Littérature : Sur les traces d’Abdi Ismaél Abdi, un magicien du verbe

Par I.O.H. | 01 octobre 2011
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Littérature : Sur les traces d’Abdi Ismaél Abdi, un magicien du verbe

Source: ADI

Auteur d’un recueil de nouvelles, Abdi Ismaél Abdi entendait offrir sans tarder un roman à ses lecteurs. Cela, disait-il, lui tenait à cœur. Mais le destin en a décidé autrement. Il mourût avant d’avoir publié cet ouvrage auquel il attachait manifestement une très grande importance. C’était en avril en 2007. Il avait alors 38 ans, et sans doute des projets d’écriture plein la tête. Outre sa famille, ses proches et ses amis, sa disparition brutale a endeuillé également les milieux littéraires à Djibouti puisqu’il constituait, aux côtés notamment d’Abdourahman A. Wabéri, Ali Moussa Iyé et Idriss Youssouf Elmi pour ne citer que ceux-là, l’une des principales figures de la nouvelle génération d’écrivains nationaux francophones, celle-là même qui incarne tous les espoirs de la jeune littérature djiboutienne d’expression française. Admirateur des fresques du Congolais Sony Labou Tansi, à qui dédia d’ailleurs sa première publication, Abdi Ismaél Abdi savait formuler lui aussi des mots « cœur de passe engageants pour faire fidèlement, tel un griot infatigable des temps modernes, la chronique et la généalogie des minableries imbéciles et heureuses qui malmènent tant la vie en Afrique, et en particulier ici, en Afrique de l’Est ». Clin d’œil de vérité ou prélude d’une chronique amère inspirée de la triste réalité africaine, son « message », si l’on peut appeler ainsi le contenu de son recueil de nouvelles, passe par un vibrant hommage en forme de poème à l’endroit de l’écrivain nigérian Ken Saro-Wiwa et à ses huit compagnons d’infortune, tous condamnés à la pendaison pour leurs convictions et leurs prises de position politiques, puis exécutés par la junte militaire qui tenait d’une main de fer les rênes de leur pays durant les années 90. Sa première publication, d’ailleurs très touchante, est fort passionnante parce qu’elle résume à elle seule l’engagement sans faille de son auteur.

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