AJD : Tenue d’un atelier sur la sécurité des journalistes sur les théâtres de conflit
Par AAS
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30 août 2012
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Source: ADI
La salle de conférence de l’ONG Bender-Jedid a abrité hier un atelier de formation et de sensibilisation sur la sécurité des Journalistes dans les zones dangereuses.
Une vingtaine de professionnels des médias issus de différents organes de presse locaux se sont retrouvés lors de cette session organisée par l’Association des Journalistes Djiboutiens en collaboration avec la Fédération Internationale des Journalistes et l’Association des Journalistes d’Afrique de l’Est. Les travaux de cet atelier dispensé par un expert consultant britannique doivent prendre fin aujourd’hui jeudi.
En ces temps où les foyers de tensions et les crises s’accumulent et se multiplient à travers le monde, le métier de journaliste est de plus en plus vulnérable face à cette violence déchaînée.
Tout à fait conscients de ces facteurs de risques, les professionnels des médias ont adopté certains comportements qui leur garantissent un minimum de sécurité tout rapportant fidèlement les faits et les évènements tels qu’ils se déroulent sur les différents théâtres.
C’est le sens de l’atelier qui réuni depuis hier un panel de journalistes Djiboutiens et le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, M. Ali Mohamed Abdou ainsi que le représentant de la Fédération Internationale des Journalistes, M. Sadibou MARONG.
En ouverture des travaux de l’atelier, le président de la CNDH, M.Ali Mohamed Abdou a rappelé le partenariat qui lie les journalistes Djiboutiens et son instance. Le Droit à l’intégrité physique et morale est un droit inaliénable à chaque être humain et à plus forte raison les journalistes qui sont investis d’une mission noble d’information du grand public, a-t-il déclaré.
En ce sens, je suis attaché à garantir la préservation de tous les Droits des journalistes et je leur réaffirme ma solidarité et mon soutien dans l’exercice de leur métier, a-t-il ajouté. Il a conclu son propos par le souhait de voir cet atelier porter ses fruits.
A son tour, le président de l’AJD, M. Kenedid Ibrahim Houssein, a fait une importante déclaration dans laquelle il est revenu sur les objectifs du colloque. Les techniques de sécurité propres aux zones dangereuses doivent désormais faire parti des connaissances pratiques du journaliste, a-t-il affirmé. Malgré le contexte de stabilité de notre pays, il arrive que certains de nos confrères reporters soient amenés à travailler dans des zones à hauts risques plongés dans des conflits sanglants.
C’est pourquoi M. Kenedid estime qu’ils doivent maitriser les règles relatives à la sécurité pour ne pas s’exposer à des dangers évitables, a-t-il continué. Ces deux jours de séminaire prépareront les journalistes à l’évaluation de la sécurité, l’utilisation du bon sens et du discernement pour les préparer aux risques éventuels ou encore la gestion des contacts dans les zones hostiles, a-t-il encore soutenu.
En dressant le constant alarmant de 40% de décès de journalistes pendant la seule année écoulée, le président de l’AJD a mis l’accent sur l’urgence de préparer les journalistes aux questions de sécurité.
De son côté, le représentant de la Fédération Internationle des Journalistes, M. Sadibou MARONG, a rappelé l’importance d’établir un partenariat efficace entre son institution forte de ses 600 000 membres à travers le monde et les groupements professionnels des médias de la corne.
En ce qui regarde la session de formation en cours, il a exprimé son souhait de voir se développer un partage d’expérience et de vécu entre les journalistes présents sur les questions de sécurité. Votre pays est un havre de paix, a-t-il poursuivi, mais les foyers de tension ne manquent pas tout autour de vous. C’est pourquoi les journalistes doivent se préparer à opérer sur des scènes similaires, a-t-il terminé.
L’expert consultant, M. Charles Edward Newton, s’est ensuite attelé à faire une présentation des grandes lignes de son exposé sur les techniques de sécurité à adopter dans les zones à risques. Il a proposé à ses auditeurs de pencher avec lui sur plusieurs points essentiels qu’il a illustrés avec force détails et exemples pris sur le vif du terrain.
Les unes après les autres, il a abordé toutes les mesures spécifiques de vigilance et de prudence à développer dans le métier. Avant de s’attaquer aux comportements qui peuvent mettre en péril la sécurité des biens et des personnes dans les différents théâtres hostiles. M. Newton a par après fait une longue énumération des différents gadgets à porter sur soi indépendamment des circonstances.
Le kit de survie, le guide pratique et une cartographie détaillée de la zone où l’on évolue son indispensables. Par la suite, il a souligné l’obligation du strict respect des codes moraux et des moeurs en vigueur dans les pays où l’on se trouve. Les us et les coutumes, la moralité en vigueur voire même les modes vestimentaires et les tenues favorites de la société doivent impérativement être connue avant de s’y rendre a-t-il ajouté.
En revanche, il a appelé à bannir tout objet ou attitude susceptible de provoquer la confusion et faire passer les journalistes pour un protagoniste dans le conflits en cours. Autre source d’insécurité, les moments de déplacements et les voyages dans les zones d’affrontement. Là aussi, l’expert s’est épanché en recommandations et en conseils sur les méthodes et les précautions à prendre.
Il a insisté sur le choix minutieux à faire quant au transporteur et à l’itinéraire à privilégier dans ces moments. Par ailleurs, a-t-il insisté, selon chaque contexte l’on doit opter de préférence pour un voyage en convoi ou par petit groupe.
De même, certaines consignes doivent impérativement être suivies devant les chekpoints et les barrages tenus par des forces régulières ou des rebelles, a-t-il poursuivi. Ces recommandations ont été suivies avec beaucoup d’attention et de rigueur par l’auditoire.
Après les exposés et les présentations techniques, des échanges passionnés sur les expériences entre les journalistes et leur formateur sont intervenus.
Ce dernier les a fait profiter de sa longue expérience puis les a gratifié de quelques extraits sur les risques qu’il a encouru lors de son passage dans une Libye en plein conflit.
Des exemples vivants de journalistes tués, blessés ou kidnappés dans des endroits chauds de la planète ont été revus à la fin. Les travaux de cet atelier devront prendre fin dans la journée d’aujourd’hui.
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