"Je porte un regard nostalgique sur Djibouti", déclare la réalisatrice de "Laan"
Par IOH
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04 mai 2012
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Source: ADI
Installée aujourd’hui au Canada, Loula Ali Ismaél est heureuse de vivre le succès de son premier court-métrage intitulé "Laan" et qui vient d’être sélectionné à la 28ème édition du festival international de cinéma Vues d’Afrique. Ouverte d’esprit, elle a bien voulu répondre à nos questions. Par courrier électronique interposé.
ADI : En dépit de votre statut d’actrice, les Djiboutiens vous connaissent peu. Qui êtes-vous Loula Ali Ismail?
Loula Ali : J’ai travaillé dans différents petits projets indépendants au Canada. Il est très difficile d’obtenir un rôle intéressant autant qu’une personne d’une autre culture, ce qui m’amène à créer mon propre projet. D’ailleurs, ne dit-on pas que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même ?
Si vous me permettez, je préfère, aujourd’hui, ne pas mettre trop en avant mon parcours professionnel mais plutôt mettre l’accent sur mon projet de court métrage.
ADI : Pourquoi ce film?
Loula Ali : Je voulais parler d’un sujet qui ne laisserait personne indifférent et qui est un élément omniprésent et au centre de la vie sociale et économique à Djibouti. De plus, Djibouti est totalement absent dans le monde cinématographique alors qu’il ne manque ni talents ni compétences pour le réaliser. C’est aussi un acte un peu égoïste de ma part en créant un projet de film dans lequel je pourrais m’offrir un rôle intéressant.
ADI : Quel écho entendez-vous donner à votre travail, surtout à Djibouti où, comme vous savez sans doute, la culture cinématographique fait cruellement défaut?
Loula Ali : Il n’est jamais trop tard pour y remédier. Mon objectif pour ce film est de le présenter à un festival cinématographique dans les 18 mois après sa sortie. Il y a aujourd’hui environ une vingtaine de festivals à travers le monde et un tel film peut légitimement aspirer à être sélectionné pour y être présenté. Un film est un formidable vecteur pour faire connaître à travers le monde la culture de notre pays et également les charmes de sa capitale. Il s’agit aussi d’un témoignage sur la société djiboutienne contemporaine.
ADI : "Laan" est le titre de votre court-métrage. Que signifie-t-il pour vous?
Loula Ali : Traduit littéralement, ce titre veut dire "la feuille (de khat) ". Le khat est un élément vivant à Djibouti et chaque spectateur pourra interpréter à sa manière mais le film effleure le sujet de la relation homme/femme ainsi que l’influence et l’effet du khat dans la cette relation et dans la vie sociale.
ADI : D’actrice à réalisatrice, le passage entre les deux n’est pas toujours facile. Comment le changement de cap s’est-il opéré chez vous?
Loula Ali : Ceci est mon premier projet en temps que coproductrice et coréalisatrice. J’ai dû passer de l’autre côté de la caméra parce qu’il était difficile pour moi de me satisfaire des rôles que l'on me proposait et qui étaient très souvent des rôles de « noire de service », des rôles secondaires, décoratifs et sans intérêt.
ADI : L’idée d’avoir imaginé un tel film témoigne de l’intérêt que vous manifestez à l’égard de Djibouti. Étant donné que vous vivez depuis longtemps à l’étranger, quel regard portez-vous sur votre pays d’origine?
Loula Ali : Je porte un regard nostalgique et surtout je porte un regard admiratif envers la femme djiboutienne. C’est une femme forte, intelligente et pleine de ressources.
ADI : Avez-vous un message à transmettre aux jeunes djiboutiens passionnés comme vous du 7ème art?
Loula Ali : Comme tout projet, il faut y croire et avoir la capacité de persévérer parce que les obstacles sont nombreux. Il faut également savoir s’entourer des personnes, aussi passionnées que soi, qui pourront collaborer afin de porter le projet à terme. Cela va de soit, il est primordial de bien préparer et beaucoup travailler son projet.
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