Le chef de l’Etat accorde un entretien à deux journalistes de la presse nationale
Par AGI
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09 mai 2012
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Source: ADI
Une année après son investiture, le 8 mai 2011, pour un nouveau quinquennat, le président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, a abordé, lors d’un entretien, avec deux journalistes de la presse nationale, l’ensemble des sujets ayant trait au développement socio-économique du pays, aux efforts menés pour soustraire les jeunes du chômage et de la précarité, des législatives qui pointent à l’horizon en janvier 2013.
Le chef de l’Etat a rappelé la nécessité à trouver une parfaite adéquation entre formation, cursus universitaire et offres d’emplois, citant l’exemple de l’ouverture aux jeunes des métiers de la mer.
Après la réalisation du gigantesque projet d’interconnexion électrique entre Djibouti et l’Ethiopie, ceux relatifs à la mise en place de câbles à fibres optiques devant faire de Djibouti un centre régional de télécommunications, le Président de la république a mentionné les multiples chantiers lancés dont l’extension du terminal à conteneurs de Doraleh, la transformation du "PAID" en terminal vraquier devant accueillir d’énormes silos à grains.
Il a parlé de la création du port de Tadjourah et de deux autres quais pour l’exportation du sel et des perlites au Lac-Assal ou le quai à bétails à Douda. A ceux-là s’ajoute le prochain démarrage des activités de la cimenterie d’Ali-Sabieh et de deux usines de dessalement d’eau de mer.
Le président Guelleh évoqué son combat pour élever le niveau de vie des plus faibles avec le relèvement du salaire minimum, le maintien des subvention des produits de premières nécessités , la baisse de la facture électrique pour des milliers de foyers à faibles revenus ou enfin la baisse des tarifs des télécommunications.
Au cours de cet entretien, le chef de l’Etat, qui a parlé du rendement de son cabinet ministériel, a en outre confirmé, l’envoi prochain d’un bataillon de militaires djiboutiens en Somalie.
Il a par ailleurs fait le point sue la situation au Yémen et les intenses efforts diplomatiques poursuivis afin d’éviter une reprise de la guerre entre le Soudan du nord et le sud Soudan.
Khaled Haidar : Dans quel état d’esprit abordez-vous ce premier bilan d’une année, d’autant plus que beaucoup de vos ministres disent qu’une année, c’est assez court ?
Ismail Omar Guelleh : Je voudrais d’abord remercier le peuple djiboutien dans son ensemble pour m’avoir encore une fois donné l’occasion de le servir. Une année, c’est beaucoup et c’est peu à la fois. Nous avions au cours du deuxième mandat posé les jalons d’un certain nombre de programmes de développement et ouvert un certain nombre de chantiers. C’est le début de ces chantiers ou de ces programmes, notamment les réformes de l’éducation, de la santé, de la justice et aujourd’hui nous sommes dans la réforme de l’administration avec un partenaire stratégique qui est l’Ecole Nationale de l’Administration du Québec. Sans oublier l’assurance maladie qui permettra à nos populations des soins pour tous.
Yahya Ali : Pour commencer le dossier politique, la dernière réunion du comité central du RPP, principale formation de l’UMP s’est déroulée le 30 avril et dans votre discours vous avez évoqué la nécessité de procéder à des changements et dit qu’on devait en finir avec des "dogmes éculés" c’est l’expression que vous avez utilisée. Que doit-on comprendre ?
IOG : Dans la marche du temps, il y a quelque chose d’inéluctable, c'est-à -dire qu’il est essentiel de se remettre en cause ou en question. La dernière fois, le RPP a eu sa réunion du comité central qui lui a permis de tout mettre à plat. Il est essentiel qu’une organisation ou un parti politique, de temps à autre, lorsqu’il veut entamer une introspection ou reprendre un élan, se remette en question. C’est dans cet esprit que nous avons entamé cette nouvelle configuration du parti pour qu’il puisse affronter les échéances à venir.
Yahya Ali : Est-ce que cela augure des changements ? Est-ce qu’on peut dire que le RPP fera peau neuve en particulier avant les législatives de 2013?
IOG : Certainement, il va falloir se présenter devant le peuple avec un nouveau programme, une nouvelle génération. Chaque génération doit céder la place et faire rentrer la nouvelle. Mais il faut d’abord la former.
Yahya Ali : Est-ce que vous pensez également que vos alliés de l’UMP devraient suivre la tendance pour se renouveler ?
IOG : Je pense qu’ils vont suivre le mouvement.
Khaled Haidar : Vous avez réussi à préserver le secret des débats et des délibérations au cours de cette réunion qui s’est déroulée à huis clos. Rien n’est pratiquement sorti. On parle également du Sénat et de la deuxième chambre…
IOG : Je crois que la commission chargée d’élaborer les structures du sénat est en place, nous avons besoin toujours d’expertises et de meilleures connaissances sur ce terrain-là . Je pense que le sénat français va envoyer incessamment quelqu’un qui va nous aider à mettre en place un dispositif…
Yahya Ali : Ce sera pour quand ?
IOG : Très prochainement, dans les mois qui viennent.
Yahya Ali : La victoire obtenue par la liste indépendante RADD face à l’UMP, lors des dernières élections communales et régionales dans les deux plus grosses communes de la capitale, pour être précis Balbala et Boulaos, a créé la surprise. Comment expliquez-vous cette percée alors qu’il ne s’agit pas d’une formation politique ?
IOG : C’est une victoire du peuple avant tout. Une victoire de la démocratie aussi parce que le peuple djiboutien a démontré sa capacité à faire preuve d’une conscience politique aigüe. Et à chaque fois qu’il a face à lui un programme ou des interlocuteurs et des alternatives, il sait faire la part des choses. C’est ce que j’ai retenu et je voudrais dire à cette occasion à ceux qui ont été élus que c’est à eux de faire maintenant leurs preuves. A eux de démontrer qu’ils sont capables d’être à la hauteur de la mission qui leur est assigné. Il faut qu’ils sachent qu’ils représentent l’ensemble des Djiboutiens, qu’ils aient voté pour eux ou non.
Khaled Haidar : Comment jugez-vous ce contraste qu’une association de jeunes puisse percer sur le plan politique alors que les partis de l’opposition jouent la chaise vide?
IOG : Cela ne me gène pas et cela ne gène pas non plus le peuple djiboutien dans la mesure où nous continuons de travailler. Mais c’est dommage, cette peur de se présenter devant le peuple de la part de nos amis de l’opposition. C’est en se jetant à l’eau que l’on apprend à nager. C’est dans l’action qu’on juge les gens. Le succès de ce jeune mouvement indépendant en est la preuve. Et ce n’est pas la première fois. Car nous avons vu également en 2006 des listes indépendantes qui ont obtenu un score assez important. La diversification, les nouveaux visages, les programmes variés, tout cela intéresse nos populations.
Yahya Ali : Vous avez formé un gouvernement composé en majorité de jeunes technocrates. Cette équipe vous donne-t-elle satisfaction ou rempli-t-elle pleinement sa mission ?
IOG : Vous savez que tout changement a ses critiques. On nous reprochait de choisir avant des profils politiques plutôt que des hommes de dossiers. L’inverse est valable aussi. Je ne donne pas un plein “satisfecitâ€. Ils ont beaucoup de choses à faire, et surtout beaucoup de choses à apprendre. Certains d’entre -eux s’en sortent mieux que d’autres.
Yahya Ali : Vous pensez que certains manquent d’expérience ?
IOG : Bien sûr, je vous ai dit qu’ils ont bien de choses à apprendre, surtout pour ceux qui viennent d’arriver. Je pense qu’il faut leur donner le temps de s’exprimer et de pouvoir mener leur travail dans les meilleures conditions possibles. Mais ils seront jugés très vite, par moi-même d’abord, et ensuite par le peuple djiboutien. Comme on dit, personne n’est irremplaçable. Je pense que nous sommes sur le bon chemin.
Khaled Haidar : Vous avez aussi rajeuni le corps diplomatique.
IOG : Bien. Nous sommes partis vers une diplomatie axée sur le développement plutôt qu’une diplomatie axée sur la politique, c’est pour cela que nous avons diversifié, que nous avons ouvert un certain nombre d’ambassades dans des pays avec lesquels où nous voulons travailler sur le plan du développement.
Yahya Ali : Nous allons passer au dossier économique. Vient en tête de ces questions, l’emploi. Malgré une économie en bonne santé qui prévoit cette année, selon le FMI, une croissance de 5%, vous avez vous-même à plusieurs reprises observé que cette croissance ne se répercute pas convenablement en termes de création d’emplois. Qu’est-ce qui bloque ? Est-ce qu’il y a des réformes structurelles à faire ?
IOG : Il y a toujours une inadéquation emploi/ formation. Il y a un choix à faire. Est-ce qu’il faut fermer l’université ?, est-ce qu’il faut revenir en arrière, laisser les plus modestes sur le carreau ici à Djibouti? Je doute aussi que l’Université donne directement un emploi après la sortie de l’Université; pour cela nous avons mis en place un vaste programme de formation professionnelle et d’enseignement technique aussi variés. Par exemple à Dikhil, nous allons mettre en place un lycée agricole, à Obock c’est la pêche, comme nous avons trop de chantiers dans les ports aussi bien à Douda qu’à Obock, au Goubet, à Tadjourah et à Djibouti, il nous faut beaucoup des jeunes qui travaillent dans les métiers des ports. C’est pour cela que nous avons pris un contingent de jeunes diplômés qui étaient au chômage et que nous formons pour 2 ou 3 ans. Nous les préparons ainsi pour les métiers de la mer ou des ports et les opportunités s’ouvriront à eux.
Khaled Haidar : Donc, vous allez revenir en gros sur les emplois qualificatifs avec beaucoup des métiers ?
IOG : Absolument, il faut qu’il y ait une adéquation entre la formation et l’emploi. L’Université de Djibouti est en train de revoir tout son dispositif.
Yahya Ali : Le gros lot des demandeurs d’emploi se compose des jeunes diplômés et parmi les solutions et les propositions que vous avez avancées, il y a le crédit jeunes ou un fonds que vous avez mis à leur disposition pour créer des entreprises ; alors, où en sommes nous aujourd’hui ?
IOG : Ce n’est pas apparent encore mais toutes les dispositions sont prises, les petites entreprises des jeunes qui sont formés dans des métiers comme l’énergie solaire, les petits services ou comme tous les services qu’on peut offrir dans les télécommunications sont en marche. Tous les crédits sont en place. Le fonds de développement économique est actif. Il y a tellement de metiers disponibles mais pas de personnels qualifiés.
Khaled Haidar : Les jeunes pourront souffler un peu, on a beaucoup de projets en voie d’exécution et de finalisation comme la cimenterie, le projet du port de Tadjourah, celui de Tadjourah également, le quai à bétail de Loyada, ca va booster notre économie ; vous êtes rassuré pour l’avenir Monsieur le Président ?
IOG : Absolument et je voudrais ajouter que le port (le PAID) va se transformer entièrement avec un investissement de plus de 280 millions de dollars en port véritablement vraquier au standard international. Nous accueillons déjà des entreprises et des sociétés qui vont installer, des silos à Djibouti. Ces silos ont un double avantage pour nous, d’abord des emplois puisqu’il y aura des conditionnements, des transformations du riz, du sucre et de l’huile alimentaire, trois denrées dont nous avons cruellement besoin pour nourrir nos populations d’abord, avoir un prix constant et les sous produits seront également pour nos bétails.
Yahya Ali : Peut-on réguler le commerce parallèle appelé aussi commerce informel et qui souvent est en délicatesse avec les services des impôts mais qui permet tout même à nombre de gens de survivre. Qu’en dites vous ou comment faire rentrer ce secteur dans les normes économiques ?
IOG : Vous savez, moi, je pense que le secteur informel est celui qui offre le plus d’emplois dans notre économie comme dans la plupart des économies en voie de développement. Nous avons voulu créer un ministère délégué, chargé des PME et de la Formalisation ; cela veut dire que l’Etat doit mettre en place un dispositif qui aide les populations à se formaliser, c'est-à -dire à rentrer dans le formel. Parce qu’il y a une très grande souffrance de cette catégorie de personnes qui vivent dans l’insécurité d’abord, manquent de local où mettre leurs marchandises, manquent de sécurité judiciaire en cas de de problèmes devant les tribunaux, manque d’institution ou elles peuvent obtenir des crédits et fructifier leurs commerces. Il ya des gens comme un propriétaire de bus qui vit de ses bus pour nourrir sa famille et qui passe 30 ou 40 ans à conduire et le jour où il aura un problème de santé, tout s’arrête. La famille n’a plus aucun recours. C’est pour cela que ce secteur informel a besoin de nous pour l’aider.
Khaled Haidar : On va également aborder le volet social avec l’agence Djiboutienne de développement social (l’ADDS) que vous avez créée, c’était aussi une de vos priorités pour faire sortir beaucoup de gens de la précarité et du chômage? Est-ce que cette agence répond à vos attentes et aux attentes des Djiboutiens?
IOG : En 2007, nous avons présenté l’initiative pour le développement social qui nous a permis d’engager la lutte contre la pauvreté; à l’époque il y avait deux organismes qui s’occupaient de cette question, l’ADETIP et le Fonds Social. Nous avons fusionné les deux en une seule agence de développement. Je peux dire que les interventions de cette agence pour lutter contre la pauvreté et la précarité ont été déterminantes ces trois dernières années. Mais j’ai voulu qu’on la remette dans sa destination initiale qui consiste à aller directement à la pauvreté au lieu de s’engager dans les infrastructures qui elles-mêmes aident à l’amélioration des conditions de vie des populations les plus modestes. Pour cela il nous faut une enquête nationale pour déterminer les profils de la pauvreté. Cette enquête vient de se terminer et nous allons vers la solidarité effective en faveur de cette tranche de population.
Yahya Ali : La revalorisation des bas salaires et la baisse des tarifs de l’EDD étaient l’une de vos promesses. C’est sûrement bénéfique pour le pouvoir d’achat de nos ménages, peut-on faire mieux et dans quel autre secteur?
IOG : Vous avez oublié la baisse des tarifs des télécommunications, ça fait partie des baisses pour “impacter†sur les conditions de vie de nos ménages. Il y a les problématiques des logements. Ces ménages ont un problème de nourriture, problème d’électricité et problème de loyer, ce sont les dépenses les plus importantes pour une famille. Nous avons agi sur les denrées de première nécessité, nous avons agi sur l’électricité et le téléphone et nous sommes en train d’agir sur les logements, et ce, pour diminuer les charges sur nos populations, sur nos compatriotes les plus modestes.
Yahya Ali : Puisque vous avez évoqué le logement, vous avez pris des engagements pour la construction de logements sociaux, et beaucoup de jeunes en âge de fonder un foyer sont à la recherche d’un appartement, on a cependant constaté que pour Hodan 2, par exemple, les prix ont augmenté pour acquérir un logement. Cette situation alarme beaucoup les jeunes. Qu’est ce que vous leur dites?
IOG : Je leur dis que j’ai toujours le souci des dépenses des ménages et de la problématique des logements à Djibouti. Il y a des catégories de personnes qui gagnent plus de 100 mille francs net. Cette catégorie moi j’ai pensé que la société immobilière pourrait s’en occuper. Comment ? Par le biais des logements de type Hodan I et Hodan II. Mais ce qui me préoccupe le plus sont ceux qui gagnent 100 mille ou moins, nous travaillons beaucoup sur cette catégorie qui est la frange la plus importante. Il y a ceux qui gagnent le Smic, c’est à dire 35 000 FD, ceux-là ne sont pas en mesure de se loger et payer les locations ventes.
Les premiers appartements pour cette catégorie sont en chantier au PK12, je ne sais pas si vous les avez vus. Il ya 8 bâtiments F3 et F4 qui sont en train d’être finalisés. Les 600 appartements que le fonds de l’habitat s’est engagé à construire dès maintenant. Surtout les jeunes ménages qui commencent leur vie et qui ne peuvent pas payer plus de
20 000 de loyer vente par mois seront dans ces immeubles pour pouvoir s’en sortir. J’ai prévu à ce qu’on arrive pour les deux prochaines années à 2500 appartements. Après Hodan 1 et 2, il y aura 3000 autres logements financés par le FADES qui vont suivre dès l’année 2013.
De la même manière, nous avons prévu 350 logements sociaux dans chaque chef lieu des régions de l’intérieur pour pouvoir offrir à nos compatriotes qui vivent dans leurs régions de pouvoir se loger décemment.
Khaled Haidar : Vous avez également facilité l’acquisition des titres fonciers de ceux qui habitent dans les maisons en bois dans les quartiers. Ce qui est en soi une avancée majeure.
IOG : Parfois ils viennent en masse, parfois ils reculent. Je ne sais pas mais nous avons tout diminuer pour qu’ils puissent acquérir les logements en planche dans lesquelles ils vivent. Il y a certainement les problèmes de succession qui se posent.
Vivre dans un logement précaire n’est pas bon pour l’avenir.
Khaled Haidar : Nous allons aborder le problème de la pénurie d’eau, l’été approche les Djiboutiens recherchent beaucoup plus d’eau maintenant, ils consomment plus. Il y a aussi la solution que vous avez trouvé avec l’Union Européenne ou la Chine pour la mise en chantier d’usines de dessalement d’eau de mer.
IOG : Pour la ville de Djibouti d’abord cette année avant l’été nous avons programmés la mise en service de dix nouveaux forages qui vont produire 8 à 10 mille mètres cubes par jour. Le programme de dessalement de l’eau de mer de l’Union Européenne est en marche. Il ya également avec la Chine un autre projet de dessalement qui viendra appuyer ces deux initiatives ou ces deux projets. Le renforcement des capacités de l’ONEAD par les forages et l’Union Européenne par l’eau de mer et ensuite les chinois vont entrer dans le jeu. Nous avons aussi d’autres projets.
Yahya Ali : L’état subventionne des produits de première nécessité tels que le riz, le sucre, la farine. On constate cependant que certains spéculateurs profitent de ce marché et que les Djiboutiens se plaignent et ça pèse lourdement sur leur portefeuille. En outre, les fluctuations du pétrole lampant et autres hydrocarbures sont en constante augmentation. Quelle solution ?
IOG : La structure des prix pétroliers, nous l’avons presque démoli. Nous avons hérités des structures à la française ou la partie que les finances publiques tirent de ce prix là devient de plus en plus pesant. Nous avons enlevés presque tous en ce qui concerne le diesel.
Les redevances et les surtaxes nous les avons enlevés pour nos boulangeries d’abord, pour les bus ensuite et pour tous ce qui est travaux publiques qui utilise le gasoil. Le pétrole lampant de la même manière. Il y a des prix fixe mais il ya les spéculations et les habitudes d’achat de nos populations. Acheter tous les jours un litre au lieu d’acheter 10 litres, ca coûte beaucoup moins cher. Par exemple si vous achetez un kilo de riz tous les jours et si vous achetez 10 kilos 3 fois par mois ça vous revient moins chère.
Khaled Haidar : Vous avez parlé tout à l’heure du téléphone il y a aussi Internet, il a aussi ce combat pour les nouvelles technologies de l’information et la réduction de la fracture numérique. Djibouti Télécom vient de signer plusieurs accords avec les saoudiens et avec les américains. Est-ce que le gouvernement table aussi sur ce secteur ?
IOG : Bien sûr, il est beaucoup plus prometteur à mon avis que le port. Compte tenu de notre position géographique, compte tenu des possibilités que Djibouti Télécom offre aux autoroutes de l’information et les câbles sous-marin qui sont là . Je pense que ça doit rapporter beaucoup d’argent et c’est une industrie florissante.
Khaled Haidar : Nous allons aborder l’actualité régionale, notre environ immédiat et ma première question va concerner le Soudan et le Sud Soudan. Tous les pays de la sous région, l’Union Africaine, la communauté internationale sont inquiets de la répercussion des derniers combats qui se déroulent entre Khartoum et Juba, il y a des risques d’enlisement. Quel est votre point de vue ?
IOG : Je pense que c’est une affaire qui a été mal enclenché dès le départ. Entre 2005 et jusqu’à l’indépendance. Cinq années en processus avant l’audétermination du peuple du Sud-Soudan. Tous les problèmes frontaliers et les négociations n’ont pas aboutis alors qu’on avait la date butoir de la proclamation de l’indépendance du Sud Soudan. Il aurait fallut peut être encore une année pour pouvoir régler l’histoire du pétrole du Nil Bleu. Ces deux provinces qui posent problèmes maintenant et qui causent la grande partie des évènements actuels. Le partage du pétrole aussi. La partie Nord a drastiquement perdu une grande partie de ses recettes. Le Sud-Soudan pense qu’il est victime d’un chantage de la part du Nord qui abrite les infrastructures pétrolières. Nous avons essayé de voir ce problème dans le cadre de l’Union Africaine, de l’IGAD dont le Sud est devenu membre et dans le cadre de la commission Paix et Sécurité de l’UA. Il y a toujours des extrêmistes au Sud tout comme au Nord, des gens qui sont intransigeants et qui ne veulent pas chercher le compromis ou le consensus.
Yahya Ali : au sujet de la Somalie, Djibouti entreprend beaucoup des choses êtes-vous confiant quant aux résultats de la conférence de Baladwene qui aura lieu prochainement pour adopter une nouvelle constitution, un nouveau parlement et un exécutif fort selon les recommandations de la conférence de Londres ?
IOG : C’est une question difficile. La Somalie a connu et connait et c’est la énième conférence. Maintenant on a fait une feuille de route, ça s’est passé à Garweh, à Galkaayo et à Mogadiscio actuellement. Je pense qu’il y a des problèmes à régler avant de pouvoir dire nous avons terminés la transition. Parce que dans la feuille de route nous allons directement à la fin de la transition. La fin de la transition suppose une constitution, un recensement et cela suppose un gouvernement uni. Et tout cela demande des préalables. Maintenant on essaye d’aller en force tout en pacifiant et en chassant les terroristes et les extrémistes des autres régions. A Mogadiscio les pourparlers doivent continuer et la feuille de route doit être terminée au mois d’Août. C'est-à -dire dans trois mois.
Khaled Haidar : Vous avez pris l’engagement d’envoyer un bataillon djiboutien en Somalie.
IOG : Nous ne pouvions ne pas envoyer lorsque des pays de la région envoient leurs fils, même lorsqu’il s’agit du Sierra Léone. Nous ne pouvons pas rester à l’écart de cet élan de solidarité. Nous devons nous tenir aux côtés de nos frères somaliens. Notre bataillon va partir incessamment à Baladwene où les précurseurs sont déjà en place. Je pense que nous pourrons tenir notre rôle de pacificateurs.
Yahya Ali : Malgré les embargos de l’ONU, rien ne semble bouger quant au règlement de la crise qui nous oppose à l’Erythrée. Où en sommes-nous avec la médiation qatarie ?
IOG : Nous avons fait tout ce qui était de notre devoir. C’est-à -dire qu’on a fait appel à des juristes et à des avocats internationaux ; nous avons produis de documents qui confirment l’appartenance de Doumeira et de l’ile de Doumeira à Djibouti et nous les avons remis au médiateur. Il s’avère que le Qatar a lui-même beaucoup d’obligations un peu partout. Nous attendons.
Khaled Haidar : On va parler du Yémen, il y a un plan des pays du golf. Est-ce que là aussi vous pensez que ça va aboutir ?
IOG : C’est plus facile pour le Yémen de pouvoir s’en sortir dans la mesure où il ya un consensus sur l’intégralité et de l’unité du Yémen. Ensuit, le nouveau président est quelqu’un d’expérimenté et je pense qu’il a fait les premiers pas dans la bonne direction. C'est-à -dire unifier le pays et ressouder l’armée. Car l’armée était disloquée pendant les évènements. Maintenant il fait tout pour les réunir et remettre sous le bon commandement tout en continuant à se battre contre Al-Qaïda. Mais ce qui est primordial et urgent, c’est une aide économique importante pour le Yémen.
Yahya Ali : On va parler cette fois d’intégration régionale, beaucoup de conférence, beaucoup de sommets se tiennent pour concrétiser surtout une intégration économique qui peine à se réaliser. Le seul projet palpable c’est l’interconnexion électrique entre Djibouti et l’Ethiopie. Puis concernant le Comesa, certains experts pensent qu’il ne s’agit plus de volonté politique et de moyen financier. Est-ce que vous partagez cette analyse ?
IOG : Non, il ya des chantiers pour l’intégration régionale, dans le cadre du Comesa d’abord, il ya l’union douanière, la circulation des biens et des personnes, l’assurance commune. Et aujourd’hui notre président de l’autorité du port vient de signer à Juba avec deux secrétaires d’états Ethiopiens et Sud Soudanais pour faciliter les transits des marchandises du Sud Soudan par l’Ethiopie sur Djibouti. Il ya aussi actuellement à Djibouti une délégation sud soudanaise qui met les choses en place pour pouvoir acheminer leurs marchandises.
Yahya Ali : Et les produits pétroliers ?
IOG : Pétrolier, du sucre et d’autres importations qu’ils veulent faire passer par Djibouti. Il y a le chemin de fer que nous allons mettre en place bientôt entre Djibouti et Addis Abeba, une nouvelle ligne électrique entre l’Ethiopie et le Kenya, un chemin de fer et une route également. Notre chemin de fer va se greffer sur cette ligne éthiopienne qui va permettre de relier l’ensemble du dispositif Est Africain qui va jusqu’en Afrique du Sud. Il y a la fibre optique qui nous relie avec l’Ethiopie et bientôt avec le Sud soudan. Le gaz éthiopien va également transiter par Djibouti, nous allons mettre en place tout un port gazier, un terminal gazier à Doraleh. Les pays de l’Est Africain ont fait renaitre l’ancienne communauté économique Est Africaine. Le Rwanda et le Burundi ont rejoint cette communauté. Dans le cadre du Comesa nous allons aussi intégrer cet ensemble. Donc la CEDEAO de l’autre côté, la SAMAC au centre et la Comesa à l’Est et l’Afrique Austral. Nous ne perdons pas espoir mais ca prend du temps.
Khaled Haidar : Le retour de la gauche au pouvoir en France. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
IOG : C’est le choix du peuple français et la démocratie qui a joué. J’ai déjà envoyé mon message de félicitations au président élu M. François Hollande. Les relations entre nos deux pays sont au beau fixe et anciennes. Nous voulons qu’elles se développent et que nous gardons nos relations d’amitié et de coopération, quelle que soit la personnalité qui se trouve à l’Elysée.
Khaled Haidar : Pour le mot de la fin, qu’est-ce que voulez dire au peuple djiboutien qui vous tient à cœur?
IOG : J’ai consacré ma vie à servir le peuple djiboutien, un peuple qui croit aux idéaux de l’unité nationale et qui croit à la fraternité entre ses fils et ses filles. Qui avancent dans des conditions difficiles que nous connaissons. Nous avons foi en notre pays et nous travaillons.
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