La conférence internationale sur la Somalie d’Istanbul «est une opportunité unique qu’il nous faut saisir pour remettre la Somalie sur le chemin de la paix et de la stabilité» selon le Président djiboutien
Par YHB
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01 juin 2012
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Source: ADI
Le Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, qui se trouve actuellement à Istanbul, en Turquie, où il participe à une conférence internationale sur la Somalie, a prononcé aujourd’hui sur place un discours dans lequel il a salué particulièrement le rôle joué par la Turquie et les Nations Unies pour «la tenue de cette conférence éminemment importante, ainsi que pour les efforts soutenus déployés en vue d’éviter que la somalie ne tombe dans l’oubli, abandonnée à ses souffrances et à ses tragédies». M. Ismaïl Omar Guelleh qui a déclaré devant ce sommet que la République de Djibouti «ne peut que se réjouir de ces efforts inlassables», s’est dit «profondément convaincu que cette conférence ne sera pas l’occasion de réitérer des nouvelles déclarations d’intentions, mais une réunion résolument ambitieuse où des réponses exceptionnelles seront apportées à une crise et une détresse exceptionnelles».
Le Chef de l’Etat djiboutien, s’est dit «persuadé que cette conférence est une opportunité unique qu’il nous faut saisir pour remettre la Somalie sur le chemin de la paix et de la stabilité». «Il faudra, a-t-il dit, impérativement tracer des nouvelles perspectives post transitionnelles claires et ambitieuses en vue de la mise en place de fondements institutionnels solides et fonctionnels, et cela dans les deux et trois prochaines années».
L’ADI publie en intégralité cette allocution du Président de la République.
"Louange à Dieu que la paix et la bénédiction soient sur le Prophète, sa Famille et ses Compagnon.
Excellence Monsieur le Premier Ministre de la Turquie,
Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Monsieur Ban ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies,
Monsieur Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine,
Mesdames et Messieurs,
Je souhaiterais, tout d’abord, exprimer mes remerciements les plus sincères au Gouvernement et au peuple turc pour l’accueil chaleureux et fraternel qui nous a été réservé depuis notre arrivée ici.
Je tiens, ensuite, à saluer la République de la Turquie et les Nations Unies pour la tenue de cette conférence éminemment importante, ainsi que pour les efforts soutenus déployés en vue d’éviter que la somalie ne tombe dans l’oubli, abandonnée à ses souffrances et à ses tragédies.
La République de Djibouti ne peut que se réjouir de ces efforts inlassables et je suis profondément convaincu que cette conférence ne sera pas l’occasion de réitérer des nouvelles déclarations d’intentions, mais une réunion résolument ambitieuse où des réponses exceptionnelles seront apportées à une crise et une détresse exceptionnelles. Le premier challenge auquel nous faisons face est de définir, tout d’abord, des véritables mécanismes pour mettre fin à la transition.
Ensuite, il faudra impérativement tracer des nouvelles perspectives post transitionnelles claires et ambitieuses en vue de la mise en place de fondements institutionnels solides et fonctionnels, et cela dans les deux et trois prochaines années.
Toutefois, au delà du microcosme politique, il faudra, Mesdames et Messieurs, tenter de trouver des réponses fortes et pérennes au désespoir des millions de refugiés et de déplacés somaliens. Je pense, particulièrement, à ces enfants, à ces femmes, à ces vieillards qui croisent quotidiennement la maladie et la mort, qui attendent patiemment depuis deux décennies, entassés dans des camps de refugiés ou dans des villes meurtries.
C’est à ces souffrances humaines, à cette tragédie interminable qu’il nous faut trouver une réponse si on veut restaurer l’espoir et la paix en Somalie.
Excellences,
Mesdames et Messieurs
A trois mois de la fin de la transition, le 20 aout prochain, il me semble véritablement impératif de considérer lors de cette conférence, les progrès réalisés dans l’application de l’Accord de Kampala, les réunions de Garoowe I et II, ainsi que les consultations de Gaalkacayo. Mais il faut, également, examiner les difficultés rencontrées, quels que soient leur nature ainsi que la voie à suivre à l’issue de la transition.
Je conçois parfaitement que la fin de la transition soit un exercice difficile, tant elle requiert un leadership résolu, des décisions politiques cruciales, la mise en place de mécanismes extrêmement délicats. Et tout cela avec un parlement paralysé, sur une période relativement réduite.
Je tiens, à cet égard, à adresser mes félicitations aux leaders politiques somaliens, à l’Union Africaine et à l’UNPOS qui se sont attelés à cet exercice le 23 mai dernier à Addıs Abeba pour construire les bases d’un consensus absolument capital afin de parachever la transition.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Je reste persuadé que cette conférence est une opportunité unique qu’il nous faut saisir pour remettre la Somalie sur le chemin de la paix et de la stabilité.
Malgré quelques difficultés qui subsistent ici et là , les contextes politique et sécuritaire sont globalement favorables. Nous devons rester de manière unanime aux cotés de nos frères somaliens pour achever la transition dans un esprit de conciliation, d’équité et de transparence.
Nous devons, également, réfléchir de manière claire et sans équivoque aux décisions à prendre pour la période post transitoire. Les attentes et les aspirations du peuple somalien sont grandes. Elles ne se posent pas uniquement en terme politique, mais aussi en terme humanitaire et en terme de développement.
Au risque de me répéter encore une fois, je souhaiterais partager avec vous ma vision de la période post transitoire.
- Sur le plan politique, nous devons aboutir à des élections qui doivent favoriser l’émergence d’un leadership politique compétent, responsable, visionnaire, capable de réconcilier tous les segments de la société somalienne, au delà des clans, au delà des mouvements politiques ou religieux, au delà des régions ou encore des nouvelles lignes de divisons géographiques que nous voyons proliférer ces derniers mois. Je souhaite une Somalie réconciliée avec elle même et en paix avec ses voisins.
- Sur le plan sécuritaire, permettez moi, tout d’abord, de louer les efforts et les sacrifices consentis par Amisom, notamment les pays contributeurs de troupes, à savoir l’Ouganda et le Burundi qui continuent à aider le Gouvernement Fédéral de Transition somalien à assurer la sécurité à Mogadiscio et dans les régions avoisinantes, et cela dans des contextes politiques et institutionnelles souvent difficiles. A cet égard, je souhaite porter à votre connaissance, Mesdames et Messieurs, que Djibouti a, également, envoyé un bataillon en Somalie dans le cadre des opérations de stabilisation conduite par AMISOM.
Toutefois, il me semble, aujourd’hui plus que jamais, capital d’envisager la mise en place d’une force de maintien de la paix des Nations Unies et de définir des programme de réhabilitation de reconstruction des infrastructures institutionnelles et socio- économiques, comme il est d’usage dans les pays en phase de post conflit pour ne citer que le Liberia ou encore la Sierra Leone.
Il est également éminemment important de considérer la formation de forces de sécurité somaliennes. Les pays voisins, l’Union Africaine et les Nations Unies ne peuvent apporter leur soutien politique et militaire indéfiniment. C’est aux somaliens de veiller à la sécurité et à la paix de leurs populations et de leur Nation.
C’est dans cet esprit qu’il est absolument impératif de bâtir les fondements de forces de sécurité respectueuses des valeurs républicaines et de la constitution dont la somalie va bientôt se doter.
- Sur le plan humanitaire enfin, je pense qu’il nous faut tracer des nouvelles pistes de réflexions et plus précisément des véritables projet de développement devant aider la somalie à résister aux cycles de sècheresse répétés qui causent régulièrement des milliers de victimes et gonflent les rangs de refugiés et de déplacés. A cet effet, je suggère que la conférence prenne en considération la construction d’un système d’irrigation autour des deux grands fleuves Juba et Shebelle en vue du développement d’une agriculture vivrière. Ce qui réduirait les effets désastreux de la sècheresse. Cette approche résolument va non seulement réduire le nombre de personnes déplacées mais va contribuer aussi à créer des milliers d’emplois qui vont sauver toute une génération de jeunes emportés dans la tourmente de l’industrie de guerre.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Les grandes lignes que je viens de développer rejoint la vision développé par la République sÅ“ur de Turquie envers laquelle je voudrais exprimer ma gratitude. Je voudrais, également, adresser mes félicitations les plus chaleureuses à S.E.M Recep Tayyip Erdoğan Premier Ministre de la Turquie pour son leadership, sa vision et son engagement sans équivoque envers le peuple frère de la Somalie.
Mes remerciements vont également aux Nations Unies et à son Secrétaire Général M. Ban Kı Moon, qui, dans un contexte international chargé et extrêmement complexe, garde la Somalie parmi ses priorités.
Je ne saurais terminer mes propos sans rendre un hommage particulièrement vibrant au peuple turc non seulement pour son engagement sur le terrain par la voie du développement de plusieurs projets, mais aussi et surtout pour la vaste mobilisation humanitaire dont il a fait preuve, pour sa solidarité et sa générosité envers un peuple frère meurtri. Je salue la classe politique, le secteur privé, le peuple turc dans son ensemble qui s’est mobilisé autour d’une grande entreprise de collecte de fonds. Ceci, mes chers frères, est un geste qui rentrera dans l’histoire."
FIN DE DISCOURS
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