Rio + 20 : Le Premier ministre appelle à une action commune pour atteindre une croissance verte

Par IOH | 23 juin 2012
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Rio + 20 : Le Premier ministre appelle à une action commune pour atteindre une croissance verte

Source: ADI

Dans une importante allocution prononcée dans le cadre des travaux de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) - la plus grande conférence jamais organisée par l'ONU-, le Premier ministre, M. Dileita Mohamed Dileita, a insisté sur la nécessité d’une action commune permettant d’atteindre à terme une croissance verte. L’ADI vous propose ci-dessous l’intégralité du discours du Premier ministre qui, rappelons-le, est à la tête de la délégation représentant notre pays à ces assisses et composée entre autres de M. Hassan Omar Mohamed, ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Environnement, de Mme Zahra Youssouf Kayad, secrétaire d'Etat à la Solidarité Nationale, et de M. Robleh Olhayé, ambassadeur de Djibouti aux États-Unis d'Amérique et à l’ONU. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Présidents et Premiers Ministres, Mesdames et Messieurs les Ministres et Chefs de délégation, Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, Mesdames et Messieurs, C’est un honneur et un plaisir pour moi de m’adresser à cette auguste assemblée réunie à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable appelée Rio+20. Permettez-moi tout d’abord d’exprimer notre gratitude au Gouvernement et au peuple du Brésil pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé depuis notre arrivée dans cette belle ville de Rio. Mes remerciements s’adressent également au Secrétariat des Nations Unies pour l’excellente organisation des travaux et la qualité des documents mis à notre disposition. Nous voici de retour à Rio de Janeiro vingt ans après le premier sommet consacré au développement durable qui, comme vous le savez, comporte trois piliers : le développement économique, la lutte contre la pauvreté et la protection de l’environnement. Vingt ans après, le moment est venu de dresser le bilan des actions réalisées et de tracer les perspectives pour les prochaines décennies. Cette conférence des Nations Unies sur le Développement Durable, qui nous réduit aujourd’hui devrait s’atteler à cela et devrait servir à faire développement durable une réalité. Mesdames et Messieurs Depuis le sommet de Rio notre pays a beaucoup progressé sur le chemin du développement durable. De nombreux investissements directs étrangers ont été réalisés dans les secteurs de transport et du tourisme. Ces investissements ont permis d’atteindre un taux de croissance annuel de 5% et ce, depuis plusieurs années. Afin de lutter contre la pauvreté un programme appelé Initiative Nationale pour le Développement Social a été mis en place. Dans le cadre de ce programme de nombreux projets ont été mis en œuvre pour améliorer l’accès aux services sociaux de base tels que l’éducation, la santé, l’eau et le logement. Dans l’objectif de promouvoir la sécurité alimentaire plusieurs périmètres agropastoraux sont développés. Par ailleurs, du fait de l’aridité du climat qui limite le développement agricole dans notre pays, nous avons acquis des fermes agricoles dans les pays voisins. En outre, les taxes sur les denrées alimentaires de base ont été supprimées afin d’alléger l’impact de la volatilité des prix mondiaux des produits alimentaires sur la population. En république de Djibouti où la température est élevée et la pluviométrie est faible, l’accès à l’eau reste un défi majeur. C’est pourquoi nous prévoyons de dessaler l’eau de mer en utilisant l’énergie éolienne. Dans le domaine de l’énergie, l’interconnexion avec l’Ethiopie a été réalisée avec succès par le Gouvernement et les défis que nous imposait l’augmentation croissante du prix de pétrole, seront relevés tout en réduisant l’émission des gaz a effet de serre. De même, la mise en œuvre prochaine du projet de valorisation des déchets solides (production des fertilisants pour l’agriculture et centre d’enfouissement technique) et liquides (future mise en place d’une nouvelle station d’épuration) s’inscrit dans le cadre de l’effort que le gouvernement a engagé pour favoriser un développement durable. Afin d’augmenter la résilience au changement climatique des populations et des écosystèmes, le Gouvernement est en train de mettre en œuvre un projet visant à réhabiliter la forêt de mangrove qui était très dégradée. Notre participation au projet africain de la Grande Muraille Verte permettra a la fois de lutter contre la désertification et les effets néfastes du changement climatique. Mesdames et Messieurs Si en vingt ans beaucoup d’actions ont été réalisées et ont abouti, il n’en demeure pas moins qu’un long chemin reste encore à parcourir pour atteindre le développement durable. Ainsi, le taux de pauvreté est très élevé dans nos pays. Le chômage des jeunes est préoccupant. Beaucoup de nos concitoyens n’ont pas encore accès aux services sociaux de base : l’eau et l’assainissement, un logement décent, une énergie à un prix abordable. Vingt ans après Rio, le changement climatique s’est aggravé et la perte de la biodiversité s’est accélérée. De même les sécheresses et la désertification menacent plus que jamais la survie de nos populations rurales tout en augmentant l’exode rural des plus vulnérables. Au regard de l’épuisement des ressources naturelles, réduction de la biodiversité, intensification des catastrophes climatiques, du creusement des inégalités, et de l’augmentation de la pauvreté, vingt ans après le Sommet de la Terre tenue à Rio, le bilan des actions visant à atteindre le développement durable est bien faible. C’est pourquoi, la communauté internationale doit prendre à Rio des décisions concrètes et tangibles avec des objectifs précis qui permettront de relever ces défis. Nous devons agir pour que le fruit de la croissance économique soit profitable à l’ensemble des peuples et pour que cette croissance ne soit pas destructrice des ressources naturelles que nos devons léguer à nos enfants. La lutte contre la pauvreté nécessite une mobilisation importante d’un financement international pérenne et prévisible. De même la gouvernance internationale de l’environnement doit être améliorée sensiblement en dotant le Programme des Nations Unies pour l’Environnement d’une structure institutionnelle adéquate et des moyens financiers conséquents. C’est en agissant ensemble et de concert que nous pourrions atteindre une croissance économique verte et socialement équitable. Je vous remercie de votre aimable attention.

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