Djibouti-Erythrée-Conseil de sécurité : Le Président Guelleh appelle Asmara à "cesser les ingérences dans les affaires intérieures des pays voisins"

Par NF | 06 décembre 2011
1,249 vues
Djibouti-Erythrée-Conseil de sécurité : Le Président Guelleh appelle Asmara à "cesser les ingérences dans les affaires intérieures des pays voisins"

Source: ADI

"Mon pays est convaincu des vertus du dialogue et de la médiation", a déclaré hier le chef de l’Etat, M. Ismail Omar Guelleh, en s’adressant au Conseil de sécurité depuis la capitale éthiopienne. "Toutefois, nous n’admettrons jamais que ce régime érythréen viole notre intégrité territoriale et commette impunément des attaques terroristes dans notre territoire", a-t-il ajouté. Estimant que les membres du conseil de sécurité doivent faire preuve de vigilance accrue, le Président Guelleh a appelé l’Erythrée à "vivre en paix" avec ses voisins et à "cesser la déstabilisation et les ingérences" dans les affaires intérieures des pays limitrophes. Lire ci-après l’intervention intégrale du chef de l’Etat par visioconférence : "J’aimerais, en premier lieu, Monsieur le Président, vous remercier ainsi que les autres membres du Conseil pour avoir rendu possible cet échange aujourd’hui. Je suis, par deux fois, venu vous briefer sur la situation qui prévaut dans notre région, et particulièrement dans mon pays, depuis l’agression de l’Erythrée à l’encontre de mon pays en Juin 2008. Comme vous le savez déjà, ce dernier a pendant longtemps nié l’existence même d’un conflit frontalier entre nos deux pays et a continué à donner des réponses trompeuses et arrogantes face à nos efforts en vue de résoudre notre différent de manière diplomatique et pacifique. Malgré l’attitude irresponsable du régime érythréen, le Gouvernement et le Peuple Djiboutiens, épris de paix et soucieux d’entretenir les meilleures relations possibles avec tous les pays voisins, a accueilli avec bienveillance l’Accord de médiation proposé par nos frères qataris et l’ont signé le 6 Juin 2010 sous les auspices de l’Emir du Qatar, Son Altesse le Cheick Hamad Ben Khalifa Althani. Malheureusement, la signature de cet Accord et les efforts de nos frères qataris n’ont pas détourné le régime érythréen de son hostilité à l’égard de mon pays. Pire, il a, de manière flagrante et systématique, poursuivi ses activités de déstabilisations par le biais de kidnapping et d’entrainement militaire forcé de jeunes Djiboutiens, qu’il infiltre, ensuite, au nord de Djibouti afin de mener des attaques terroristes sur notre sol. Mon pays est convaincu des vertus du dialogue et de la médiation, toutefois, nous n’admettrons jamais que ce régime érythréen viole notre intégrité territoriale et commettre impunément des attaques terroristes dans notre territoire. Nous avons des informations tangibles portant sur les agissements terroristes érythréennes. Nous avons, notamment, arrêtés des rebelles qui cherchaient à déstabiliser notre pays, rebelles qui ont été entrainés et envoyés par le régime érythréen. Nous avons, en outre, trouvé des armes que ce même régime à essayer de faire pénétrer par le Nord du territoire, toujours dans son mission de déstabilisation. Mon gouvernement a, d’ores et déjà, transmis ces informations à l’IGAD, à l’Union Africaine et aux Nations Unies. Le silence assourdissant, depuis 3 longues années, sur le sort de nos prisonniers est intolérable et inadmissible ; et cela malgré l’article 3 de l’Accord de Médiation qui stipule que les deux parties mettent à la disposition du Médiateur toutes les informations relatives aux soldats disparus d’une part et les différents appels de la Communauté internationale d’autre part. Ce que mon gouvernement s’est empressé de faire en invitant notamment le CICR à venir rencontrer les prisonniers et déserteurs érythréens. Cependant, les propos malhonnêtes et mensongers du régime érythréen, qui a longtemps déclaré, voire juré, ne détenir aucun des 19 prisonniers Djiboutiens, ont été démentis par la fuite, le 04 septembre, de deux soldats Djiboutiens portés disparus la nuit du 10 Juin 2008. Ils se sont, en effet, échappés des camps de détention érythréens et sont arrivés à gagner le Soudan à pied ; puis ils ont été transférés à Djibouti par le gouvernement ami soudanais que nous tenons à remercier ici. A ce jour, Djibouti demeure sans nouvelle des 17 autres prisonniers de guerre Djiboutiens. Un tel comportement est inacceptable et reflète le refus total de l’Erythrée de se soumettre aux normes et devoirs internationales. Mon gouvernement exige, par conséquent, la libération immédiate et sans condition des prisonniers de guerre Djiboutiens détenus par l’Erythrée. Mon gouvernement exige, en outre, que ce régime cesse immédiatement de semer le désordre dans le Nord de notre territoire. Le rapport du monitoring Group sur l’application des résolutions 1864 et 1907 du Conseil de Sécurité est très accablant. Dois-je rappeler que ce rapport a été présenté à ce même Conseil le mois de juillet 2011. L’Erythrée, Mesdames et Messieurs, menace non seulement la paix et la stabilité des pays de la Corne, mais elle continue également à narguer la Communauté Internationale en soutenant directement les actes terroristes des Al-Shebabs. Après 3 ans de silence, de déni et de mensonges, le pouvoir en Erythrée semble se réveiller et remue ciel et terre devant la menace de sanctions économiques en voulant s’expliquer devant vous. Ceci a pour seul objectif de se dérober aux sanctions en essayant comme toujours de se faire passer pour une victime. Les conclusions sur les agissements de l’Erythrée sont claires et incontestables. Nous avons donné plus d’opportunités qu’il ne fallait aux autorités érythréennes pour qu’elles acceptent le dialogue et la négociation. Mais en vain. Leur décision est prise, quant à leur choix il est très clair car ils continuent à faire fi des appels insistants du Conseil de Sécurité et des organisations régionales. En conclusion, j’invite tous les membres du Conseil à soutenir le nouveau projet de résolution présenté au nom des pays de l’IGAD ; résolution qui vise à rappeler à l’Erythrée que la Communauté Internationale n’admettra jamais que ce régime continue à déstabiliser et terroriser les pays de la sous-région. Etant donné que l’embargo sur les armes et les sanctions ciblées des résolutions précédentes ne semblent par contenir l’agressivité et l’hostilité constante et agissante du régime érythréen, nous espérons que cette nouvelle résolution contribuera à mieux le contrôler. Il est, par conséquent, impératif que les membres du Conseil de Sécurité soient vigilants et soient surtout conscients du danger que constitue ce régime pour la stabilité de notre sous région. Vivre en paix avec ses voisins, rejoindre à nouveau l’IGAD et cesser la déstabilisation et les ingérences dans les affaires intérieures des pays voisins, c’est tout ce que nous, gouvernement djiboutien et pays amis de la sous-région, demandons à l’Erythrée".

Tags

Partager cette histoire