Pour une meilleure visibilité de la politique de santé

Par Fahim | 11 mars 2009
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Pour une meilleure visibilité de la politique de santé

Source: ADI

Le symposium sur la santé s'inscrit dans la droite ligne des actions de communication et d'information publique, en vue d'assurer une visibilité et une lisibilité des interventions de la politique nationale de la santé pour tous, comme le recommande explicitement la feuille de route présidentielle pour le second mandat qui a débuté au mois de mai 2005. Depuis l'adoption en 1999, de la loi cadre d'orientation de la politique de la santé, tous les engagements pour l'amélioration et l'élargissement de la couverture sanitaire de la population ont été respectés et, à ce jour, les résultats enregistrés sont satisfaisants et les progrès réels et incontestables. Les efforts de réformes structurelles et d'investissements ont été redoublés, au cours de ces dernières années. Ce qui a permis de mener des programmes ambitieux : formation locale des médecins, accélération de cadence de formation des techniciens paramédicaux, modernisation des pôles hospitaliers, promotion de la santé ; de développement des stratégies de riposte rapide et efficace contre les épidémies, relance d'autonomie des régions sanitaires, renforcement des outils de soins de santé primaires, collecte des données de base, renforcement des cadres législatif et réglementaire de l'exercice médicale et de la politique sanitaire pharmaceutique, mise en place progressive des normes de la carte sanitaire. Cependant, à l'heure de la mondialisation et de la globalisation des infections émergentes et ré-émergentes, où le concept de la santé s'élargi, il faut considérer la problématique de la santé, non pas comme l'apanage du seul Ministère de la santé, mais sous l'angle des déterminants de la santé et des responsabilités partagées de l'ensemble des secteurs public, privé et communautaire. Les forces du développement ont des rapports plus ou moins directs avec l'amélioration ou la dégradation de l'état de santé de la population, tout comme elles peuvent favoriser la prolifération ou l'extinction des maladies et de leurs vecteurs. C'est cette dimension des responsabilités multisectorielles effectives qui est mise en valeur au cours des riches débats interactif séance plénière du premier jour du symposium sur la santé suivie d'atelier thématiques consacrés à des questionnements dominants du moment, dont les conclusions seront présentées en plénière, à la séance de clôture, samedi prochain. Le programme de communication du symposium sur la santé est conçu pour toucher un large public des acteurs et des bénéficiaires qui seront amenés par la voie des échanges dynamiques, à analyser les déterminants de la santé et à impulser des rapports institutionnalisés et des engagements de bas en haut. L'état de santé de la population de Djibouti demeure préoccupant, malgré un système de prestation des soins déconcentré et en constante amélioration. Il est caractérisé par des mortalités et morbidités toujours élevées. D'après l'Enquête Djiboutienne à Indicateurs Multiples (EDIM 2006), la mortalité maternelle est de 546 pour 100000 naissances vivantes et les taux de mortalités infantile et infanto juvénile sont respectivement de 67 et 94 pour 1000 naissances vivantes. Les cinq principales causes de morbidité dans la population générale, issues des données de routine du ministère de la santé, sont les infections des voies respiratoires, les fièvres d'origine inconnue, les anémies, les diarrhées et les affections de la peau. Chez les enfants, les affections les plus rencontrées sont par ordre d'importance : les infections des voies respiratoires (surtout la pneumonie), les maladies diarrhéiques, le paludisme, la malnutrition et diverses causes néonatales. Par ailleurs le pays est confronté aux maladies infectieuses à caractère épidémique et/ou endémique comme le paludisme, le choléra, la fièvre typhoïde, les diarrhées parasitaires et bactériennes, l'hépatite virale, le VIH/Sida (avec séroprévalence 2,9 %), les autres IST curables et la tuberculose estimée comme étant une des prévalences les plus élevées du monde, avec 121 / 100 000. A l'instar des autres pays sous-développés, la République de Djibouti fait face à l'émergence inquiétante des pathologies comme le diabète et les maladies cardiovasculaires. Les facteurs qui influencent l'étant de santé de la population de Djibouti sont essentiellement, la malnutrition chronique, le faible accès à l'eau potable, la faiblesse de l'hygiène publique, le faible niveau d'éducation des mères, les problèmes de l'emploi et de l'Habitat qui sont autant de déterminants de la santé, classés prioritaires pour la promotion de la santé. Grâce à la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, l'incidence des déterminants de la santé est paramétrée avec précision. Afin de maintenir un système de santé performant, en termes de qualité de prise en charge et de bons résultats sanitaires qui garantissent l'équité des soins de santé, il faut une collaboration multisectorielle et une meilleure participation des bénéficiaires à la mise en œuvre des politiques et des stratégies en vigueur en matière de santé et d'actions sur les déterminants de la santé. L'analyse des expériences étrangères montre que l'investissement dans des approches axées sur l'amélioration de la santé de la population offre des avantages de trois ordres, à savoir une prospérité accrue, des dépenses de santé moindres et une plus grande stabilité sociale. Le but du symposium sur la santé est donc de dresser l'état de lieu de la politique de santé, tout en mettant l'accent sur des objectifs spécifiques : Organiser une séance de plaidoyer politique axé sur les déterminants de la santé et sur le partage des responsabilités de l'ensemble des intervenants multisectoriels et communautaires de la santé ; Faire l'état d'avancement des objectifs de développement du millénaire et des engagements nationaux pour les atteindre ; Faire l'état de lieu des interventions intersectorielles et réfléchir sur les voies et moyens d'élargissements nationaux pour les atteindre ; Mettre en exergue les sources de financement du secteur de la santé ainsi que l'utilisation des fonds alloués ; Vulgariser le projet de l'assurance maladie à l'attention des différents acteurs et bénéficiaires concernés ; Sensibiliser les décideurs de la population sur les coûts réels des actes de soins et des usages rationnels des médicaments ; Recueillir toutes les recommandations pertinentes des participants, en vue de décliner des orientations et des directives politiques, pour les cinq prochaines années.

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