Le Président de la République a accordé une interview à la télévision nationale

Par Soubaneh | 07 janvier 2012
748 vues
Le Président de la République a accordé une interview à la télévision nationale

Source: ADI

Le Président de la République a accordé une interview à la télévision nationale A l’occasion du nouvel an, le Président de la République a accordé l’opportunité d’une large interview à la télévision nationale. L’ADI vous le propose ci-dessous dans son intégralité. Avant de commencer l’interview M. le président quel sera votre message de vœux à l’endroit de vos concitoyens? Ismaïl Omar Guelleh : A l’ occasion de cette nouvelle année, je prie le Tout Puissant de nous accorder la paix, le développement et la stabilité. Je prie également qu’il allège la souffrance de ceux qui souffrent, en particulier les populations musulmanes. Qu’il accorde sa miséricorde à ceux qui sont morts. Nous avons beaucoup de tâches qui nous attendent pour cette nouvelle année et nous souhaitons que le seigneur tout puissant nous facilite le travail. Je souhaite à tous mes compatriotes une bonne et heureuse année. Dans la mesure où votre programme électoral du troisième mandat était intitulé « nouvel élan », on s’attendait réellement à un nouvel élan, or à part le gouvernement que vous avez mis en place …? Six mois se sont écoulés après les élections, un temps court, le gouvernement étant le moteur de la nation, sa composition et ses décisions, reflètent la mise en œuvre de ce nouvel élan. La composition de ce gouvernement et la répartition des départements cruciaux ne ressemblent guère aux précédents car, par exemple, concernant le Ministère de l’Economie et des Finances, nous avons mis en commun tous les départements qui composent l’économie, de la Finance au Commerce, en passant par les petites et moyennes industries comme les petites et moyennes entreprises. Ainsi, avons-nous créé un grand ministère avec deux Secrétariats d’Etat. C’est une équipe qui a en charge des départements jadis éparpillés. Je pense que c’est lorsque l’Etat est bien organisé qu’on peut mettre en œuvre un nouvel élan. Par conséquent, nous mettrons l’accent sur le développement, l’économie, la stabilité, la bonne gouvernance, la lutte contre la pauvreté. La combinaison de tous ces facteurs constitue la locomotive du nouvel élan. Vos actions de lutte contre la pauvreté sont palpables, pourtant la pauvreté sévit dans le pays, est-ce une erreur de stratégie ou le fait d’avoir regroupé tous ces départements? Dès 2007, l’INDS (initiative Nationale pour le Développement Social) fut lancé. C’est un programme destiné à lutter contre la fracture sociale et la pauvreté. Aujourd’hui, nous réfléchirons et étudierons son bilan, ce qui a été fait, ce qui reste à faire, ce qui n’a pas marché et comment y remédier. Il nous faudra également estimer avec précision le taux de pauvreté dans le pays, déterminer la pauvreté et enfin recenser avec exactitude le nombre des personnes pauvres. Très prochainement, nous aurons les résultats des statistiques qui ont démarré en 2007. Nous travaillerons en nous basant sur ces nouvelles statistiques. Une nouvelle enquête vient de démarrer sur la pauvreté et sa localisation. Nous créerons un Fonds destiné à tous les Djiboutiens pauvres (qu’ils soient dans la capitale ou dans les régions). Ce Fonds est destiné à éradiquer la pauvreté et des aides seront accordées à ceux qui vivent avec 200fd par jour ainsi qu’à ceux qui ont perdu leur emploi, les malades de longue durée qui n’ont pas de proches, les gens âgés qui n’ont personne pour s’occuper d’eux, les handicapés, les orphelins, les étudiants démunis et enfin, les victimes de l’exode rurale . Nous avons déjà réunis pour ce Fonds, la somme de 400 millions de Francs, sur fonds propres, au cours de ce mois. Ce n’est qu’ensuite, que nous ferons appel à nos partenaires, notamment la banque mondiale. Dès lors, nous aurons montré aux bailleurs de fonds, l’importance capitale que revêtent pour nous la pauvreté et les efforts que nous déployons pour l’éradiquer. Il y aura également un projet sur l’assurance maladie, que pilote la CNSS. A ce sujet, comme une grande partie de la population n’est pas couverte, nous avons inclus dans ce projet, l’assurance maladie universelle. En marge de la pauvreté, les salaires minimums et les bas salaires ont été récemment revalorisés, quelle est la motivation derrière cette initiative ? Par principe, il est inconcevable que le salaire minimum, ne puisse pas permettre de vivre. C’est pourquoi, nous avons pris la décision de légiférer, afin que ce salaire minimum soit de 35 000 francs. Cette augmentation ne concerne pour l’instant, que les salariés qui touchent de 17 500 à 90 000FD. Cette initiative a coûté à l’état, de 700 à 800 millions FD. Le cas des salaires supérieurs à 90 000Fd, seront étudiés plus tard. Vous accordez une importance capitale aux jeunes et surtout aux jeunes diplômés, que pouvez-vous nous dire à ce sujet ? Durant les deux mandats précédents, nous avons mis tous nos efforts, sur l’éducation et l’enseignement supérieur. Seuls le Lycée d’Etat et le L.I.C existaient en 1999. Depuis, de nombreux autres ont été faits, ce qui prouve les efforts colossaux mis dans ce domaine. Les résultats sont palpables chaque année, lorsqu’on voit l’effectif des étudiants qui passent le Bac. Le Pôle Universitaire commença avec 1000 étudiants, aujourd’hui l’Université de Djibouti, accueille 5 000 étudiants. Quand nous ouvrirons le campus prochainement, le nombre d’étudiants passera à 9 000. On savait qu’il y aurait, une fois ces diplômés sur le marché, un décalage entre l’offre et la demande d’emplois. Or, contrairement au colonisateur, qui privilégiait l’ignorance pour la masse, nous décidâmes d’éduquer obligatoirement et gratuitement, tous les enfants de 6 ans à 16 ans et, pour ceux qui voudraient poursuivre leurs études, leur permettre d’accéder à l’enseignement supérieur. C’est pourquoi, dès lors qu’un jeune Djiboutien termine ses études, il me semble important qu’il prépare l’opportunité de créer son entreprise. Pour l’accompagner dans cette voie, l’Etat lui facilite en plus la tâche, en lui permettant d’accéder aux crédits nécessaires, auprès notamment, du Fonds de développement économique. Ainsi, ils deviendront eux-mêmes, des créateurs d’emploi. Concernant les qualifications de nos jeunes, il est impératif que les investisseurs qui viennent investir dans le pays, trouvent des gens qualifiés. Un homme d’affaire indien, qui veut monter un projet de chantier naval, pour réparer et construire des bateaux, respectant nos conditions de n’utiliser que la main d’œuvre locale, a promit de renforcer le LIC, en créant une nouvelle filière, lui permettant de former ses futurs employés. Nous sommes mobilisés en permanence, pour que ces jeunes diplômés soient prioritaires dans les recrutements et puissent créer leurs propres entreprises. Outre les lycées et l’université, vous avez crée également l’école de médecine, en 2011 il y a eu l’interruption des cours, qu’est ce qui s’est passé et quel était le problème? Les élèves qui sont à l’école de médecine sont les plus chanceux. Au fait c’est l’unique école de médecine au monde avec un effectif d’étudiants très réduit et qui a accès à un enseignement complet en médecine. Et c’est une chance exceptionnelle contrairement à beaucoup d’autres écoles où plus de 300 élèves se retrouvent dans un amphithéâtre ou l’élève est obligé de courir de gauche à droite pour être à jour dans ses cours. Alors qu’ici 35 à 40 étudiants se retrouvent dans une salle comme au lycée. Autre point, l’école de médecine n’enregistre des dépenses plus que l’université. Second point positif pour ces jeunes, leur emploi est prêt une fois les diplômes obtenus. Vous voyez la différence avec les autres diplômés. Une erreur dans un programme établit par des enseignants a suscité quelques mécontentements. Nous avons décidé d’assurer la reprise des cours selon les souhaits des étudiants. Entre temps il y a eu une perte de temps et d’argent, ce fut une expérience pour nous. Toutefois, nous avons regretté qu’ils n’aient pas agit comme les japonais qui font la grève tout en travaillant. Le plus grand souci des Djiboutiens c’est l’électricité. Après l’interconnexion électrique avec l’Ethiopie, nos concitoyens s’attendaient à une baisse de la facture. C’est pour quand ? Il faut d’abord que mes concitoyens sachent que l’énergie produite à partir de l’eau et celle produite à l’aide du fuel est différente. L’une est plus coûteuse que l’autre. Nous consommons jusqu’à présent celle qui est produite à partir du pétrole et nous utilisons encore une partie. L’électricité qui vient de l’Ethiopie est un projet que nous avons financés nous même. Faudra t-il rembourser l’argent investit ? C’en est une raison car l’argent utilisé pour la mise en service de l’interconnexion est une dette engagée par nos deux pays. Secundo notre partenaire l’Ethiopie nous a accordé un tarif différent de celui en vigueur là bas. C’est une faveur de la part de l’Ethiopie, un pays voisin et frère. De l’autre côté le prix du pétrole a connu une hausse même si l’on regarde les dépenses de 35% d’électricité produite avec le fuel et 65% que nous achetons à l’Ethiopie. Il se trouve que les dépenses pour les 35% sont très élevées par rapport à ce qu’on dépense pour l’achat de 65%. Nous avons prévus pour les populations des régions, les citadins qui utilisent des lampes et ventilateurs ainsi que ceux qui font usage d’un seul climatiseur, de réduire leur facture de 25% a 30%. Ce sont les instructions que nous avons données aux dirigeants de l’EDD. Pour que tout le monde bénéficie de cette mesure il faudrait qu’on trouve d’autres alternatives. Notre premier geste étant d’alléger les charges des Djiboutiens modestes pour qui l’électricité est une charge difficile à supporter. C’est bien d’utiliser de l’énergie qui nous vient de l’Ethiopie mais qu’en sera-t-il de notre indépendance énergétique ? La possibilité pour notre pays d’exporter de l’énergie électrique pour la vendre à une autre nation, pourrait se réaliser avec les projets au nombre de trois que nous comptons entreprendre dont la géothermie et l’énergie éolienne. Ce dernier est actuellement en projet avec une société française qui prévoit de produire environ 60 mgw. Et l’on pourra exploiter d’ici la fin de cette année. Deux projets de géothermie dont l’un a pour site le Lac Assal et l’autre le Lac Abbé sont en cours et nous espérons les exploiter également d’ici l’an prochain. 50 à 100 Mégawatt seront fournis par ces sites. Nous envisageons de laisser tomber la production électrique par fuel pour les régions d’Obock, de Tadjourah et d’Arta en mettant en place des unités de production géothermiques qui suffirait de desservir ces régions en énergie. Quatre jours avant le nouvel an le parlement a adopté le budget prévisionnel de 2012 en hausse de 20 milliards. Alors comment se fait-il qu’une nation pauvre comme la nôtre prévoit d’augmenter son budget alors que partout ailleurs il est question de restriction budgétaire ? Je crois que les informations dont vous disposez sont fausses. Entre le budget prévisionnel de 2012 et celui de l’année dernière il y’a une différence de 6 milliards 900 millions. Ce qui veut dire qu’il y a une hausse de 6% et non de 20 milliards. Et puis, Djibouti n’est pas un pays européen. Quand l’Europe s’enlise dans la crise, Dieu a voulu que l’Afrique remonte la pente. L’évolution de notre croissance économique est de 5% cette année selon les prévisions. En termes de déficit budgétaire notre pays fait partie des nations qui ont le moins de déficit avec 0,4%. Les 5% de croissance dont je parle est un chiffre établit une fois l’inflation dissipée. La crise mondiale nous a épargné alors? Ce n’est pas une crise mondiale et c’est le continent européen qui en a le plus souffert. Car l’Afrique vit le contraire avec une croissance considérable. Cela dit, vous avez pu constater que certaines mesures dans le budget comme par exemple la réduction de certaines dépenses, les recettes augmentées et les contrôles renforcés. Tous ces facteurs conjugués avec les activités de nos ports qui se sont accrus, font qu’il y ait eu une augmentation de 6 milliards dans le budget. Vous avez en effet réalisé bon nombre de projets d’investissements dans les précédentes années, quels projets prévoit-on dans les années à venir ? Nous allons renforcer les infrastructures notamment portuaires afin de permettre à notre pays de répondre dignement à la prépondérance de notre économie. Je parle de la deuxième phase du Port de Doraleh ou nous allons investir jusqu’à 300 millions de dollars. Le PAID quant à lui bénéficiera également d’un renforcement au niveau des infrastructures. Et nous comptons investir 90 millions de dollars. Les débuts des travaux pour le port de Tadjourah est prévu pour le mois d’Avril, date à laquelle nous poserons la première pierre. De même pour la route Tadjourah Balho dont les travaux de construction sont en cours. Pour le cas des Chemins de fer je vais bientôt recevoir le Directeur général de la société chinoise avec laquelle nous avons signé des accords pour la mise en place d’une nouvelle ligne ferroviaire de Djibouti à Galilé. Les éthiopiens ont fait de même avec cette même société chinoise pour leur portion à partir de Galilé. Et après avoir estimé le volume des ressources en minerais de l’Ethiopie, et discuté avec les autorités éthiopiennes, nous projetons de mettre en place une nouvelle ligne ferroviaire à partir de Tadjourah vers Mekele. La fabrication de bateaux dans notre pays fait partie de nos projets. Aussi la construction d’un quatrième port dans le Goubet est prévue dans un proche avenir. Un port qui sera destiné à l’exploitation du sel au Lac-Assal. La réalisation de tous ces projets est prévue dans les trois années à venir. Monsieur le Président, lors de la campagne pour le scrutin d’Avril dernier, vous insistiez sur l’état de l’administration djiboutienne qui présentait beaucoup de faiblesses et de désordre et qu’il fallait impérativement reformer. Qu’en est-il aujourd’hui ? Comme vous avez pu le constater ces six derniers mois, la réforme dans ce secteur a bel et bien commencé. Tous les services de l’administration djiboutienne ont été munis de systèmes biométriques afin de contrôler la présence effective du personnel et cela pour accroître l’efficacité de l’administration. L’inspection générale de l’Etat va également être renforcée en termes de ressources et d’infrastructures. Un mot sur l’amour de la patrie et la citoyenneté ? Comme dans tous les pays du monde, il existe chez nous aussi des individus différents à tous les niveaux. Il y a ceux qui aiment leur patrie, et d’autres qui pensent ne rien avoir avec la patrie et la citoyenneté. Et pour avoir une population dont la majorité se soucie de toutes ces valeurs comme l’attachement à la culture, à leur patrie, il nous faudra consentir beaucoup d’efforts et cela prendra certainement du temps. Nous partageons le même pays, la même culture, la même religion. Et vu l’état du monde qui nous entoure, il est de notre devoir de préserver toutes ces valeurs qui font de nous un même peuple. Le travail dans ce sens se fera très tôt. Et c’est à partir de l’école que nous comptons entamer cet apprentissage de la citoyenneté avant de passer aux quartiers populaires et à la société civile. Parallèlement nous devrons éviter ceux qui véhiculent des messages négatifs. Un mot sur la décentralisation ? Comme partout, la décentralisation permet aux populations d’être plus proche des sphères de décisions. Il faut que la gestion de la chose publique se fasse au plus près des administrés et par des gens de leur environnement immédiat. Cela renforce la bonne gouvernance. Les régions de l’intérieur bénéficient à ce titre de la décentralisation. A partir du moment où la gestion est décentralisée, les secteurs vitaux de développement le sont également. Comme ce fut le cas pour l’Education où les écoles dans les régions ont été multipliées. L’accès aux soins sanitaires a également été revigoré. Ainsi on a permis à ces populations de pouvoir choisir leurs propres responsables. Aujourd’hui, tous ces secteurs de l’administration disposent des directions au sein des régions. C’est nouveau pour notre pays puisque la première phase commencée en 2006 nous a permis de comprendre ce système de gestion et d’en tirer les vertus. A l’issue de cette seconde élection nous comptons faire davantage pour mieux répondre à l’épanouissement de la décentralisation. Toutefois on dirait qu’il existe une mésentente entre les différents responsables. C’est vrai on dirait que parfois le préfet prend le dessus par rapport à ses collègues du conseil régional. Au début nous avons installé un président du conseil, un secrétaire exécutif et un préfet. C’est trop pour la gestion des affaires dans les régions. Ce que nous ne ferons pas à l’issue de ces élections régionales. En effet nous avons prévu d’installer un président du conseil régional et un préfet qui représente l’Etat. A cet effet, c’est au Président du conseil de gérer les affaires publiques de la région tout en informant le préfet et les autorités. Récemment dans Jeune Afrique vous avez déclaré que vous ne vous représenterez plus pour un prochain mandat à la fin de ce quinquennat. Vous restez toujours sur cette position ? Cette question intéresse plutôt les occidentaux qui en enflamment le sens. Toutefois je l’ai dit, je l’assume pleinement et je m’en tiens ainsi. Toujours dans cette interview vous avez parlé d’un éventuel individu qui serait désigné pour la relève. Pouvez-vous nous en dire plus ? Cela appartient à notre Parti, lequel m’a présenté comme candidat lors des élections passées. Et j’en dirai plus le moment venu. Votre regard vis-à-vis de l’opposition? Comme vous devez le savoir, l’opposition a toujours refusé de participer aux élections à moins que la gestion de l’élection leur soit octroyée totalement. Pourtant le système électoral est toujours le même depuis 1992 et certains d’entre-eux ont même été là. Une opposition qui ne veut pas participer à toutes sorte d’élection ne peut servir ni son pays ni son peuple. Comment notre pays a pu échapper aux effets de ce qu’on appelle le printemps arabe ? La révolution qui s’est manifestée dans les pays arabes que vous connaissez a probablement été causée par des régimes présidentiels qui ont duré et que les peuples ont contestés. Et tout le monde le sait. Mais de dire que tous les pays arabes connaîtront le même destin est une véritable aberration. Les pays arabes et ceux du continent africain n’ont pas la même configuration et chaque pays évolue selon son propre rythme. Les jets de pierre incessants des jeunes que nous avons connus récemment se sont dissipés subitement. Comment expliquez-vous cela ? Après des enquêtes que nous avons menées dans les différents quartiers nous avons constaté qu’un petit nombre de jeunes semaient le trouble. Nous les avons identifiés et nous les avons arrêtés. Et le résultat est visible. Aussi le nouveau secrétaire d’Etat à la jeunesse a entreprit de nombreuses initiatives pour empêcher les jeunes de sombrer dans la violence. Comment expliquez-vous la présence d’un nombre important de forces de l’ordre dans différents endroits de la capitale? C’est un dispositif visant à assurer la sécurité de nos concitoyens surtout dans les jours de fête comme l’Aïd. La situation qui prévaut à la frontière avec l’Erythrée n’est ni une situation de guerre ni une situation de paix. Pouvez-vous nous en dire plus ? Après avoir chassé les forces érythréennes de notre partie du territoire, nous avons accepté la médiation du Qatar. Et la communauté internationale n’a jamais cessé de condamner l’agression de l’Erythrée, notamment au niveau des nations unies, de la ligue arabe et de l’union africaine. A ce jour trois résolutions ont été formulées à l’égard de l’Erythrée. Nous avons dépêché des experts internationaux pour constater la délimitation de nos frontières. Et nous avons remis l’ensemble de ces éléments à l’émir du Qatar. La République de Djibouti s’est toujours montrée réticente à envoyer des troupes en Somalie. Aujourd’hui, nous avons déjà un premier contingent sur place. Qu’est-ce qui a changé ? Nous avons effectivement fait savoir dès le début notre position, et celle-ci était claire : la somalie n’a pas besoin d’une intervention armée étrangère, sauf si cette intervention est purement humanitaire et, surtout, limitée dans le temps. Tout au long de ces années, nos partenaires ne cessaient de nous solliciter, faisant valoir plein d’arguments, pour que Djibouti envoie des troupes en Somalie. Mais une intervention de notre part nécessitait bien sûr de la préparation, de la formation…etc. c’est tout cela qui a pris du temps. Il a été donné un an au gouvernement intérimaire somalien pour qu’il procède à un recensement, élabore une Constitution et assure le retour de la paix dans le pays. Ce mandat expirant en septembre, nous avons jugé que le moment était opportun pour apporter une contribution décisive, en envoyant nos troupes. Quelle mission sera assignée à nos militaires ? Participeront-ils aux combats? Les deux, participer aux opérations de pacification et assurer la formation. Certains accusent Djibouti de ne pas avoir consulté le Parlement somalien… Mais nous n’avons pas à discuter avec le Parlement somalien. Nous parlons avec le gouvernement somalien. C’est à celui-ci de discuter avec son Parlement L’envoi de troupes pour aller combattre en Somalie suscite en tout cas quelques inquiétudes dans l’opinion djiboutienne… Nous avons, en tant qu’État, des obligations internationales. Ce ne sont pas les menaces proférées par-ci par-là qui doivent nous en détourner. À propos des accords de défense que vous avez conclus avec les français, certains pensent que l’envoi de nos troupes en somalie serait le résultat de ces accords. Ce n’est qu’une pure coïncidence mais cela n’à rien avoir. C’est depuis plus d’un an que des négociations étaient en cours entre nos deux pays. Cela a d’abord été discuté au niveau ministériel et ensuite le Président Sarkozy et moi-même avons décidé de signer ce traité. C’est donc un « traité » et non plus un « accord ». Quelle est la différence ? C’est juste une question de valeur juridique. Un traité est plus important qu’un accord au regard du droit international. Après sa signature par les deux gouvernements, il requiert la ratification par les deux Parlements. Ce qu’il faut noter c’est que nous avons demandé et obtenu que ce traité consacre l’entrée de Djibouti dans la catégorie des pays prioritaires à l’aide publique française au Développement. Nous n’en faisions pas partie avant. À partir de cette année, ce sera chose faite.

Tags

Partager cette histoire