Journée internationale de la Femme : « je ne ménagerai aucun effort pour que les femmes soient mieux intégrées, la famille mieux protégée », déclare le chef de l’Etat

Par YHB | 08 mars 2009
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Journée internationale de la Femme : « je ne ménagerai aucun effort pour que les femmes soient mieux intégrées, la famille mieux protégée », déclare le chef de l’Etat

Source: ADI

Le Président Ismaïl Omar Guelleh a rehaussé de sa présence aujourd’hui au Palais du peuple, la célébration de la Journée internationale de la Femme Dans une allocution prononcée à cette occasion, le chef de l’Etat a réitéré son engagement de ne ménager « aucun effort pour que les femmes soient mieux intégrées, la famille mieux protégée, car une société qui ne reconnaît pas à la Femme toute sa place, une société qui ne protège pas les femmes de la violence et des discriminations, c’est une société qui ne peut pas avoir confiance en elle et donc en son avenir. » S’adressant à toutes les djiboutiennes, le chef de l’Etat a indiqué : « Il appartient à vous de prendre votre avenir à bras-le-corps, de bousculer les idées reçues. Ce pays a besoin de femmes plus audacieuses capables de faire tomber les résistances qui ne favorisent personne mais au contraire bride le développement de notre pays. » L'ADI reproduit intégralement le discours présidentiel. "Je voudrais me réjouir en ce jour mémorable du 08 Mars 2009, d’être présent parmi vous, pour qu’ensemble nous rendions un hommage appuyé aux femmes, partout où elles se trouvent. Comme chaque année, la Journée Internationale de la Femme nous offre l’occasion de réfléchir sur la condition féminine dans le monde et particulièrement dans notre pays. Comme chaque année, cette journée commémorative dédiée à la femme nous offre l’opportunité de nous mobiliser, une fois encore, pour renforcer les droits des femmes, et leur participation au processus du développement social, économique et politique. En effet, tant que dans le monde, les droits des femmes à l’égalité, à la liberté seront bafoués, tant que les femmes resteront les victimes privilégiées des abus et des violences, tant que son humanité sera niée, cette journée n’aura de cesse, pour nous, d’avoir un sens. Et c’est ainsi que chaque année, à chaque 8 Mars, nous, responsables politiques, sommes rappelés à nos engagements, à nos promesses, et que nous rappelons leur rôle vital dans le renforcement et la cohésion de notre société. Elles le font souvent et réunissent là où c’est le plus difficile, grâce à leur courage et abnégation. Mesdames et Messieurs, La création d’un Ministère chargé de la Promotion de la Femme, au lendemain de la constitution de mon gouvernement en 1999, était un engagement ferme qui traduisait une volonté politique de remettre la femme djiboutienne à la place qui lui revenait de droit : celui de maillon incontournable du développement durable de notre nation. Nous avons voulu créer un ministère qui soit le refuge institutionnel que la République mettait à la disposition des djiboutiennes, un lieu qui défendre leurs droits et qui fasse entendre leur voix. Dix années plus tard, et à travers les réalisations accomplies, le ministère est devenu un lieu dépositaire d’un nouveau projet de société plus juste, plus équitable donc plus équilibré. En dix ans, force est de constater qu’il a amorcé un changement durable dans la société. Il a rendu possible l’avènement de la femme actuelle djiboutienne. Une femme épanouie assumant, sans complexe, sa modernité et gardant sa spécificité culturelle et musulmane. Une femme intégrée dont l’évolution est de plus en plus visible. Aussi souhaiterais-je profiter de l’occasion que m’offre la célébration de la décennie du Ministère de la Promotion des Femmes pour adresser mes vives félicitations à trois femmes, trois pionnières, les ministres qui ont porté ce Ministère avec le succès qu’on connaît, qui ont su remplir leurs fonctions avec brio, avec responsabilité et prendre à bras-le- corps la détresse de leurs concitoyennes. Madame la ministre, Vous venez de nous rappeler, avec beaucoup d’éloquence, combien est long le chemin de l’intégration complète et du développement de la femme djiboutienne. Le combat que vous menez aux côtés de ces femmes est loin d’être fini. De ce fait, permettez-moi, Madame la Ministre, de vous renouveler l’engagement de mon gouvernement à faire sienne votre cause et à vous soutenir dans vos actions. Comme j’ai pu le dire, par le passé, je ne ménagerai aucun effort pour que les femmes soient mieux intégrées, la famille mieux protégée, car une société qui ne reconnaît pas à la Femme toute sa place, une société qui ne protège pas les femmes de la violence et des discriminations, c’est une société qui ne peut pas avoir confiance en elle et donc en son avenir… Aussi, comprendrez-vous Mesdames et Messieurs, que les défis à relever à Djibouti ne s’analysent plus en termes de volonté politique, d’engagement du gouvernement ou de contexte favorable, mais plutôt en termes de compétence acquises par les femmes, de présence sur les champs de compétition diverse et de constance dans la mobilisation pour plus de responsabilités. Maintenant qu’elle fait l’objet d’attention particulière, maintenant qu’elle bénéficie de la protection d’un cadre légale, que de nouvelles perspectives lui sont ouvertes, il appartient, désormais, à la femme djiboutienne de prendre sa destinée en main. Chères djiboutiennes, Il appartient à vous de prendre votre avenir à bras-le-corps, de bousculer les idées reçues. Ce pays a besoin de femmes plus audacieuses capables de faire tomber les résistances qui ne favorisent personne mais au contraire bride le développement de notre pays. Il vous faut, plus que jamais, basculer dans la nouvelle économie qui est celle de l’entreprise performante et du savoir efficient. La question principale est, certes, de mesurer votre participation en nombre d’enseignantes, de médecins mais surtout, en nombre de femmes chefs d’entreprises, d’entrepreneurs produisant de la richesse pour leur bien, pour le bien de leur famille et le bien de toute la nation. Oui, Mesdames, je vous invite à participer à cette grande aventure entrepreneuriale que j’appelle de mes vœux et qui pourra nous permettre de profiter et de participer activement à l’évolution du monde. Je tiens à saluer ces pionnières que sont les quelque 4000 utilisatrices de micro-crédits de l’ADDS. Je tiens également à saluer l’audace de toutes celles qui se sont lancées comme défi de réussir dans des métiers dits « masculins ». Je pense aux femmes d’honneur, nos femmes en uniforme que j’aurais plaisir à récompenser, lors de cette nouvelle édition du Grand Prix du Chef de l’Etat. Je pense aux femmes chauffeur de bus, de taxi bientôt, quoique encore peu nombreuses. Je n’ai nul doute sur la force et la sincérité de vos engagements, nul doute quant à la réussite de votre mission. Car, quand une femme s’engage, c’est avec la force de son cœur. Car nos femmes, sont des femmes de cœur ! Des femmes d’exception ! Soutenons cette dynamique positive. Amplifions-là, diversifions-là. Aucune femme ne doit être laissée en marge de ce mouvement. Elle doit concerner aussi bien les citadines que les femmes rurales et aussi, toutes les couches sociales, ce qui suppose que l’éradication de l’analphabétisme, l’éducation des jeunes filles, l’accès au soin pour toutes. Mesdames et Messieurs, Je ne pourrais clore ce discours sans dire un mot sur le thème retenu par la communauté internationale qui place cette journée sous le signe du refus des violences à l’encontre des femmes et des filles. La violence faite aux femmes repose souvent sur le silence et le refus de voir ce qui est pourtant évident. C’est un sujet trop grave pour être tu. Il est vrai que s’engager n’est jamais facile. Cela demande le courage de regarder, d’écouter, et de témoigner de la violence. Mais sans les yeux, les oreilles et le cœur des autres, les femmes et les filles victimes de violence resteront à jamais isolées. C’est pourquoi, il nous faut marquer notre condamnation face à ces actes abominables. Il nous faut marquer notre désapprobation face à ces actes abominables d’une grande lâcheté bien que nous ayons réalisés des avancées notoires dans les domaines de la protection des femmes et de l’impunité face à ces crimes, il est impératif que nous renforcions nos actions et nous engagions davantage en vue de l’élimination de la violence contre femmes. Je pense notamment que la mise en place de la cellule d’écoute, d’information et d’orientation des femmes contribuera énormément à réduire la violence contre elles. Nous sommes conscients que ce fléau ne disparaîtra pas demain, néanmoins, nous sommes fermement résolus à l’éradiquer". FIN DE DISCOURS

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