Le chef de l’Etat et ses pairs de la région demandent au Conseil de sécurité de l’ONU d’intensifier les sanctions contre l’Erythrée devenu source de déstabilisation dans la région
Par I.O.H.
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05 décembre 2011
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Source: ADI
Le président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, s’est exprimé ce lundi dans le cadre d’une vidéo-conférence aux côtés de ses pairs de la région qui se sont adressés depuis Addis-Abeba au Conseil de sécurité de l’ONU.
Le chef de l’Etat a ainsi rappelé qu’à deux reprises, il était venu à New York pour parler aux membres du Conseil de sécurité de l’agression de son pays par l’Érythrée à la frontière de Ras Doumeira, en juin 2008.
La signature d’un accord sur ce conflit frontalier en juin 2010, grâce à la médiation de l’Émir du Qatar, n’a malheureusement pas détourné le régime érythréen de son hostilité à l’égard de Djibouti.
Cette hostilité se manifeste notamment par le refus d’autoriser le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à se rendre auprès des prisonniers de guerre djiboutiens, dont nous sommes sans nouvelles depuis trois ans, a expliqué le président Guelleh, qui a rappelé qu’une disposition de l’accord engageait pourtant les deux pays à assurer aux organisations humanitaires un accès aux prisonniers.
Le Président a aussi accusé l’Érythrée d’enlever de jeunes djiboutiens en vue de les enrôler dans des groupes armés pour commettre des attaques contre leur propre pays.
Il a assuré qu’un complot fomenté par l’Érythrée et visant le siège de l’Union africaine à Addis-Abeba a récemment été démantelé.
"Si nous sommes convaincus de la primauté du dialogue et de la médiation, nous ne pouvons pas cependant accepter que le pays soit agressé", a-t-il prévenu, ajoutant que "le silence assourdissant de l’Érythrée sur le sort de nos prisonniers, qui dure depuis trois ans, est intolérable."
Dénonçant avec vigueur les propos "malhonnêtes et mensongers" du régime érythréen, qui nie catégoriquement détenir ces soldats, le chef de l’Etat a déclaré que l’évasion de deux d’entre eux de la prison érythréenne de Sabay-Mandar, avait prouvé le contraire.
"Nous ignorons toujours du sort des 17 autres prisonniers", a assuré le président Guelleh.
"Le rapport du Groupe de surveillance de la mise en œuvre des résolutions 1862 et 1907, qui avait été présenté en juin 2011, est accablant", a-t-il dit.
"L’Érythrée continue de déstabiliser la région en finançant les milices Al-Chebaab. Ce pays, en cherchant maintenant à s’expliquer devant le Conseil de sécurité, veut se soustraire aux sanctions qui le visent", a estimé le président de la République.
"J’invite les membres du Conseil à soutenir le projet de résolution préparé par les États membres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et présenté conjointement par le Gabon et le Nigéria", a-t-il indiqué.
"Comme l’embargo sur les armes et les sanctions ciblées qui avaient été imposés par les résolutions précédentes n’ont pas empêché l’Érythrée de poursuivre ses activités illicites, ce projet de résolution devrait envoyer un message clair", a-t-il enfin souhaité.
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