Maslah Mahamad Siyad Barré : le challenger inattendu de l’élection présidentielle somalienne

Par IMA | 09 février 2009
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Maslah Mahamad Siyad Barré : le challenger inattendu de l’élection présidentielle somalienne

Source: LA NATION

Le journaliste Ibrahim Miyir Ali, dans un article publié dans le journal « La Nation », est revenu sur la dernière élection présidentielle somalienne de Djibouti et le phénomène Maslah Mahamad Siyad. Le fils cadet de l’ancien chef de l’Etat somalien, a déjoué, on le sait, les pronostics des spécialistes en arrivant second derrière le vainqueur de cette élection : Sheikh Sharif Sheikh Ahmed. Pour le journaliste, l’entrée fracassante de l’ex général en fait indiscutablement un acteur non négligeable. L’intéressé lui même le reconnaît et se dit prêt, qu’il soit nommé Premier ministre ou pas, à contribuer au retour de la paix et de la sécurité dans son pays. Considéré comme l'un des deux grands favoris, Sharif Sheikh Ahmed a confirmé la plupart des pronostics en remportant, haut la main, l'élection présidentielle somalienne. La surprise est venue de son challenger, plutôt surprenant : Maslah Mahamed Siyad. A l'issue du premier tour, ce dernier est arrivé en deuxième position, devançant le premier ministre Nour Hassan Houssein, autre grand favori qu'il a ainsi acculé à jeter l'éponge. Personne ne s'attendait à ce résultat flatteur qu'a obtenu le fils cadet de l'ancien président de la Somalie. A commencer par lui-même. " Je ne l'avais pas vraiment prévu, avoue-t-il, mais j'étais quand même confiant car beaucoup de mes compatriotes m'avaient encouragé à me porter candidat ". Sa notoriété est un autre facteur qui a pesé dans sa décision de se présenter : " Je suis connu et je n'ai pas d'ennemis ". Promu général en 1985, Maslah n'était pas seulement un haut gradé du régime de son père. Cet ingénieur en génie civil a aussi réalisé la construction du stade de la capitale somalienne, la bibliothèque ainsi que plusieurs ouvrages militaires. Après la chute du régime, Maslah s'est réfugié au Kenya et n'avait plus fait parler de lui. Il gardait le silence, tout en maintenant les contacts avec les principaux protagonistes du drame que connait depuis 18 ans son pays. Mais le voici aujourd'hui propulsé sur le devant de la scène politique. Son entrée fracassante dans l'arène en fait indiscutablement un acteur non négligeable. Quel rôle entend-il jouer, lui ? " Comme je l'ai dit, je suis prêt à contribuer au retour de la paix et de la sécurité dans mon pays. Cela fait 18 ans que le peuple souffre, il est temps d'arrêter ", dit-il. Selon lui, les Somaliens ont besoin d'une vraie réconciliation. Et pour que cette réconciliation soit solide, elle doit être scellée par ceux qui en ont le pouvoir, c'est-à-dire des sages coutumiers et des politiciens sincères. Une catégorie dont Maslah ne s'exclut pas. " Ce que je peux faire pour la paix, je le ferais et je sais que je peux faire quelque chose. Vous savez, je suis un enfant de la ville, le tribalisme n'a jamais fait partie de mes méthodes. Je crois aux mérites et compétences individuelles des gens ", explique-t-il. S'agissant de la meilleure façon de mettre fin au chaos, Maslah n'est évidemment pas à court d'idées. " Le plus urgent est d'assurer la paix et la réconciliation. La justice et l'égalité de tous sont également très importantes. On doit amener les jeunes à désarmer, non pas par la force, mais par la sensibilisation et en les faisant raisonner". Quels que soient les sentiments des uns et des autres envers Maslah Siyad, celui-ci ne nourrit aujourd'hui qu'un seul désir : apporter sa contribution à l'édification de la paix et de la réconciliation. Le moins qu'on puisse dire est que la Somalie en a bien besoin. Et il est temps de tourner définitivement la page.

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