Atelier de sensibilisation des parlementaires sur le Mécanisme africain d’évaluation par les Pairs (MAEP)‏
Par MAAS
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01 novembre 2011
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Source: ADI
L’Assemblée nationale a organisé hier un atelier de sensibilisation des parlementaires sur le Mécanisme africain d’évaluation par les Pairs (MAEP) portant sur le rôle des élus nationaux dans le renforcement du processus du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP).
Le président de l’Assemblée nationale, M. Idriss Arnaoud Ali, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de l’atelier de sensibilisation, a rappelé dans son allocution l’essence même de ce qui est MAEP. Il a fait un bref récapitulatif des différentes étapes qui ont conduit notre pays à adopter ce concept africain: « le MAEP a pour dessein la correction des lacunes observées lors des évaluations, à travers l’adoption de politiques, normes et pratiques en vue de promouvoir la stabilité politique, une croissance économique élevée, un développement durable et une intégration économique sous-régionale et continentale accélérée».
Outre les élus nationaux, le ministre des Affaires Etrangères, M. Mahamoud Ali Youssouf, la représentante adjointe du programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Dr Nicole Kouassi, le président de la commission nationale du MAEP, Dr Omar Osman Rabeh, et la représentante de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), Mme Hodane Aden Youssouf ont pris part aux travaux de l’atelier.
Pour cette rencontre voulue par l’Assemblée nationale, la Commission Economique pour l’Afrique et le PNUD, il était question d’interpeller les acteurs que sont les parlementaires, à une prise de conscience sur la pertinence du MAEP dans le processus d’évolution des nations africaines, notamment dans leur capacité à gérer et à se projeter dans l’élaboration des politiques de démocratisation des institutions nationales.
La République de Djibouti, soutenant la stratégie et la vision du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (Nepad), a intégré le processus du MAEP le 1er juillet 2011. C’est dans cet esprit volontariste que le gouvernement a mis en place des structures comme, le point focal national du MAEP, qui n’est autre que le ministre des Affaires Etrangères, ceci témoigne d’ailleurs de l’importance que revêt cette institution aux yeux de l’exécutif, ou bien encore d’une Commission nationale du MAEP composée de 45 éminentes personnalités pour diriger le processus. Elle se compose de diverses parties prenantes, dont des fonctionnaires, des députés, des représentants des médias, de la société civile, du secteur privé, et d’universitaires.
Dr Nicole Kouassi a, pour sa part, souligné dans son intervention que « le mandat central du MAEP vise à s’assurer que les politiques et pratiques des Etats parties se conforment aux codes, normes et valeurs de gouvernance globale agrées et inscrites dans la Déclaration sur la Démocratie et la Gouvernance Politique. Ce faisant, a-t-elle ajouté, il s’agit de promouvoir l’adoption de politiques, normes et pratiques qui doivent en définitive mener à la stabilité politique, à une croissance économique élevée, à un développement durable et à une intégration économique continental à travers le partage d’expériences et le renforcement sur la base de « meilleurs pratiques » y compris l’identification des déficiences et l’évaluation des besoins pour le renforcement des capacités. C’est pourquoi le MAEP est l’une des initiatives africaines les plus significatives et le PNUD se félicite d’avoir été désigné comme l’un des trois partenaires stratégiques par le Forum des Chefs d’Etats et de Gouvernements en février 2004 ».
Elle a, en outre, rappelé la grande disponibilité du PNUD a appuyé cet instrument qui contribuera sans nul au renforcement de la Bonne Gouvernance et permettra aux populations de mieux faire entendre leurs difficultés.
Le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération International, M. Mahmoud Ali Youssouf, a, quant à lui , exhorté les acteurs locaux à une dynamique autour du MAEP afin que toutes les couches concernées se mobilisent avec efficacité avant l’évaluation de la République de Djibouti prévue en 2012.
A ce propos, il a affirmé dans son intervention l’importance de la crédibilité de l’auto-évaluation, dont celle-ci dépend avant tout d’une participation publique large et significative puisque le rapport d’évaluation devra être présenté aux pairs en janvier 2013 : « c’est une échéance importante pour le pays », a t-il dit avant d’expliquer « C’est la raison pour laquelle une communication efficace, une mobilisation de masse et une sensibilisation nationale quant à ce qu’est le MAEP et à ses objectifs, sont donc essentiels pour le succès de l’évaluation qui va se dérouler tout au long de l’année à venir ».
Et d’ajouter : « La question qui vient tout de suite à l’esprit s’articule autour des enjeux de ce processus d’évaluation, c’est à dire comment parvenir à des résultats conséquents avec la participation de toutes les catégories et tous les acteurs de notre société. Il va sans dire que cet exercice ne peut réussir que si l’inclusivité reste sa caractéristique première, la transparence son leitmotiv et mieux encore, il doit être libre de toute manipulation politique. L’action gouvernementale avec ses réussites et ses échecs, le monde des entreprises et son atermoiement, l’administration et sa bureaucratie, la société civile et ses attentes seront passés au peigne fin », a t-il conclu.
Pour Omar Osman Rabeh, président coordinateur national, le MAEP « doit agir comme un catalyseur car il vise stimule toutes les forces vives de la nation à rejoindre et s’unir autour des problèmes et difficultés de la vie tant individuelle que sociale, et à rechercher avec méthode, les solutions les plus adaptées dans le contexte donné du pays considéré ».
S’agissant de la représentant de la CEA, Mme Hodane Aden Youssouf, elle a décliné les missions du MAEP, mais, également, indiqué que ce mécanisme était une approche nouvelle, sinon, un volet important du nouveau partenariat pour l’Afrique dont le mode opératoire repose sur le partage des expériences. L’auto-évaluation du MAEP est censée être un processus d’introspection honnête et complet impliquant la gamme complète de la gouvernance nationale : « Il ne s’agit pas là , a t-elle dit, de quelque chose qui est imposée par la force de l’extérieur aux gouvernements et aux populations du continent ; il s’agit en réalité d’un programme de réforme interne, dont les Africains eux mêmes ont pris l’initiative, dans un effort tendant à instaurer un système interne d’obligation redditionnelle dont notre continent a le plus besoin en ce moment. En dépit des défis, le Mécanisme d’évaluation intra-africaine est doté d’atouts et d’un potentiel à même d’améliorer la qualité de la gouvernance dans les pays participants du MAEP et de créer un environnement de paix, de sécurité et de stabilité propre à promouvoir un développement durable », a-t-elle précisé.
A la suite des allocutions des personnalités présentes, cette rencontre qui s’est poursuivie tout au long de la matinée à travers quatre grandes thématiques : Progrès, problèmes, et perspectives du MAEP ; leadership national et gouvernance du processus du MAEP ; développement du programme d’action et son suivi ; et enfin la feuille de route du MAEP.
Le moins que l’on puisse dire c’est que les débats entre les élus et les intervenants auront été à la fois passionnants, et passionnés.
Enfin, les questionnements ont été nombreux, les réponses dans l’ensemble satisfaisantes. In fine, les objectifs de cette journée ont été atteints puisque les discussions auront permis à la représentation nationale de mieux cerner les contours de cet organisme Africain de la Bonne Gouvernance.
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