MAEP : Vers la phase de collecte des données
Par ABS
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08 avril 2012
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Source: ADI
Dans le cadre de la préparation du lancement de ses activités de recherche et de collecte de données, le MAEP a organisé aujourd’hui, conjointement avec le ministère des Affaires étrangères et avec l’appui financier du PNUD, un atelier qui a regroupé, autour du docteur Rabeh, de nombreux experts et hauts cadres des différents ministères concernés qui ont eu des échanges intéressants et parfois vifs sur les stratégies à adopter pour leurs futurs travaux de recherches.
Le ministère des Affaires étrangères a été représenté par son secrétaire général, M. Mohamed Ali Hassan et le PNUD avait délégué M. Harbi Omar Chirdon à cette importante réunion.
Cet atelier qui s’inscrit dans le cadre du lancement prochain des activités de recherche et de collecte de données fut l’occasion, pour les membres du bureau exécutif du MAEP mais aussi les cadres des différents ministères concernés et les équipes techniques des quatre instituts de recherches chargés de mener les enquêtes, de faire un large tour d’horizon de la situation du MAEP. A commencer par les moyens mis à la disposition de la commission nationale. C’est le président de la commission nationale du MAEP, le docteur Omar Osman Rabeh, qui a donné le ton.
"Le processus du MAEP accuse un retard inquiétant bien que toutes les structures soient en place, y compris ce que nous considérons comme étant le moteur, c’est-à -dire les experts et consultants, les instituts techniques de recherche et les sous-comités de la commission nationale. Ce moteur demeure malheureusement à l’arrêt par manque de carburant". C’est par cette phrase imagée que le docteur Rabeh a commencé son discours d’ouverture des travaux de l’atelier.
Selon lui, la commission ne disposerait pour l’heure que d’un maigre budget d’1,5 million de francs. "Nous ne sommes pas des magiciens et nous ne pouvons pas travailler dans ces conditions, il faut que le gouvernement y mette la volonté et les moyens et que les partenaires techniques y mettent du leur pour pouvoir tabler sur un programme qui soit exécuté comme prévu et nous conduise au but visé", a en outre martelé le docteur Rabeh.
Le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP), pour ceux qui n’en auraient pas encore entendu parler, est une initiative novatrice et ambitieuse des gouvernements africains visant à procéder à toute une gamme d’évaluation de la totalité des aspects de la gouvernance de leurs systèmes politiques, économiques, d’entreprise et de développement socio-économique.
Imitant en cela tous les autres pays évalués, le bureau du MAEP Djibouti s’est tourné vers des équipes d’experts, dont des personnes issues de groupes de réflexion sur la politique, des universitaires, et des chercheurs pour fournir l’expertise technique et l’objectivité nécessaires à la rédaction d’un rapport national d’autoévaluation cohérent, solide et crédible.
Cette réunion a réuni de nombreuses personnalités de l’administration publique, les membres du bureau du MAEP Djibouti mais également les quatre institutions techniques de recherche (ITR) qui ont été identifiées pour accompagner le conseil national du MAEP dans la conduite de l’autoévaluation du processus.
Il s’agit du centre d’études de l’université de Djibouti (CRUD), de djib step reseach Center, de la direction de la statistique et des études démographiques (DISED) et enfin de l’Institut des études politiques et stratégiques (IEPS).
Ces institutions ont été mandatées pour s’occuper de la récolte des données dans les domaines, respectivement, de la gouvernance démocratique et politique, de la gouvernance économique et de la gestion financière, de la gouvernance des entreprises et du développement socio-économique.
L’objectif de cette réunion de concertation était de finaliser une méthodologie sensiblement similaire dans l’application du questionnaire entre les différents instituts. Cette première étape était essentielle puisque c’est elle qui va poser les jalons à la bonne marche du processus d’évaluation.
Ce n’était pas une mince affaire puisqu’il n’existe pas de modèle universel d’enquête MAEP: évaluer des politiques, identifier des lacunes et proposer des solutions à une telle échelle est une entreprise complexe, exigeante mais pas insurmontable ; d’ailleurs à la fin de cette journée de discussions passionnées, les experts présents ont retenu trois techniques d’enquête: la revue documentaire, la collecte par sondage et le focus groupe.
On pourrait regretter l’absence de règles strictes pour l’évaluation du MAEP, mais après réflexion on peut penser que l’absence de celle-ci offre aux instituts de recherche la flexibilité de pouvoir choisir des méthodologies de recherche économiques et réalistes et d’adopter les stratégie et les outils les mieux appropriés à l’environnement et aux spécificités de chaque pays, tout en entrant toujours dans le cadre approuvé du MAEP.
Bien évidemment, après la phase de collecte des données, le secrétariat du MAEP organisera un atelier commun de validation en vue de procéder à la mise en commun et de fondre les différents rapports dans un document unique pour lui assurer une certaine homogénéité au regard des différentes approches analytiques des instituts de recherche.
In fine, ce rapport devrait permettre de recueillir la perception que se font nos populations de la façon dont ils s’estiment être gouvernés ; un regard de notre population sur, respectivement, la gouvernance démocratique et politique, la gouvernance économique et la gestion financière, la gouvernance des entreprises et du développement socio-économique. On ne peut être que curieux des conclusions qui seront délivrées.
On dit que le pouvoir éloigne les dirigeants des gouvernés ; cet audit général sur l’état de la nation devrait permettre de rapprocher les élus des préoccupations des citoyens, et par là même de rendre notre pays plus fort et plus juste.
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