Discours du chef de la diplomatie djiboutienne à la réunion ministérielle du 16è Sommet du Mouvement des Non-alignés
Par IOH
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30 août 2012
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Source: ADI
Dans une importante allocution prononcée hier à la réunion ministérielle du 16è Sommet du Mouvement des Non-alignés à Téhéran (Iran), le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Mahmoud Ali Youssouf, est revenu sur les défis que doivent relever les pays non-alignés "dans un monde multipolaire".
"La configuration des deux blocs au milieu de laquelle le mouvement des pays non-alignés a pu se frayer son chemin est révolue", a-t-il insisté.
L’ADI reproduit ci-dessus le discours du chef de la diplomatie djiboutienne dans son intégralité.
"Excellence Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
J’aimerais tout d’abord, au nom de la délégation de Djibouti, vous adresser nos sincères félicitations pour votre prise de fonction à la présidence du conseil des ministres des affaires étrangères du Mouvement des Pays Non-Alignés et notre appréciation à la présidence de l’Egypte qui fait aussi utile.
Nos sincères remerciements au gouvernement et au peuple iranien pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité généreuse qui nous ont été réservés depuis notre arrivée dans ce beau pays.
Le thème de cette conférence s’inscrit pleinement dans le contexte mondial très volatile en matière de paix et de sécurité contexte exacerbé par les effets d’une crise économique mondiale sans précèdent.
Il convient de signaler que la paix durable dans le monde n’est certainement plus l’affaire d’un petit groupe de pays qui s’arrogent la mission ou le droit d’être le gendarme et la police du monde.
L’on ne soulignera jamais assez le fait que des intérêts nationaux, parfois partisans et souvent restrictifs, prennent le dessus sur l’instauration d’une paix durable à travers le monde.
Nous vivons aujourd’hui dans un monde multipolaire car la configuration des deux blocs au milieu de laquelle le mouvement des pays non-alignés a pu se frayer son chemin est révolue.
Il est indispensable de repenser la gouvernance mondiale. Cela passe, bien entendu, par la réforme du conseil de sécurité des Nations Unies, cela aussi passe par une réforme de notre propre mouvement afin d’éviter de tomber dans les mêmes travers dans lesquels les ténors de l’ancienne configuration sont tombes, c’est-à -dire, une prise en otage de l’intérêt général au profit de considérations et des raisonnements tout à fait étriqués et sans perspectives sur le long terme.
Quand un pays tombe dans la tragédie d’une guerre civile ou deux pays sont au bord du conflit, la prise en charge de ces conflits est soit négligée, parce que ce pays ou ces pays ne présentent aucun intérêt stratégique ou économique, soit c’est une focalisation à outrance.
Observez la crise en Somalie, pendant des années le conseil de sécurité des Nations Unies a refusé d’envoyer des forces de maintien de la paix onusiennes dans ce pays déchiré par un conflit fratricide. Jusqu’à ce que l’Union Africaine décide courageusement d’assumer cette responsabilité en mettant en place l’AMISOM auquel participe un bataillon de mon pays.
La crise en Syrie est un autre exemple de la défaillance de la gouvernance globale. Les pertes de vies humaines dans ce pays frère est une source de préoccupation. Il apparait donc essentiel de passer à l’alternative. Cette alternative reste une reconfiguration de cette gouvernance globale.
L’on ne doit pas non plus se bercer d’illusion en pensant que notre mouvement pourra seul assumer cette responsabilité. Notre mouvement devrait plutôt jouer un rôle moteur dans cette configuration de la gouvernance globale.
Nul doute que 120 pays représentent les 2/3 de la communauté internationale et constitue une force politique incontestable. L’on doit pouvoir influer d’une manière ou d’une autre sur la gouvernance globale.
Certes, la tâche n’est pas de tout repos, mais l’opportunité de cette action de notre mouvement ne fait aucun doute et devrait s’imposer naturellement.
Monsieur le Président,
Excellence Mesdames et Messieurs,
Mon pays, Djibouti, croit en les valeurs de paix et de justices universelle. Djibouti a largement contribue a la paix dans la corne de l’Afrique et en Somalie en particulier.
Aujourd’hui, membre du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine, membre du Conseil des Nations Unies pour les droits de l’Homme et membre du Conseil Exécutif de l’UNESCO, nous œuvrons sans relâche au sein de tous ces organes à promouvoir la paix en Afrique et dans le monde.
L’initiative d’une gouvernance globale partagée en faveur d’une paix durable lancée à partir de Téhéran ne pourra se concrétiser qu’à travers la mise en place d’un mécanisme au sein de notre mouvement afin de mettre en place une stratégie et un plan d’action en vue d’une matérialisation effective de cette initiative.
Le mécanisme peut prendre la forme d’une commission ou d’un secrétariat ayant un mandat et un calendrier précis.
C’est dans ce sens que le thème proposé, pour ce 16eme Sommet, sonne le glas d’un système révolu et augure l’avènement d’une ère nouvelle.
Je vous remercie de votre aimable attention."
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