Transit d’armes destinées à la Syrie : Les autorités portuaires djiboutiennes réagissent vivement

Par La Nation | 17 avril 2012
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Transit d’armes destinées à la Syrie : Les autorités portuaires djiboutiennes réagissent vivement

Source: La Nation

Les autorités portuaires sont montées au créneau hier pour réfuter les allégations d’un armateur allemand qui a indiqué avoir embarqué au port de Djibouti, des armes destinées aux autorités syriennes qui mènent une terrible répression contre les opposants au régime. Cette version publiée par le site Internet de l’hebdomadaire allemand "Der Spiegel", qui a révélé l’affaire, diffère totalement des informations recueillies par la presse nationale auprès des autorités portuaires djiboutiennes. Réagissant vivement à ces allégations sans fondements, le directeur général du port autonome international de Djibouti (PAID), M. Saad Omar Guelleh, a ainsi déclaré qu’aucun navire transportant des armes vers la Syrie n’a transité par Djibouti. Selon le directeur général du port de Djibouti, "le bateau incriminé, en l’occurrence l’Atlantic Cruiser, a bel et bien effectué un séjour à Djibouti du 3 au 7 avril mais n’a opéré le moindre embarquement à son bord durant ce laps de temps". "L’Atlantic Cruiser qui venait d’Inde a seulement déchargé cinq conteneurs de matériels civils destinés à l’Ethiopie", a ajouté le responsable. Selon l’hebdomadaire allemand "Der Spiegel", le navire Atlantic Cruiser, appartenant à l’armateur allemand Bockstiegel, basé à Emden (Nord de l’Allemagne), avait pris dans sa cargaison dans le port de Djibouti des armes destinées au régime de Bachar Al-Assad. Des armes déposées auparavant par un cargo iranien. "Aucun cargo iranien n’a d’ailleurs accosté au port de Djibouti et les seuls navires iraniens qui viennent mouiller au port de Djibouti ; sont des bâtiments de guerres qui participent aux opérations de surveillances maritimes dans le cadre de la lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden et aux larges des côtes somaliennes", a indiqué la même source. Le directeur du PAID a, en outre, ajouté que "le gouvernement djiboutien, tout autant que les autorités portuaires sont vigilants quant au strict respect des résolutions des Nations Unies sur le trafic d’armes". Samedi, les autorités allemandes ont dit mener une enquête sur un cargo de propriété allemande qui aurait tenté d’acheminer des armes venues d’Iran au régime syrien. Une porte-parole du ministère de l’Economie a même indiqué que les autorités allemandes souhaitaient faire toute la lumière sur le chargement du bateau qui appartient à la société Bockstiegel. "Nous essayons de vérifier s’il y a eu une rupture de l’embargo sur les armes’’, a-t-elle dit. Selon l’hebdomadaire allemand "Der Spiegel", c’est grâce à des transfuges du régime syrien que cette affaire a été dévoilée et divulguée. Le cargo allemand avec des armes iraniennes à destination du régime syrien a été stoppé à 80 kms au large du port syrien Tartus, a rapporté samedi l’hebdomadaire allemand "Der Spiegel". C’est une fois que l’info a été donnée et l’armateur averti, que le navire a été obligé de changer de cap. D’après la version de l’armateur, le navire "Atlantic Cruiser", avait pris "sa cargaison dans le port de Djibouti des armes destinées au régime de Bachar Al-Assad, qui étaient auparavant sur un cargo iranien". "Nous avons stoppé le bateau après avoir été averti que le chargement contenait des armes", a indiqué un responsable de la société chargée de gérer les cargaisons de "l’Atlantic Cruiser", la firme CEG Bulk Chartering, Torsten Lüddeke, cité par Spiegel Online. "On nous a dit que cette cargaison contenait des pompes et d’autres appareils de la sorte", a-t-il ajouté, affirmant qu’ils n’auraient jamais laissé charger des armes à bord. Le cargo avait été loué à la firme ukrainienne White Wale Shipping à Odessa. L’ONU enquête sur des transferts d’armes de l’Iran vers la Syrie qui ont été opérés ces derniers mois en violation des sanctions internationales contre Téhéran. La résolution 1747 instaure notamment un embargo sur les achats d’armes iraniennes.

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