape qui fait appel à d'autres car, en dépit de ce prix, les couts restent encore trop élevé, mais je reste convaincu que nous allons dans la bonne direction.  Mesdames et Messieurs, La République de Djibouti bénéficie d'un cadre géographique et géologique exceptionnel. Si hier, la chaleur excessive du soleil, le vent, les tremblements de terre et les éruptions volcaniques étaient assimilables à la calamité, aujourd'hui, grâce à la technologie, nous pouvons les transformer en ressources énergétiques illimitées. En tant que petit pays en développement, nous n'avons pas le luxe de nous limiter à un seul bloc d'énergie et exclure les autres. Nous avons l'intention de profiter de tous les trois afin de fournir non seulement pour notre croissance, mais aussi pour la croissance de toute la région si besoin est. Nous avons déjà mis en œuvre un vaste programme d'électrification rurale dans le cadre du programme de l’utilisation d’énergie solaire dans la lutte contre la pauvreté énergétique dans les zones rurales, en ciblant, dans un premier temps, 25 villages. Deux de ces villages sont entièrement électrifiés aujourd'hui. En plus de l'interconnexion électrique avec l'Ethiopie, nous mettrons en œuvre au début de 2013, un important programme de développement de la géothermie avec nos partenaires au développement aux bords du Lac Assal et au Lac Abhe et au  Goubet . En 2018, nous avons l'intention d'avoir une centrale géothermique de 100 GW. En outre, nous avons l'intention de développer des éoliennes et de construire un parc éolien de 20 GW en 2015. Mesdames et Messieurs, Les possibilités de l'énergie renouvelable sont illimitées mais on ne profite pas assez de son potentiel. Pour cela, nous avons besoin de la coopération et de l'appui de nos partenaires multilatéraux, régionaux et bilatéraux, mais aussi celle des entreprises qui ont la technologie et l'expertise que nous n'avons pas dans ce domaine. C'est pourquoi nous avons relancé notre projet de développement de l'énergie géothermique de 300 MW grâce au soutien du gouvernement de la Chine. C'est dans cet esprit que nous avons signé avec un consortium de banques, dont la Banque mondiale, le Fonds de l'OPEP, la Banque africaine de développement et l'Agence française de développement un projet de forage géothermique pour certifier notre potentiel dans ce domaine. D'autres partenaires privés avec lesquels nous sommes actuellement en discussion sont également intéressés par notre projet. Mesdames et Messieurs, L'objectif de mon pays est de fournir de l'énergie à tous les Djiboutiens et de devenir en 2020 le premier pays d’Afrique utilisant entièrement une «énergie verte». Nous avons une population de près d'un million, sur une superficie de 23.000 km2 avec un  énorme potentiel en matière d'énergies renouvelables. Je crois qu'avec tous ces avantages et le soutien de nos partenaires, nous pouvons Insha Allah atteindre cet objectif. FIN DE DISCOURS

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