Discours du chef de l’Etat à l’occasion du 12ème sommet de l’UA

Par YHB | 02 février 2009
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Discours du chef de l’Etat à l’occasion du 12ème sommet de l’UA

Source: ADI

Le Président Ismail Omar Guelleh a, dans un discours qu’il a prononcé aujourd’hui devant ses pairs réunis à Addis-Abeba dans le cadre du 12ème sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement des pays membres de l’Union africaine, insisté sur la nécessité impérieuse pour le continent noir de développer ses infrastructures routières, ferroviaires, etc. "Aussi loin qu’on puisse remonter dans l’histoire, le développement des infrastructures a toujours été la base fondamentale de l’évolution de toute civilisation et joue un rôle majeur dans la croissance économique et dans la réduction de la pauvreté", a souligné d’emblée le chef de l’Etat djiboutien qui a plaidé en faveur de la mise en œuvre des grands projets identifiés par le NEPAD. Nous vous proposons de lire, ci-après, l’intégralité du discours du Président Ismaïl Omar Guelleh : "Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Permettez-moi, avant d’intervenir sur le thème central qui occupe ce Sommet, Monsieur le Président, de vous féliciter pour la tenue de cette 12ème Conférence Ordinaire de l’Union et de remercier le Gouvernement et Peuple éthiopien pour leur traditionnel accueil chaleureux et fraternel. Je me réjouis que cette 12ème Conférence de Chefs d’Etats et de Gouvernements ait inscrit à son ordre du jour un sujet aussi important que les infrastructures pour notre continent.. Aussi loin qu’on puisse remonter dans l’histoire, le développement des infrastructures a toujours été la base fondamentale de l’évolution de toute civilisation et joue un rôle majeur dans la croissance économique et dans la réduction de la pauvreté. Monsieur le Président, Excellences, La vision de l’Union Africaine dans le domaine des infrastructures est : « Une Afrique dotée de systèmes intégrés d’infrastructures de transport, de communications et d’énergie, fiables, efficaces et abordables, capables de promouvoir l’intégration et d’assurer la participation du continent à la mondialisation. » C’est une vision réaliste et réalisable. Les temps du pessimisme et de la résignation sont révolus car sans être triomphalistes, sous l’impulsion de l’Union Africaine, nous avons réussi à enregistrer des progrès indéniables en matière de paix et sécurité et de consolidation de l’Etat de Droit qui, d’ailleurs, peuvent être mis au crédit du Mécanisme d’Evaluation par les Pairs. Voilà une situation qui inspire l’optimisme et nous garantit que notre continent est sur la bonne voie. Cependant, beaucoup reste à faire car l’Afrique enregistre un déficit énorme en infrastructures. Un déficit qui handicape fortement tout échange entre nos pays, d’où une lente croissance économique et enfin une pauvreté inégale et accrue. Les transports, les télécommunications et l’énergie sont autant de domaines où l’Afrique doit améliorer ses performances en vue d’élargir ses marchés, promouvoir la coopération régionale et participer aux échanges commerciaux au sein de l’économie africaine. L’Afrique dispose d’un potentiel considérable en termes de ressources naturelles, minières, énergétiques et agricoles entre autres ; potentiel dont nous ne pouvons pas bénéficier à cause de l’état actuel de nos infrastructures. Monsieur le Président, Excellences, L’Afrique est consciente qu’en vue de réaliser son décollage économique, le binôme intégration régionale et développement de ses infrastructures est vital. Par ailleurs, nous sommes convaincus que pour accéder aux voies du succès de la renaissance africaine, notre continent doit emprunter le chemin de l’intégration, et cela à travers la mise en œuvre de projets intégrateurs à fort potentiel, tels que les projets routiers déjà identifiés dans le cadre du NEPAD qui visent à renouveler et interconnecter nos routes, nos rails et nos télécommunications. De même, nous savons que la demande d’infrastructures est appelée à sensiblement augmenter dans les décennies à venir, sous l’impulsion de facteurs majeurs de changement comme la croissance économique mondiale et le progrès technologique. Monsieur le Président, Excellences, Le fossé Nord-Sud risque de s’aggraver si aucune action vigoureuse n’est entreprise pour réduire le gap car les infrastructures s’avèrent être, sans l’ombre d’un doute, le chaînon manquant dans les stratégies de développement de l’Afrique. Nous sommes aujourd’hui placés devant l’absolue nécessité de créer des blocs économiques plus compétitifs, capables de prendre part aux échanges internationaux. Pour ce faire, nous sommes engagés à : 1- Rechercher les financements des projets identifiés dans le cadre du NEPAD et harmoniser les interventions des divers bailleurs de fonds pour les infrastructures en vue d’assurer le maximum d’efficacité, d’éliminer les doubles emplois et réduire les coûts de transactions. 2- Promouvoir les investissements publics et privés en Afrique, à travers des politiques de réformes. En effet, le financement privé des infrastructures de transport constitue une nouvelle source d’investissement souhaitable, qui peut apporter une contribution utile dans le cadre de partenariats entre secteur public et secteur privé. Monsieur le Président, Excellences, Nous avons engagé des réformes fondamentales dans le secteur Portuaire de Djibouti, par la création du Port de Doraleh, afin d’en faire une porte connectée à l’Afrique et être une voie d’importation, d’exportations et un centre majeur de transbordement dans la région. Dans le cadre du NEPAD, nous voulons réaliser la transversale Dakar-Djibouti qui est constituée par la jonction de deux corridors à savoir Dakar-N’Djamena et N’Djamena-Djibouti. Enfin, l’électricité étant au cœur de l’activité économique dans le domaine de l’énergie, nous avons cherché à diversifier nos sources d’énergie en signant un projet d’interconnexion électrique avec l’Ethiopie qui sera bientôt opérationnel d’une part, et en exploitant le potentiel géothermique très important dont nous bénéficions par la voie d’un accord de coopération international. Je vous remercie de votre attention et vous souhaite une bonne et heureuse année 2009".

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