Discours du gouverneur de la Banque centrale de Djibouti prononcé à l’occasion de l’inauguration de la filiale de l’Exim Bank

Par NF | 10 décembre 2011
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Discours du gouverneur de la Banque centrale de Djibouti prononcé à l’occasion de l’inauguration de la filiale de l’Exim Bank

Source: ADI

Le gouverneur de la Banque centrale de Djibouti (BCD), M. Djama Mahamoud Haid a, dans un important discours qu’il a prononcé à cette occasion, déclaré que "l’arrivée de la filiale de l’EXIM Bank à Djibouti contribuera indéniablement à renforcer la vocation de hub financier de notre pays et permettra de consolider l’intégration régionale de notre économie dans la sous région". "Elle constitue également une marque de confiance dans la stabilité et le devenir de la République de Djibouti", a-t-il précisé avant de souligner que l’EXIM Bank Djibouti projette de "développer des produits innovants notamment des cartes de paiements modernes et des services de financements destinés spécifiquement à la clientèle féminine, une première à Djibouti". L’Agence Djiboutienne d’Information (ADI) reproduit ci-après le discours intégral du gouverneur de la Banque centrale de Djibouti (BCD), M. Djama Mahamoud Haid : Monsieur le Président de la République, Madame la Première Dame, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Président de l’Assemblée, Messieurs et Mesdames les Ministres, Messieurs et Mesdames les Députés, Monsieur le Président du Conseil d’Administration de l’Exim Bank Djibouti, Messieurs et Mesdames les ambassadeurs et Représentants du corps diplomatique et des organisations internationales, Honorables invités, Mesdames et Messieurs, "Votre présence parmi nous aujourd’hui à cette cérémonie d’inauguration officielle de l’EXIM Bank Djibouti, nous honore particulièrement et reflète l’importance que vous accordez au développement de la place financière de Djibouti. La présence de l’ensemble des personnalités et des acteurs économiques et financiers du pays témoignent de leur attachement à l’évolution de notre pays en général et au développement de notre secteur financier en particulier. Dans un contexte international fortement perturbé, la croissance de l’économie de Djibouti est demeurée soutenue en 2011 avec un PIB réel qui devrait augmenter de plus de 4%. Le dynamisme de notre économie a été tiré par l’embellie des activités portuaires, la bonne tenue de la construction et l’intensification du secteur des services bancaires et de télécommunications. En dépit de l’accélération des prix des produits alimentaires et des cours pétroliers au niveau mondial, l’inflation a été stabilisée à 5% grâce à une politique de subventions destinée à atténuer les effets négatifs sur les couches les plus vulnérables de la population. Malgré les pressions sur le budget en raison des objectifs de réduction de la pauvreté et les mesures urgentes prises par le gouvernement pour faire face à la situation de sécheresse, le déficit budgétaire sera maintenu à 0,4% du PIB pour l’année 2011. Les conclusions de la récente revue du Fonds monétaire international (FMI) menée en octobre 2011 montrent que des efforts importants ont été menés par les autorités nationales pour renforcer et moderniser la gestion budgétaire, mais aussi pour maintenir la viabilité de la dette extérieure. L’année 2011 a été marquée par la mise en place d’un nouveau dispositif institutionnel pour relever le défi majeur auquel les autorités djiboutiennes sont confrontées, le chômage et plus particulièrement celui des jeunes. Le Forum sur l’emploi et la création d’entreprises, organisé en novembre dernier à l’initiative du Président de la République, a permis de jeter les bases d’une véritable stratégie de soutien au développement de compétences nationales et à l’émergence d’un secteur privé dynamique constitué des petites et moyennes entreprises/industries (PME/PMI) créateur de richesses et pourvoyeur d’emplois. Le gouvernement a d’ores et déjà mis en place, sur les ressources propres du budget, un fonds de garantie logé au fonds de développement économique de Djibouti (FDED) pour favoriser la création d’entreprises et faciliter l’emploi des jeunes diplômés hors de la fonction publique. Un nouveau centre de formation à la logistique a également été ouvert pour encourager la formation dans des secteurs clés comme la chaîne des transports et l’énergie. Les données du dernier cadrage macroéconomique établi par le FMI montrent que les perspectives économiques pour l’année 2012 sont très prometteuses avec une croissance de près de 5% grâce à l’accélération de l’activité portuaire et du secteur des services notamment financiers. Les investissements productifs devraient redémarrer notamment avec le lancement des travaux d’extension du port de Doraleh et la construction de la route Tadjourah-Balho. La rigueur budgétaire sera par ailleurs renforcée en 2012 avec les réformes engagées sur la taxe à la valeur ajoutée (TVA) et les efforts de recouvrement des impôts. L’arrivée de la filiale de l’EXIM Bank à Djibouti contribuera indéniablement à renforcer la vocation de hub financier de notre pays et permettra de consolider l’intégration régionale de notre économie dans la sous région. Elle constitue également une marque de confiance dans la stabilité et le devenir de la République de Djibouti. Etablie en Tanzanie depuis août 1997, l’EXIM Bank peut se targuer ces dernières années de performances notables en termes de croissance de dépôt de la clientèle (+24,3% en 2010 par rapport à 2009). Le total de bilan de cette institution financière, qui a ouvert une première filiale à l’étranger en 2007, a progressé de 21,6% en une année. EXIM Bank Djibouti ambitionne de rendre notre place financière encore plus performante et désire y développer des produits innovants notamment des cartes de paiements modernes et des services de financements destinés spécifiquement à la clientèle féminine, une première à Djibouti ! L’année 2011 a été une année charnière pour la profession bancaire avec l’adoption de nouveaux textes réglementaires destinés aux institutions financières conventionnelles, aux banques islamiques mais également aux institutions de micro-finance. Pour préserver la stabilité et la solidité du secteur financier, les autorités monétaires ont mené tout au long de cette année des réformes majeures pour se prémunir de toute nouvelle crise bancaire, telle que notre pays l’a connu dans les années 1990. Pour ce faire, la banque centrale de Djibouti a créé en son sein un nouveau département dédié à la supervision des établissements financiers pour exprimer clairement sa volonté de mettre en œuvre tous les moyens de son ressort pour supervision efficacement le secteur financier au sens large. Les effectifs de ce département ont été multipliés par trois depuis mai 2011 grâce à des nouveaux recrutements et des redéploiements internes de superviseurs, ce qui représente un effort sans précédent dans l’histoire de cette institution ! Un pôle de contrôle sur pièces a été constitué au sein de ce département de la supervision pour assurer un suivi permanent des situations financière et prudentielle des établissements assujettis. Des pôles de compétences ont été développés notamment dans le domaine de la comptabilité et du reporting, la finance islamique, la micro finance, la lutte contre la blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme … etc. Un plan stratégique pour le renforcement des capacités opérationnelles de la supervision a été récemment élaboré pour les trois prochaines années, avec l’appui du Fonds monétaire international et de la Banque de France, afin de disposer d’une organisation efficace, de méthode et d’outils de contrôle en ligne avec les standards internationaux. Les textes réglementaires adoptés en 2011 par le gouvernement vont être complétés dans les prochains jours par des nouvelles séries d’instructions pour mieux encadrer la profession bancaire grâce à un renforcement de leur dispositif de contrôle interne, l’augmentation du capital social de 300 millions à 1 milliard de Francs Djibouti à l’horizon 2013, le relèvement du ratio de solvabilité de 8% à 12% fin 2013 (en passant par 10% fin 2012) conformément aux exigences de Bâle et l’abaissement du seuil pour les grands risques (de 50 à 25% des fonds propres). De même, les auxiliaires financières (bureaux de change et de transfert d’argent) ont vu leurs conditions resserrées (augmentation de leur capital social par cinq) pour consolider le secteur financier et éviter la survenance de crises éventuelles. Les institutions de micro finance sont mieux réglementées avec l’adoption de la loi sur les coopératives financières. L’encadrement du secteur financier a permis d’accroître la compétitivité des opérateurs bancaires au travers d’une amélioration des conditions de taux, un traitement plus rapide des dossiers de crédit et un allongement de la maturité des prêts. Ces développements contribuent à accentuer la pénétration bancaire et à améliorer l’offre de services et produits bancaires destinés à la clientèle djiboutienne de plus en plus exigeante. Soyez assuré que la banque centrale de Djibouti continuera à impulser un élan au secteur financier pour lever les nombreux obstacles et contraintes qui pèsent sur l’accès au financement de la clientèle Djiboutienne notamment les PME/PMI. Aussi, les opérateurs financiers de la place se doivent d’introduire des innovations pour financer les jeunes entrepreneurs et de soutenir les efforts louables du gouvernement pour développer un secteur privé moderne, dynamique et créateur d’emplois. Pour terminer, je ne saurais clore mon propos sans renouveler mes remerciements aux membres du conseil d’administration qui ont accepté de faire confiance à notre place financière et adresser toutes mes félicitations au personnel de l’Exim Bank Djibouti. Je souhaite beaucoup de succès aux dirigeants et aux employés de cette nouvelle entité dans notre paysage bancaire".

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